‹ Le livre d'HénochChapitre 49 sur 278 · DATES ET AUTEURS CV · texte numérisé non relu

DATES ET AUTEURS CV

16, et Lxxviii, 9, dans le livre astronomique, semblent avoir pour base Tune le système grec du cycle de huit ans ; l'autre, le cycle de soixante -seize ans de Calippe'.

A ces sources, il faut ajouter les légendes nationales et les doctrines particulières aux sectes et aux écoles du monde juif. Tous ces éléments vinrent se fondre, nous ignorons quand et comment, dans des traditions qui prirent corps autour d'Hénoch et de Noé, et dans lesquelles les rédacteurs qui les fixèrent firent encore entrer sans doute, pour une part impossible à déterminer , leurs connaissances et leurs vues personnelles.

L'auteur ou léditeur qui groupa définitivement ces traditions dans notre livre , présenta toute son œuvre sous le patronage d'Hénoch , dont la personne formait le centre de la plus grande partie des traditions qu'il avait réunies. A cette époque , pour donner plus d'autorité à une doctrine ou à un écrit, on en attribuait volontiers la paternité à un personnage considérable de l'Ancien Testament :

1 Voir infra, p. 173 et 181, notes sur ces deux passages. — Pour la Grèce, comme pour Babylone et TÉg^-pte , je n'ai signalé que les points où leur influence me parait hors de discussion. Le panbabylonisme a découvert beaucoup d'autres rapprochements qui m'ont paru forcés ou insuffisamment prouvés. Ainsi Zimmern, dans Schrader, Die Keilinschriften und das Alte Testament, 3» édition, 1903, p. 633, veut prouver que le concept des quatre archanges, Michacl , Uricl ou Phanuel, Raphaël et Gabriel, a été inspiré par les conceptions babyloniennes sur les quatre points cardinaux combinés avec les quatre dieux planétaires : Mercure, Mars^ Jupiter, Saturne. Il est, dit-il, « expressément attesté » des quatre archanges qu'ils sont tournés dans la direction des quatre points cardinaux , et il renvoie au Livre d'Hénoch, ix,l; xl; liv, 6; i„xxi,8 et suivants. Un seul de ces passages, xl, 2, place les archanges « aux quatre côtés » du Seigneur des esprits. Dans les autres, il nest question ni de près, ni de loin, de la position et de la direction des archanges. — Cependant je ne prétends pas que l'influence des religions étrangères ne se soit exercée sur aucun autre point que ceux allégués. Parmi les croyances dont témoigne le Livre d'Hénoch, il en est dont l'histoire est trop complexe pour être étudiée ici. Il serait à désirer que nos exégètes ou nos théologiens leur consacrent des monographies spéciales , dans lesquelles ils essayeraient d'eu relever les traces les plus lointaines, pour les suivre ensuite jusqu'au chi-istianisme. La publication dont le Li'rre d'Hénoch forme le premier volume H'a d'autre but que de leur fournir les matériaux indispensables pour ces travaux.

l'auteur de la Sagesse se donne pour Salomon dans les chapitres vii-ix. Hénoch était tout indiqué pour couvrir de son nom des traditions et des croyances eschatologiques, messianiques et astronomiques, et pour donner un cachet d'authenticité aux visions apocalyptiques dans lesquelles elles étaient présentées. Le passage de la Genèse, v, 22- 24, « Hénoch marcha avec Dieu, » permettait de voir en lui un personnage qui avait vécu en commerce intime avec le Très-Haut et avec les anges, même pendant sa vie terrestre, pour être enlevé ensuite au ciel. Ces traditions, la place éminente qu'il occupait dans l'hagiographie juive', son nom même Hanôk, qu'on interprétait « l'habile » , auquel le Coran substitua plus tard Edris, « le savant^, » lui donnaient toute autorité pour révéler les splendeurs du ciel, les mystères consolazits et terribles de l'au-delà, les secrets du monde physique , des mouvements des astres, etc. ■\

^ 4. Le livre d'Hénoch depuis sa composition jusqu'à nos jours.

a) Le Livre d Hénoch dans la littérature Juive.

