‹ Le livre d'Hénoch sur l'amitiéChapitre 10 sur 21 · HISTOIRE DU PHILOSOPHE QUI N AVAIT QU UN DEMI -AMI · texte numérisé non relu

HISTOIRE DU PHILOSOPHE QUI N AVAIT QU UN DEMI -AMI

Le philosophe Arwès ? donnait ses dernières instructions à son Gis avant de mourir, et lui disait :

(1 ) Dans la rédaction arabe de ce contfc, c'est un «LJLJ marchand qui donne des conseils à son fils au moment où ce dernier se dispose à entreprendre un voyage d'agrément. A son retour, le jeune

LE LIVRE d'hÉNOCU. 93

— « Mon fils, combien d'amis t'es-tu fait dans ta vie? »

Le jeune homme répondit avec assurance :

— « J'en possède déjà jusqu'à cent. »

Arwès reprit alors :

— » Mon cher fils, un Sage a dit : « N'aime » et ne vante point un ami avant de lavoir tenlé et » de l'avoir misa l'épreuve ». » Sache, en vérité,

homme amène cinquante amis et les présente à son père comme des modèles d'attachement et de loyauté.

Dans le Fabliau en vers du Xlle siècle, c'est un vieillard nommé Lucinabe qui , malade et sentant qu'il ne lui reste que peu de temps à vivre, demande à son fils combien d'amis il possède. Le jeune homme lui répond « plus de cent. » Au lieu du philosophe Arwès , le texte latin porte « Arabs moriturus, vocato fîlio suo, dixit : » et le texteen prose romane du XV* siècle. « Quant l'Arabien voult morir,il appela son filz et lui dist.

(1) On lit dans le manuscrit de Sainl-Germain-dcs-Prés :

« Beax Filz ne loe ton ami » Ains que tn saches bien de (i » S'il t'aime bien veraicment » Tu sauras à resprovement. »

A la place de ces mots « le philosophe Arwès », le texte latin port"

que moi-même, qui suis ne bien longtemps avant toi , je n'ai trouvé , durant le cours de ma longue carrière, qu'un demi-ami x. Comment donc, à ton âge , posséderais- tu déjà cent amis tout entiers? Mais , va , éprouve-les et essaie si tu pourras maintenant en trouver un seul parmi eux tous. »

Le jeune homme demanda :

— « Mon père , de quelle manière me conseilles-tu de les mettre à l'épreuve? »

Le philosophe répondit :

— a Mon fils, prends un veau % tue-le, coupe-

dixitArabs in ver su suo, et le texte en prose romane du XV« siècle: « l'Arabien dit en son vers. »

(1) 3îTIN *2fn hhètsi ôhêb (une moitié d'ami). C'est aussi l'expression dont s'est servi le Trouvère.

« Beax Filz , molt a que ge sui né , » Et si n'ai-ge pas tant erré , » Que ge me soie porchacié » Fors d'un seul ami la moitié. »

(2) hîV êghèl, jeune veau; on dit aussi '>*nir\ 12 àèn habbâqâr, fils de la vache; y\yg schôr est le nom générique de bœuf et

d'hénoch. 95

le par morceaux , et mets-le clans un sac que tu teindras de son sang, tant en dedans qu'en dehors ; présente-toi ensuite devant un de tes amis, puis dis-lui : « Mon maître , mon compagnon , » me voici : je laisse tomber ma supplication de- » vant ta face pour que tu daignes ensevelir dans » ta maison cet homme que je viens de tuer , et » personne, alors , ne connaîtra mon crime. Oh! » je fen conjure, sauve-moi de la détresse où je » suis ! »

■gj par celui de taureau. Le chaldéen et le syriaque ont changé, comme de coutume, le sch en th. y\j\thdr ou min thôro ] JO 1 j l'arabe a subslitué un ts( )*3 tsour).

Comme le mot rnbtf aloûf signifie tout à la fois bœuf et prince , on comprend pourquoi les Israélites avaient choisi pour idole un veau d'or de préférence à tout autre animal {Exode XXXII, 4. 1. Rois, XII, 18). Celle abomination devait paraître d'autant plus odieuse à Moïse que le culte des bœufs était égyptien.

Le >qSwV "TToSn Thalmud de Jérusalem donne au jaspe le nom de y.hxj yj œil de veau, et Onkélos, dans sa paraphrase ehaldaïque de Y Exode, appelle de la même manière la pierre précieuse noSnN ahhalamâh.

Page 1