‹ Le livre d'HénochChapitre 42 sur 278 · DATES ET AUTEURS LXXXIX · texte numérisé non relu

DATES ET AUTEURS LXXXIX

§ 3. Dates et auteurs.

J. Chr. K. Hofmann^, Weisse ^, Volkmar ^ et Philippi ^ ont soutenu que le Livre d'Hénoch en entier était d'origine chrétienne, ou tout au moins avait été composé après la venue du Sauveur (Volkmar^), Weisse retrouve pour le fond dans l'apocryphe la théorie de l'ordre de la grâce ou du salut, (' Heilsordnung-, » l'eschatologie et la conception du monde du christianisme; il aurait fait plus sagement d'intervertir l'ordre des facteurs et de retrouver dans le christianisme quelques-unes des doctrines du Livre d'Hénoch, je ne parle pas de la théorie « de l'ordre de la grâce ». Les autres ne peuvent se résoudre à laisser citer un apocryphe par saint Jude ; à les en croire , ce n'est pas la citation qui vient du Livre d'Hénoch , c'est le Livre d'Hénoch qui vient de la citation : pour donner un fondement à la prédiction que l'apôtre met dans la bouche du patriarche et qu'on ne lit pas dans l'Ancien Testament, on imagina de composer un Livre d'Hénoch où on inséra cette prophétie , ce qui donnait au livre une plus grande apparence d'authenticité^.

Quelques auteurs , tout en reconnaissant que le Livre d'Hénoch remonte en grande partie au judaïsme préchrétien , soutiennent encore l'origine chrétienne des Paraboles. Ce sont : Hilgenfeld'. Vernes ^, Kuenen '••, Tideman '**,

' Zeitschrift der Deutschen Morgenlànd. Gesellschaf't , t. vi, p. 87-91. ''Die Evangelienfrage, 1856, p. 218.

•* Zeitschrift fur wissench. Theol., t. v. p. 46-73, etc. Voir sujsra, p. l.wui. ■i Das Bach Henoch , 1868, p. 138-142.

5 Selon Volkmar, une grande partie est l'œuvre d'un Juif, disciple de R. Akiba, vers 132 de notre ère. Voir supra, p. lxvui. « Philippi, Das Bueh Henoch, n68, p. 138, 139. ' Die Jiidische Apokalyptik, 1857, p. 91-1S4. ** Histoire des idées messianiques, 1874, p. 70, 77, 265-270. •' Religion of Israël, 1874-1875, t. m, p. 265-266. '" Theol. Tijdschrift, 1875, p. 261-296.

XC LIVRE DHENOCH

Stanton ', de Faye ^, etc. Hilg-enfeld les attribue à un chrétien gnostique qui vivait entre Saturninus et Marcion ^.

D'autres enfin, Bruno Bauer *, Bottcher ^, Hausrath, Drummond, Pfleiderer ^. Bousset, etc., tiennent les Paraboles pour interpolées. Ainsi Hausrath ^ croit qu'elles ont été teintées de christianisme par les traducteurs; Drummond^ y découvre un fond d'origine juive dans lequel un chrétien a probablement introduit tous les passages messianiques, qu'il compare aux fragments noachiques; de Faye ^ les prétend interpolées ou corrigées par un lecteur chrétien. Bousset élimine les passages de la deuxième et de la troisième parabole relatifs au Fils de l'homme, comme des interpolations chrétiennes, sous prétexte que cette conception n'est pas juive et que le texte ainsi purifié est meilleur*^. Heinrich Julius Holtzmann" déclare pendante la question de la date des Paraboles , au moins des passages relatifs au Fils de l'homme; il reconnaît d'ailleurs que la plupart des critiques les placent avant le christianisme.

Le sentiment de .1. Chr. K. Hofmann, Weisse, etc., est aujourd'hui complètement abandonné. Comment un chrétien aurait-il pu composer ou seulement éditer une œuvre de cette étendue , si abondante en développements sur le Messie et le royaume messianique, sans faire allusion à Jésus -Christ, à son histoire, à ses prédications et à ses disciples '-? Comment aurait-il pu tracer une peinture si

' The Jewish and Christian Messiah, 1886. * Les Apocalypses juives, 1892, p. 206 sq.

^ Cet auteur aurait comjiosé aussi cvi-cviii. selon llilgenfcld, Die Jiidische Apokalyptik, p. 180-181.

^ Kritik d. Geschichte, i, 1811, p. 402.

^ De inferis, 18 i6, S 501.

« Das Urchristenthum, 1887. p. 310-318.

7 Neulestamenlliche ZeiUfeschichte , t. i, 3"= édition, 1879, p. 191-193.

8 The Jewish Messiah, 1S77, p. J7-73.

" Les Apocalypses juives , 1892, p. 205-216.

1" JesuPrediyl, 1892, p. 105; cf. Sclmiidt, dans Lncyclopaediahiblica, 1903, t. IV, 1710-1711, qui renvoie à Drumninnd, dont il adopte les théories. " Lehrhuch der Neuleslamenllichen Théologie , 1897, t. i, p. 75. '* Cf. Dillmann, Das Buch Uenoch , 1853, p. xlix, etc.

Page 1