Une des allusions les plus anciennes au Livre d'Hénoch se trouve dans deux fragments recueillis par Alexandre Polyhistor (-j- vers 75 av. J.-G.) et conservés par Eusèbe, Prœp. Evang., ix, 17, 8* : Hénoch serait le père de l'astrologie, et il aurait tout appris des anges, 17, 8 : toOtov

' Ecclésiastique, xnv, 16; xlix, 14 : « Pas un homme n"a existé ici-bas semblable à Hénoch, car il a été enlevé de cette terre. >>

2 Coran, Sourate, xix, 57-58 : « Parle aussi dans le Livre, d'Edris. Il était véridique et prophète. Nous l'avons élevé à une place sublime. » (Traduction de Kasimirski, Paris, 1891.)

' Cf. Dillmann, Das Bach Hénoch, 1853, p. xxvi, xxvu, et dans Schenkel, Bihel^Lexicon, t. m, 1871, p. 12; Heer, Das liuch Henoch, 1900, p. 217, etc.

< Migne, P. G., t. xxi, col. 709.

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eùpTjxîvai TîpÛTOv t-^jv àaTpoXoyiav, et 17, 9 : irâvra O'.'àyysÀojv ôeoù yvôvai, xat tjijlîç outioç ÈTrtyvtovat. L'auteur de ces fragments n'est pas Eupolème , comme on l'a cru d'abord sur l'indication contenue dans le premier fragment, mais un représentant anonyme de la littérature judéo -helléniste, probablement un Samaritain K

Le Livre des Jubilés, composé un peu après 135 av. J.-C, mentionne parmi les écrits d'Hénoch : le Livre de la chute des anges et de l'assomption d'Hénoch, le Livre du changement des luminaires et le Livre des songes. Il résume en particulier la première partie de notre apocryphe, en suivant l'ordre dans lequel elle nous est parvenue :

Jubilés, IV, 17 : « Il (Hénoch) fut donc le premier d'entre les fils des hommes, d'entre ceux qui sont nés sur la terre, qui apprit l'écriture, la science et la sagesse, et qui écrivit les signes des cieux, selon l'ordre de leurs mois , dans un livre , pour que les fils des hommes connaissent le temps des années, selon l'ordre de chacun de leurs mois. »

Ibidem, 19 : « Et ce qui a été et ce qui sera, il vit dans une vision de son sommeil, comment il arrivera aux enfants des hommes , à travers leurs générations jusqu'au jour du jugement; il vit et il connut tout, et il écrivit son témoignage, et il le plaça en témoignage sur la terre pour tous les enfants des hommes et pour leurs descendants. »

Ibidem, 21-23 : « Il fut donc avec les anges de Dieu pendant six jubilés d'années, et ils lui firent voir tout ce qui est sur la terre et dans les cieux. la puissance du soleil, et il écrivit tout, et il témoigna aux veilleurs qui avaient péché avec les filles des hommes.

1 Schïu-er, Geschichte des Jiidischen Volkes , 3« édition, Leipzig, 1898, t. m, p. 204, 358, 359; Freudenthal, Alexander Polyhistor, p. 82-103, 207,

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CVIII LIVRE D'il ENOCH

car ils avaient commencé à s'unir aux lîUes des hommes pour se souiller , et Hénoch témoigna contre eux tous. Et il fut enlevé du milieu des enfants des hommes, et nous (les anges) le conduisîmes dans le jardin d'Éden, en grandeur et en gloire, et voici qu'il écrivit là le jugement et la condamnation du monde et de toute la méchanceté des enfants des hommes. »

Jubilés, IV, 18, attribue encore à Hénoch une histoire des semaines de jubilés et des sabbats d'années. S'agit -il de Y Apocalypse des semaines ou d'un fragment perdu?

