‹ Le livre d'Henoch [microform] tr. sur le texte éthopienChapitre 49 sur 267 · XLVI · texte numérisé non relu

XLVI

3 Legende de In creation, v, 2.

4 LXXVII, 4-8; cf. xvni, 6, xxiv, 2; xxxn, 1; LII, 2. Voir Jensen, DieKosmologie der Bahylonier, 1890, p. 163, 255; Myihen und Epen, 1901, p. 340 et 586; AVinckler, Geschichte Isniels, II, 1900, p. 108, note 6; Schracler, Die Keilinschriften und das Alte Testament, 3 C ddition, 1903, p. 615- 6:18 (Zimmern).

5 Voir dans le corps de la traduction les notes qui concernent ces pas-

DATES ET AUTEURS cm

nienne; la legende d'Henoch assigne un tout autre but aux revelations faites au patriarche 1 .

Comme on le voit par cette enumeration, c'est dans les traditions du cycle de Noe et dans les chapitres sur les phenomenes physiques que 1'influence babylonienne est le plus sensible. Dans une mesure beaucoup plus restreinte, la religion egyptienne a influence aussi certain es traditions du Livre d'Henoch, par exemple la conception de 1'au-dela de la premiere partie. En Egypte, le sejour des morts etait a 1'Occident, dans 1'Amentit, la contree de 1'ouest 2 ; c'est dans la me 1 me direction qu'Henoch voit la demeure des ames qui attendent le jugement 3 . Le mort egyptien devait escalader une montagne aux pentes escarpees 4 ; d'apres le passage de notre apocryphe que je viens de citer, les ames sejournent dans les cavites profondes et lisses d'une grande et haute montagne 5 .

Par quelle voie ces importations sont-elles arrivees en Palestine? Est-ce par tradition orale ou par tradition ecrite, par I'intermediaire des Perses, des Juifs de la captivite, de ceux de la diaspora? Sur tous ces points, faute de documents, on ne peut que risquer de vagues conjectures.

Nous n'avons pas non plus de renseignements precis sur la part d'influence qui peut revenir dans notre livre a la religion des Perses. La date des livres sacres du parsisme est trop discutee pour qu'on puisse s'appuyer ici sur leur contenu; les partisans les plus decides de 1'influence de cette

1 Voir le texte d'Enmeduranki dans Francois Martin, Textes religieux nssijriens et babyloniens, 1903, p. 232 sq.

*Maspero, Histoire ancienne des peuples de V Orient classique, t. i, 1895, p. 112, 250, etc.

3 xxn, 1. La mythologie babylonienne plagait aussi 1'entree du monde des morts a Touest; cf. Jensen, Die Kosmologie der Babylonier, 1890, p. 225, mais non sur une montagne. De plus le monde des morts y etait souterrain. Dans le Livre d'Henoch, il est situd dans les flancs d'une montagne et non pas precisement sous la terre.

*Maspero, ibidem, p. 182-181.

B xxn, 1-2.

civ LIVRE D'HtiNOCH

religion sur le judaisme avant Jesus- Christ, y renoncent eux-me'mes 1 . Le temoignage de Plutarque (50-120 ap. J.-G.), dans le De hide et Osiride, ch. XLVII , est plus ancien sans doute , mais cependant tres posterieur au Livre d'Henoch 2 . Dans ces conditions , et bien qu'on puisse faire remonter avec assez de probabilite la reforme dite de Zoroastre au 11 siecle avant notre ere 3 , il est difficile de demeler ce qu'elle doit au judaisme ou ce que le judaisme lui doit dans les croyances ou ils ont le plus de points de contact, comme celle du royaume de Dieti 4 .

Les emprunts a la mythologie grecque sont naturellement assez clairsemes dans un livre aux tendances aussi orthodoxes et nationalistes. Ils s'expliquent suffisamment par la difffusion de la culture grecque dans le milieu ambiant et par 1'empire ineluctable qu'elle devait exercer sur les esprits cultives, meme sur les plus hostiles aux moeurs du monde hellenique. L'auteur de xvn, 5 et suivants, a utilise les donnees de la mythologie grecque; il est possible aussi que x, 12, contienne une allusion aux Titans. En matiere scientifique, les donnees de LXXIV, 13-

1 V. g. Bousset, Die jiidische Apokalyptik, 1903, p. 39 et 40; Gunkcl, Zum religionsgeschichtlichen Versllindnis des Neuen Testaments, 1903, p. 8 ; cf. Harlcz, La Bible et I'Avesta, dans la Revue biblique, 1896, p. 161-172.

2 II est vrai que Plutarque y cite un texte de Theopompe, sur lequel quelques auteurs s'appuient pour soutenir quo les Perses croyaient A la resurrection au iv si6cle avant J.-G. Mais ce texte ne parle pas precisement de la resurrection ; il raconte seulemcnt qu'a la fin, apres la lutte et les victoires alternatives des deux clivinites adverses, les hommes seront heureux, y.al TOU? JJ.EV av6pa>7tou? suSaf^wva? eareOai. Gf. Plutarque, De Iside et Osiride, Edition Didot, Paris, 1848, p. 452, c. 47; Lagrange, La Religion des Perses, clans la Revue biblique, 1904, p. 192-193; Harlez, op. cit., p. 169.

