‹ Le livre d'Hénoch sur l'amitiéChapitre 11 sur 21 · G LE LIVRE · texte numérisé non relu

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Le jeune homme partit et fit ainsi.

Il alla donc trouver un de ses amis , et lui parla comme le lui avait enjoint son père.

Mais cet ami lui répondit :

— « |Mon cher camarade , va , mets le mort sur ton épaule et enterre-le loi-même ; puisque lu as commis le mal , sache en supporter la peine l ; car dans ma maison tu ne pénétreras certainement point. »

Après avoir été ainsi éconduit , il se présenta chez ses autres compagnons et les visita tous successivement. Mais le second lui tint le même langage que le premier , le troisième lui répondit comme le second , et ainsi firent les autres , jusqu'au dernier.

Dans le conte arabe, le vieillard conseille à son fils d'égorger un

»£jO mouton. Le Fabliau suit le texte hébreu. (t) On lit le proverbe suivant dans le manuscrit de Saint-Germain :

« Qui le pendu despenrra

» De sor son col le fais charra. »

(Celui qui décrochera un pendu le fera tomber sur son cou.)

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Il retourna alors auprès de son père, et lui raconta ce qui lui était arrivé avec tous ses amis. Et le vieillard lui dit :

— « Ce qui t'est survenu justifie l'axiome de certain philosophe : « On a beaucoup d'amis , » quand on les compte; mais, au temps de l'adver- » site, on les trouve en bien petit nombre.» Va , maintenant, mon fils, vers l'homme dont je t'ai parlé comme étant mon demi-ami , et sache ce qu'il te répondra. »

Le jeune homme se présenta donc chez l'ami de son père et lui révéla sa détresse et son embarras prétendus , de la même manière qu'il en avait fait part à tous ses compagnons l.

Et l'ami d'Arwès lui répondit et lui dit2 :

— «Viens-t'en secrètement avec moi dans mon habitation , afin que les voisins ne te voient point. »

(1) Dans le conte arabe, le vieux marchand accompagne son Gis dans se6 diverses \isilcs , cl c'csl lui seul qui parle au demi-ami.

(2) j'ai conserve à dessein, jusqu'aux pléonasmes du léxfe.

Et , lorsqu'ils furent arrivés , il fit sortir tous ceux qui l'entouraient , sans en excepter sa femme et les gens de sa maison ; puis il se mit sur-lechamp à creuser une fosse chez lui.

Or, quand le jeune homme eut été témoin de son empressement, il apprécia l'étendue de son dévouement, et connut quels étaient les sentiments qui l'animaient. Alors, il sortit du sac le veau qui y était renfermé, le lui fit voir coupé par morceaux, puis le loua sur l'admirable fidélité dont il venait de faire preuve dans ses affections , ainsi que sur son amitié pleine de droiture et de sincérité pour son père. Il partit ensuite, et raconta à ce dernier ce qui lui était arrivé avec le demi-ami.

Et Arwès s'écria :

— « C'est en parlant d un ami semblable que certain philosophe a dit : « Celui-là est vraiment » fidèle, qui vient à ton secours dans le moment » où le Temps ' t'est contraire. »

(!) ]DTn hazzéman, le Temps, c'est à dire le Deslin , la For

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Et le jeune homme demanda à son père :

— « As-tu vu, en ce monde, que quelqu'un se fut acquis un ami tout entier? »

Et le vieillard répliqua :

— « Je ne l'ai point vu, mais on me l'a rapporté. »

Et son fils lui dit :

— « Raconte-moi cela , je te prie , et je parviendrai peut-être, comme lui, à trouver un ami. »

Arwès prit alors la parole dans les termes suivants :

tune. Cette locution n'est point particulière à l'Hébreu : elle existe dans plusieurs autres langues orientales ; l'Arabe , entre autres , en fournit de nombreux exemples.

Au lieu de 7)2"» zéman, Temps, les Rabbins emploient souvent , dans le même sens , S*Q mazzâl, constellation. Ainsi, ils disent 2. 112 S" G mazzâl tôb et *j-\ *")TQ mazzâl ra, pour bonne et mauvaise fortune, bonne et mauvaise étoile (Manuscrit hébreu de la Bibl. Royale , n<> 510, folio 12G recto), «in tjjj npbsu 71X^7] « Quiconque voit en songcqu'une "ibïC H3H3* VtfNI iVU n333?D « couronne ou un casque lui est enlevé de la tète, sa fortune décline » (Manuscrit hébreu de la Bibl. du I-.oi, ri" (34, ancien fonds).

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