De plus , dans un grand nombre de passages , le Livre des Jubilés a utilisé les traditions du Livre d' Hénoch, quelquefois en les déformant ou en les combinant avec d'autres. Il ne serait pas toujours facile de décider de quel coté est l'emprunt , si les textes que je viens de citer n'établissaient l'antériorité du Livre d' Hénoch, au moins pour trois parties et pour les chapitres relatifs au monde physique .

Jubilés, II, 2 : Dieu prépose des esprits distincts aux divers éléments et phénomènes atmosphériques; cf. Hénoch, lx, 12-20, etc.

m, 10; VI, 29, etc. : concept des « tablettes du ciel » ; cf. Hénoch, xlvii, 3, etc.

IV, 15 : (( En ses jours (de Jared), les anges du Seigneur descendirent sur la terre, ceux qui sont appelés les veilleurs, pour instruire les enfants des hommes et accomplir la justice et l'équité sur la terre ; » cf. Hénoch, vi et viii.

IV, 20 : Hénoch prend pour femme Ednî; cf. Hénoch, Lxxxv, 3, où le môme nom est écrit Ednà.

IV, 21-23 : voir le texte supra; cf. Hénoch, i, 2; vi-xvi ; XXXII, etc.

V, i-lO : récit de la corruption et du châtiment des veilleurs et de leurs enfants, très apparenté îi celui

de notre livre sans lui être absolument identique; cf. Hénoch, x, 12; xii, 6, etc.

V, 13 : " Le jugement de tous est fixé et écrit sur les tablettes du ciel; » cf. Hénoch, cm, 2; cviii, 7, etc.

V, 24-25 : le déluge se fait par sept cataractes du ciel, comme dans Hénoch, lxxxix, 2.

VII, 21-22 : méfaits des fils des anges; les Jubilés distinguent dans ce passage les Nephilim , les géants et les Éliud lV Hénoch, vu, 1 (var. du Syncelle).

VII, 27 et X , 1-14 : les démons séduisent les hommes; cf. Hénoch, xv, 8-12. Dans les Jubilés cette tradition est plus développée et contient beaucoup de traits sensiblement différents.

VIII, 3 : les veilleurs ont appris aux hommes «. la divination par le soleil , la lune et les étoiles dans tous les signes du ciel » ; cf. Hénoch, viii, 3.

VIII, 19 : le mont Sion est « le centre du nombril de la terre » ; cf. Hénoch, xxvi, 1.

X, 11; xxiii, 29; xl, 9; xlvi, 2; l, 5 : mention de Satan et des mauvais esprits; cf. Hénoch, liv, 6.

XII, 2 : le culte des idoles ne sert de rien à ceux qui le pratiquent; cf. Hénoch, xcix , 7.

XVI, 26, et XXI, 24 : Israël est « la plante de justice»; cf. Hénoch, x, 16.

XXI, 12 : il n'y a que quatorze bois qu'on puisse employer dans les sacrifices; cf. Hénoch, m.

xxm, 20-31 : description du royaume messianique sous des traits et en des termes en partie analogues à ceux de la description du royaume messianique de la première partie du Livre d'Hénoc/i; voir supra, p. xlvii-xlviii. Apocalypse de Baruch, composée peu après 70 de notre ère.

XXIX, 4 : mythe de Béhémoth et Léviathan sous la forme où il est donné dans Hénoch, lx, 7-9.

XXIX, 5 : les élus seront assimilés aux anges et égaux aux étoiles; cf. Hénoch, civ, 4, 6.

ex LIVRE D'HENOCn

Lvi, 41-13, résume la faute et le châtiment des mauvais anges conformément au récit à'Hénoch, vi et x. IV" Livre d'Esdras, de 81 à 96 de notre ère.

VI, 49-52 : le mythe de Béhémoth et Léviathan reparaît encore ici sous une forme identique au fond à celle de la légende àHénoch, lx, 8 10.

