VERSIONS ET ORIGINAL
L'ofiginal du Livre d'Henoch est perdu. Nous n'en avons que des versions, la plupart incompletes , en latin, en ethiopien et en grec.
II ne nous reste de la version latine qu'un fragment tres court, une partie du chapitre cvi, connu par un seul manuscrit du vm siecle, aujourd'hui au British Museum 1 . Le texte en est sensiblement different du texte ethiopien correspondant; il est surtout tres abrege. II parait done representer une autre recension 2 . Zahn croit retrouver encore un debris d'une version latine dans la citation du Livre d'Henoch, i, 9, par 1'auteur de 1'ecrit Ad Novatianiirn, faussement attribue & saint Cyprien 3 . Celte traduction latine aurait done ete ecrite au m e siecle, et elle aurait ete faite sur la version grecque de Gizeh. A la verite, le verset que cite le pseudo- Cyprien est celui-la m6me que cite saint Jude dans son epitre, 14-1S, et le debut de la citation : Ecce venit cum milibus, etc., coincide avec le texte ethiopien et celui de saint Jude centre le grec. Mais le
1 Voir le texte, p. 278-280.
2 Voir infra la bibliographic des Editions, p. cxu.
3 Voir le texfce infra, p. cxxvin. Le passage de Tertullien, De cultn feminarum, i, 3, voir infra, p. cxxv, prouve qu'il connaissait les Parnboles, ct par consequent qu'il en existait sans doute de son temps une traduction latine.
LIV LIVRE D'HENOCH
reste du verset est une traduction exacte du grec de Gizeh et non du texte de saint Jude ou du texte ethiopien l .
La version ethiopienne est la seule qui paraisse complete 2 . Elle nous est connue par vingt-six manuscrits qui se trouvent dans les grandes bibliotheques de 1'Europe 3 : en Angleterre (Bodleienne, British Museum, etc.), en France (collection d'Abbadie et Bibliotheque nationale), en Allemagne (Francfort, Berlin), en Italic, etc. L' Angleterre en possede quatorze, dont neuf au British Museum et deux k la Bodleienne; la France, huit, dont six dans la collection d'Abbadie (aujourd'hui k la Bibliotheque nationale) et deux k la Bibliotheque nationale, etc. On emploie pour les designer les lettres de Falphabet, dans 1'ordre introduit successivement par Dillmann , Charles et Flemming :
A : Bodleianus, 4. B : Bodleianus, 5. C : Francofurtensis Riipp. 4 II, 1. D : Curzon. [1]. E : Curzon. [2]. F : Brit. Mus. Add. 24185 (Wright, Catalog of Ethiop. Afss.,,Londres, 1877, n 5). G : Brit. Mus. Orient., 485 (Wright, n 6). H : Brit. Mus. Orient., 484 (Wright, no 7). J : Brit. Mus. Orient., 486 (Wright, n 8). K : Brit. Mus. Orient., 490 (Wright, n 12). L : Brit. Mus. Add., 24990 (Wright, 11 13). M: Brit. Mus. Orient., 491 (Wright, n 15). N : Brit. Mus. Orient., 492 (Wright, no 16). : Brit. Mus. Orient., 499 (Wright, n 23). P : Lindesianus, 23 (au comte de Lindsay).
1 Zahn, Geschichle des Neulestamenllichen Kanons, L n, 1892, p. 797- 801; ct Forschunffen znr Geschichte des Neuteslamentlichen Kanons, V c parlie, 1893, p. 158. Lawlor, Journal of Philology , 1897, p. 224, met en doute 1'existencc de cette version latine ; il pense que le traducteur n'a traduit en latin que le chapitre cvi pour Tins6rer dans son manuscrit.
2 Sur tout ce qui concerne cette version , et en particulier pour la description detaillee des manuscrits, voir les excellentes introductions dc Flemming-, Das Buck Henoch, traduction allemande, 1901, p. 3-13, et Das Buck Henoch, athiopischer Text, 1902, p. vi-xi.
3 Ilya evidemmentd'autres manuscrits dans les monasteres abyssins, ne serait-ce que dans les exemplaircs de la Bible ethiopienne, ou le Livre d'Henoch est souvent place au milieu des Livres de 1'Ancien Testament.
/( Ed. Riippell, Reise in Abyssinien, Francfort, 1838-1840, t. n, p. 403-410.