3 Lagrange, op. cit., p. 48, 204, etc.

4 Cf. Lagrange, ibidem, p. 203-212. Sur certains points, 1'inlluence du parsisme a pu et du se produire, mais elle a ete exageree, notamment par Bousset, Religion des Judenthums, 1903, p. 457 sq., qui lui attribue des concepts consignes dans la Bible avant 1'epoque perse, comme le fait remarquer Gunkel, op. cit., p. 8, note 3. Cf. Harlez, op. cit., p. 169, centre la prctendue identification des sept archangcs et des sept ameshas spentas zoroastriens , qui ne sont que six en ri5alite; Schwally, Das Lehen nach dem Tode, 1892, p. 138; Hiibschmann, Die Parsische Lehre von Jenseits und jiingslen Gericht dans Jahrb. fiir prot. Theologie, v, 222, etc.

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16, et LXXVIII, 9, dans le livre astronomique, semblent avoir pour base 1'une le systeme grec du cycle de huit ans ; 1'autre, le cycle de soixante- seize ans de Calippe 1 .

A ces sources, il faut ajouter les legendes nationales et les doctrines particulieres aux sectes et aux ecoles du monde juif. Tous ces elements vinrent se fondre, nous ignorons quand et comment, dans des traditions qui prirent corps autour d'Henoch et de Noe", et dans lesquelles les redacteurs qui les fixerent firent encore entrer sans doute, pour une part impossible a determiner , leurs connaissances et leurs vues personnelles.

L'auteur ou 1'editeur qui groupa definitivement ces traditions dans notre livre , presenta toute son ceuvre sous le patronage d'Henoch, dont la personne formait le centre de la plus grande partie des traditions qu'il avait reunies. A cette epoque, pour donner plus d'autorite a une doctrine ou a un ecrit, on en attribuait volontiers la paternite a un personnage considerable de 1'Ancien Testament :

1 Voir infra, p. 173 et 181, notes sur ces deux passages. Pour la Grece, comme pour Babylone et I'lSgypte, je n'ai signa!6 que les points ou leur influence me parait hors de discussion. Le panbabylonisme a decouvert beaucoup d'autres rapprochements qui m'ont paru forces ou insuffisamment prouves. Ainsi Zimmern, dans Schrader, Die Keilinschriften und das Alte Testament, 3 e edition, 1903, p. 633, veut prouver que le concept des quatre archanges, Michael, Uriel ou Phanuel, Raphael et Gabriel, a 6t6 inspir^ par les conceptions babyloniennes sur les quatre points cardinaux combines avec les quatre dieux planetaires : Mercure, MarSj, Jupiter, Satimie. II est, dit-il, expressement atteste des quatre archanges qu'ils sorit tourn<Ss dans la direction des quatre points cardinaux , et il renvoie au Livre d'Hdnoch, ix,l; XL; LIV, 6; Lxxi,8 et suivants.Un seul de ces passages, XL, 2, place les archanges aux quatre cotes du Seigneur des esprits. Dans les autres, il n'est question ni de pres, ni de loin, de la position et de la direction des archanges. Cependant je ne pretends pas que Tinfluence des religions etrangeres ne se soil exercee sur aucun autre point que ceux alleguds. Parmi les croyances dont t^moigne le Livre d'Henoch, il en est dont Fhistoire est trop complexe pour etre ctudide ici. Il serait a desirer que nos exegetes ou nos theologiens leur consacrent des monographies spdciales , dans lesquelles ils essayeraient d'en relever les traces les plus lointaines, pour les suivrc ensuite jusqu'au christianisme. La publication dont le Livre d'Henoch forme le premier volume n a d'autre but que de leur fournir les matdriaux indispensables pour ces travaux.

cvi L1VRE D'HENOCH

1'auteur de la Sagesse se donne pour Salomon dans les .chapitres vn-ix. Henoch etait tout indique pour couvrir de son nom des traditions et des croyances eschatologiques , messianiques et astronomiques , et pour donner un cachet d'authenticite aux visions apocalyptiques dans lesquelles elles etaient presentees. Le passage de la Genese, v, 22- 24, Henoch marcha avec Dieu, permettait de voir en lui un personnage qui avait v6cu en commerce intime avec le Tres-Haut et avec les anges, me'ine pendant sa vie terrestre, pour e"tre enleve ensuite au ciel. Ges traditions, la place eminente qu'il occupait dans 1'hagiographie juive 1 , son nom me'ine Handk, qu'on interpretait 1'habile , auquel le Goran substitua plus tard Edris, le savant 2 , lui donnaient toute autorite pour reveler les splendeurs du ciel, les mysteres consolants et terribles de Tau-dela , les secrets du monde physique , des mouvements des astres, etc. 3 .

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