VII, 32 annonce la résurrection générale en termes analogues à ceux qu'emploie Hénoch, li, 1 : <( Et terra reddet quœ in ea dormiunt, et pulvis qui in eo silentio habitant, et promptuaria reddent quae eis commendatae sunt animœ. »

VII, 55 : « Super stellas fulgebunt faciès eorum qui abstinentiam habuerunt : nostrœ autem faciès super tenebras nigrae; » cf. Hénoch, civ, 2, et lxii, 10. Le Testament des douze Patriarches , probablement, pour le fond , du i" siècle de notre ère , cite expressément neuf fois le Livre d'Hénoch ou les écrits d'Hénoch : Siméon , v; Lévi, x, xiv, xvi; Juda, xviii; Zabulon, m; Dan, v; Nephtali, iv; Benjamin, ix. Tous ces passages, à lexcepLion de Lévi, x, et Dan, v, ne renferment absolument aucun emprunt au Livre d'Hénoch tel que nous le connaissons. Lévi, x, paraît faire allusion à Hénoch, lxxxix, 50. Dan, v : « J'ai lu, en effet, dans le livre d'Hénoch, le juste, que votre prince est Satan, » vise assez probablement Hénoch, Liv, 6 : « Ils se sont faits les serviteurs de Satan '. »

' Lawlor, Early citations f'rom Ihe Booh of Enoch, dans Journul of Philology , 1897, p. 161-225, se demande si Siméon, v; Lc^vi, xvi; Juda, XVIII, ne renferment pas aussi quelques allusion-; au Livre d'JJénoch. Elles sont pour le moins bien lointaines. — A l'autre pôle, Schùrer, Gcsc/itc/i/e des Jùdischen Volkes, 3« édition, 1898, p. 20 4, ne découvre d'emprinit à notre livre dans aucun des neuf passages. Se basant sur ce que la prétendue citation du Livre d'Hénoch dans Zabulon, ni, est en réalité une citation du Dcutéronome, xxv, 7-9, il pense que ces citations d'Hénoch sont des fictions de l'auteur du Teslnment des douze Patriarches , qui les avait imaginées pour donner plus d'autorité à ses paroles, car il ne pouvait pas faire remonter les livres canoniques au temps des patriarches.

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Par contre, Ruben, v, et Nephtali, m, sans citer formellement le Livre 'VHénoch, lui empruntent le récit de la chute des « veilleurs » '.

A partir du ii^ siècle de notre ère, nous ne relevons plus que des traces insignifiantes du Livre d'Hénoch dans la littérature juive.

Jellinek. Beth-ha-Midrasch, ii (1853), p. 114-117; iv (1857), p. 129-132; V (1873), p. 170-190, a recueilli des livres d'Hénoch d'origine rabbinique, qui reflètent par endroits quelques parties de l'apocryphe. Dans l'un d'eux, Beth-ha-Midrasch, v, p. 170-190 (cf. ibidem, vi, p. xxviii et 109-111). Hénoch est changé en l'ange Mélatron, Sarha-Panim. D'autres contiennent, l'un, ibidem, iv, p. 129, un fragment d'une vie d Hénoch supra -terrestre; un second, ibidem, vi (1878), p. xxxiii et 135, un fragment d'un petit livre d Hénoch- Idris ^.

Un livre hébreu de Noé, dont le texte a été publié ibidem,, m, p. 155-156, raconte les méfaits des « esprits des mamzerîm ». R.'iphaël sévit contre eux et les enferme dans « la maison du jugement ». Puis il montre aux hommes les remèdes des maladies causées par les démons. C'est un développement manifeste à' Hénoch, x, 4, 7, 9, 11-15.

Le Zohar (xiu^ siècle?) cite en deux endroits un passage « du livre d'Hénoch » , identique pour le fond au chapitre xxxii de notre livre : Dieu, après avoir enlevé Hénoch et lui avoir montré tous les trésors supérieurs et inférieurs, lui montre aussi l'arbre de vie et l'arbre qu'il avait interdit à Adam, et il vit la place d'Adam dans le paradis, etc. ^.

