LXXVI
3 vi, 6; xni, 7; xxvi-xxvn; xci , 24-36; xci, J3. '' LXVII, 4-13.
s x, 4; XIH, 7, 9; LIU; uv, etc.
6 Voir infra, p.. 168, note.
7 Das Buck Henoch, 1853, p. 224-225.
c LIVRE D'HENOCH
dem^ler a travers ses obscurites ou ses contradictions. II semble avoir ecrit pour faire 1'apologie du calendrier juif contre le calendrier grec, bien qu'il ne se soit pas preserve lui-me'me des infiltrations de source grecque : c'est la lune qui divise les temps avec une rectitude absolue * ; les lois des etoiles sont fermees aux pecheurs 2 , et c'est un des signes de la justice que de ne pas errer dans le calcul des jours 3 . Gette estime exageree de 1'annee lunaire et des observances rituelles denote suffisamrnent 1'esprit et les attaches de celui qui la professait.
Le Livre d'Henoch tout entier temoigne d'une profonde connaissance de 1'Ancien Testament. II suffit de jeter un coup d'ceil sur la table des textes qui termine ce volume , pour comprendre a quel point ses auteurs se sont inspires de toutes ses parties, depuis les premiers chapitres de la Genese jusqu'aux derniers prophetes et aux livres sapientiaux, et surtout d'Isaie et de Daniel.
Tout leur enseignement, meTne dans ce qu'il a de plus nouveau, meme quand il accuse un developpement marque des doctrines bibliques, s'appuie sur la Bible, est impregne de son esprit et revMu de ses expressions, detournees, s'il le faut, de leur sens litteral. G'est ainsi que les tableaux de la deuxieme et de la cinquieme parlie, qui depeignent sous des couleurs si vives et si saisissantes la venue du Messie, son royaume, la resurrection, le bonheur des justes et le chatiment des impies, sont composes en partie de traits empruntes a Daniel. Le prophete a fourni 1'idee premiere du titre de Fils de I'liomme 4 ., et comme dans son livre les justes sont compares aux etoiles du ciel, leur eclat a celui des luminaires 5 . La description du ciel et du trone de Dieu est tiree d'Isa'ie, d'Ezechiel et de Daniel . Les soixante-dix pasteurs d'Israel de LXXXIX, S9, out etc inspires par les soixante-dix annees de Jeremie ,
1 LXXIV, 12. 2 LXXX, 7. 3 LXXXJI, 4. 4 Daniel, vn, 13-14. 5 XLHI, 3,4; XLVI, 7. 6 Isai'e, vi; Ezcchiel, i, ix et x; Daniel, vn, 9, 10. Voir infra, xiv, 18-22.
DATES ET AUTEURS Ci
dont Daniel avait fait les soixante-dix semaines d'annees 1 ,
etc.
L'auteur du livre astronomique , LXXII-LXXXII, et celui ou ceux des fragments sur le monde physique, trouvaient dans la Bible, me'me dans le Livre de Job, de belles descriptions plutot que des essais scientifiques. Pour construire leurs theories , ils puiserent a d'autres sources , avant tout dans la cosmogonie babylonienne. La marque d'origine est bien ac'cusee dans la conception du fondement des cieux, xvm, 5; la distinction des eaux en eaux du sexe masculin et en eaux du sexe fe'minin, LIV, 8; la separation de Behemoth et de Leviathan, LX, 7-10 ; les theories sur les portes du ciel et le char du soleil, LXXII, 2, 5, 6 ; les signes du zodiaque distincts des etoiles , XLVIII , 3 , LXXII, 13 -. Dans le Livre d'Henoch, LXXIV, 12, c'est la lune qui change les annees, comme dans la legende babylonienne de la creation, v, 13, elle annonce les jours; la description de ses phases, dans LXXIII, parait modelee sur les lois fixees a la lune par Marduk, autant qu'on pent en juger dans 1'etat actuel du texte babylonien 3 . Des deux cotes,, c'est la meme preoccupation de ne pas laisser errer les astres et de les faire paraitre en leur temps 4 . Le systeme des jours intercalaires de LXXV, 1, semble meme porter des traces de 1'animisme babylonien s , et 1'attribution d'anges ou d'esprits distincts a tous les astres , a tous les elements , a tous les phenomenes atmospheriques 6 , aux quatre parties de Tannee, aux douze mois, a tous les jours de 1'annee 7 , n'est guere que la transposition monotheiste de la doctrine babylonienne , qui leur preposait et leur identifiait des divinites
1 Voir infra, note sur ce passage, p. 217.
2 Voir dans le corps dc la traduction les notes qui concernent ces passages.
3 Legende, de In cr&dion, v, 11-20.
* Ibidem, v, 6, 7; infra, LXXX, 6, etc.
5 Voir p. 174, note sur ce passage.
6 Voir supra, p. xxiv-xxv.
cn LIVRE D'HfiNOCH
ou des esprits subalternes ' . C'est par une adaptation du meme genre que le Livre d'Hcnoch* fait des etoiles du ciel I'image des justes, alors que la cosmogonie babylonienne en fait 1'image des grands dieux 3 . La division du monde par les Babyloniens en sept tupqati, sept zones concentriques et paralleles selon les uns (Jensen), sept regions superposees ou etages selon les autres (Winckler), a inspire sans doute plusieurs divisions geographiques en sept parties, v. g., sept montagnes, sept fleuves, sept iles, qui sont employees frequemment dans le Livre d'Henoch 4 .
Les legendes mythologiques de Babylone ont laisse egalement leur empreinte sur plusieurs passages de notre livre, qui n'ont rien a voir avec le monde physique : probablement le nom de 1'ange Kokabiel, vi, 7; la description des mauvais esprits, xv, 11; les eaux de vie, xvn, 4; les livres de vie, XLVII, 3 ; le secret du deluge, LXXXIX, 1 ; le sejour d'Henoch aux extremites de la terre, LXV, 2 et cvi, 8 b . Henoch lui-me'me, qui a vu tous les secrets des cieux , XLI , 1 , est le septieme patriarche depuis Adam , comme Enmeduranki, que Shamash et Adad ont introduit dans leur societe, et auquel ils ont confie le secret d'Anu, de B61 et d'Ea, la tablette des dieux et le sachet de cuir de 1'oracle des cieux et de la terre, est le septieme roi babylonien antediluvien. Mais Enmeduranki ne re9oit la tablette des dieux que pour devenir a son tour 1'instructeur des ha.ru, les professionnels de la divination babylo-
1 Cf. Morris Jastrow, jr., Die Religion Babyloniens und Assyriens, 1905, p. 48.