Enfin le Livre d'Hénoch a été encore mentionné ou uti-

' Charles, The ethiopic version of the hebrew Book of Jubilees , ISOS, p. ITQ, en a reproduit une partie.

2 Cf. Belh-ha-Midrasch , vi, p. xxxxiii et xxxxiv.

3 Zohar, édition de Mantoue , I, fol. 37, et H, fol. 5o«; de Crémone et de Lublin, col. 114; Zohar de l'Exode, I, col. 11 i, et II, col. 96. Cf. Fabricius, Codex psendepigraphus Veteris Testamenli, t. i, 1722, p. 208.

CXII LIVRE D'il ENOCH

lise dans quelques écrits hébreux rabbiniques, dont Jellinek a dressé la liste qui suit ' :

1" Menachem Recanati (xiii* siècle) « cite dans son commentaire du Pentateuque, éd. Ven. , 30=', un Livre d'Hénoch dans lequel le Paradis est décrit. Le même Recanati, 35», cite aussi un passa^^e des Hechalot sur Hénoch, qui se trouve dans l'alphabet de RahJji Akiba, éd. Amsterdam, il» et suiv., et glorifie la personne d'Hénoch ».

2o « Les Hechalot (fragments de cette œuvre, Ven. 1601, dans Recanati, Penuscli-ha-Tefikot, éd. de Bâle, 36», t», SS»,*») contenaient une peinture des régions célestes et des anges, comme dans le Livre d'Hénoch. »

3o « Le Maase Bereschit, une partie du Midrasch Cônen (de 3»-6^, éd. Ven.) et du livre de Rasiel, 14*^ et suiv., 36, 37 (cf. aussi Jalkut Reuboni , 2*^). contient aussi une description des régions du monde, du monde d'en haut et du monde d'en bas, du paradis et de l'enfer, qui correspond souvent avec le Livre d'Hénoch. »

4o (( Le ch. 4-8 du Pirke de-Rabbi Eliezer donne des parallèles àlangélologie et à l'astronomie du Livre d'Hénoch. »

o^J « Dans le livre de Rasiel, 34^-3o» fcf. aussi 20-36), il y a, sous le titre de Livre des secrets, un grand fragment du Livre d'Hénoch, qui traite des secrets qui furent communiqués à Noé , des cieux, des anges et veilleurs. »

b) Le Livre clHénoch dftns le XouveHu Teslnmenl et la liKérature chrétienne.

Le Livre d'Hénoch a dû singulièrement contribuer à propager l'attente du Messie, à vulgariser les concepts du jugement, de la Géhenne, du royaume, toutes les doctrines qui alimentaient les espérances des Juifs fidèles k la veille de la venue du Sauveur-, et que nous retrouvons en partie

' Zeitschrifl der Deutschen Morcjenl. Gesellschafl, t. vu (1833), p. 240. - Cf. Dillmann, Das Buch Henoch, 1853, p. i.v.

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dans le christianisme. Par là même . il a préparé les esprits, dans une certaine mesure , à comprendre la mission de Jésus-Christ et à recevoir ses enseignements. Plus tard, les premiers chrétiens ont été heureux de pouvoir appuyer plusieurs points de leurs croyances sur un livre qui jouissait d'une autorité considérable autour deux et dans les milieux les plus hostiles'. C'est ce qui explique que les écrivains du Nouveau Testament l'aient utilisé , et que nous le trouvions cité avec honneur, pendant les premiers siècles, par quelques-uns des plus illustres représentants de la littérature chrétienne.

Un seul auteur sacré, saint Jude , a formellement cité le Livre cl'Hénoch -, mais les autres en ont certainement connu toutes les parties 'K Si on compare à notre apocryphe les passages du Nouveau Testament dont nous donnons la table à la fin de ce volume , on y retrouve sur plus d'un point, particulièrement dans les synoptiques et dans l'Apocalypse, ses doctrines et jusqu'à ses expressions. Ces analogies de pensée et de forme portent surtout sur l'angélologie, le Messie, le Fils de l'homme, le royaume messianique et la nouvelle Jérusalem, la vengeance des justes martyrs, l'eschatologie.

Matth., VIII, 29 : « Et ils (deux démoniaques) se mirent à crier : Quy a-t-il entre nous et vous, Jésus, Fils de Dieu? Etes-vous venu pour nous tourmenter avant le temps? »

— XIII, 42 et 5u: •< Ils les jet-

Hénoch, xvi, 1 : « Que soient sans jugement , ceux qui perdront (c'est-à-dire les démons ; ; ils perdront ainsi jusqu'au jour de raccomplissement du grand jugement. «

Hénoch. xcviii, 3 : " Leur esprit

' V. g. Tertullien; voir son te.xle infra, p. cxxv.

- Voir infra, p. 4, en note sur i, 9, le texte errec de Jude, 14-15. et celui d'Hénoch, I, 9.

" Le Livre du changement des luminaires est naturellement le moins exploité.

teront dans la fournaise ardente. »

— XIX, 28 : « Lorsque, au jour du renouvellement, le Fils de l'homme sera assis sur le trône de sa ji^loire. »

— Ibidem : « Vous siégerez aussi sur douze trônes. »

— XIX, 29: « Il héritera la vie éternelle. »

— XXV, 41 : « ... au feu éternel qui a été préparé pour le diable et ses anges. »

-- XXVI, 24 : « Mieux vaudrait pour lui que cet homme -là ne fût pas né. »

— xxvin, 18 : <( Toute puissance m'a été donnée dans le ciel et sur la terre. »

Marc, xn, 25 : « Ils sont comme les anges dans le ciel. «

Luc, I, 52 : « Il a renversé de leur trône les potentats. »

— XVI, 8 : « Les enfants de lumière. » Cf. Eph.,v, 8, etc.

— XVI, 9 : « Les richesses d'iniquité. »

— XVI , 26 : « Entre nous et VOUS il y a pour toujours un grand abîme, » y^iau-a (i-éya.

-— XXI, 28: «Votre délivrance approche. »

— xxiii , 35 : « Qu'il se sauve lui-même, s'il est le Christ de Dieu, l'Elu. »

sera jeté dans une fournaise de feu. « Ilénoch , Lxii , 5 : « Quand ils verront le Fils de l'homme assis sur le trône de sa gloire. »

Ilénoch, cviii, 12 : « Je ferai asseoir chacun d'eux sur le trône de sa gloire. "

//é/JocA, XL, 9: «Ceux qui hériteront la vie éternelle. »

Ilénoch, Liv, 5 : « Ces chaînes sont préparées pourles troupes d'Azazel. »

Ilénoch, xxxvni, 2 : « Il eût mieux valu pour eux qu'ils ne fussent pas nés. »

Ilénoch, LU , 4 : » Tout ce que tu as vu servira au pouvoir de son Messie, pour qu'il soit fort et puissant sur la terre. »

Ilénoch, Li, 4 : « Tous (les justes) deviendront (ou : seront) des anges dans le ciel. » Cf. civ,4.

Ilénoch, xLvi, 5 : « Il renversera les rois de leurs trônes. »

Hénoch, cviii, 11 : « Les générations de lumière. »

Hénoch, lxiii, 10: « Les biens de liniquité. »

Ilénoch, xviii, 11 (texte grec) :

« Puis je vis un grand abîme, »

■/âaixa (xÉ^a.

Hénoch, li, 2 : « Il est proche le jour où ils seront sauvés »

(les élus).

Hénoch, xl, 5 : « Et j'entendis la seconde voix bénir l'Elu. »

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