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IV. Texte hébreu du Livre d'Hénoch

DE L ENLEVEMENT D HENOCH.

Plusieurs hommes célèbres ont porté le nom d'Hénoch. Le premier dont l'histoire fasse mention vivait l'an 131 de la création, c'est-à-dire, 3922 ans avant Jésus - Christ ; il était fils de Gain, et la première ville fut appelée de son

nom Hénochie. Le second , fils de Yarèd , naquit l'an du monde 623, et 3433 ans avant la venue du Messie. La Bible s'exprime ainsi sur son compte : nîlX Q^KH T\H "pan !$ÇTF$

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» Hénoch , après qu'il eut engendré Methus- » chelahh marcha avec Dieu trois cents ans , et » il engendra des fils et des filles. Tout le » temps donc qu'Hénoch vécut fut de trois » cent soixante-cinq ans. Hénoch marcha avec » Dieu , mais il ne fut plus , parce que Dieu le » prit *. »

Le mot IJ^iO « et il (ne fut) plus » [et non ipse, a donné lieu à une multitude de commentaires. Il paraît aussi avoir embarrassé les Interprètes, car peu d'entre eux se sont accordés pour le rendre. La Vulgate porte : Ambulavitqae cum Deo, et non apparuit, quia talit eam Deus.

(t) Genèse, chap. V, versets 22 et 23.

a II marcha avec Dieu , et ne parut plus parce » que Dieu l'enleva. »

Les Septante: K«/ ebinpiovriaev Evw^'tw 0=w, y.al oit% ivoiaxero, on f/£T£3"y]x-ev avxov 6 Seoç. « Et Hé- » noch fut agréable à Dieu , et il ne fut point » trouvé, parce que Dieu le transporta. »

Le Chaldéen (Thargum d'Onkelos) : "pan "fjffi

: » ttâv rrax nS n« wtïtSi *i wiSrro

« Et Hénoch marcha dans la crainte de Dieu , » et il ne fut plus (vu) , car Dieu ne le fit point » mourir. »

Le Thargum de Jonathan Ben Oûziêl ; PlSsi

n»i ny >mr?S xm * Dip Ktûwipa -pan

« Et Hénoch servit avec sincérité devant ; » Q7p ■ l'Eternel ; et voici : il ne fut plus avec les » générations de la Terre parce qu'il fut retiré et » monta au ciel, par la parole, devant Dieu. » Le Thargum de Jérusalem : TUPI rfW31 -1XHTN DV1N NID JtS NHl " Dlp NttWïpO « Et Hénoch servit avec î » Dlp flû Tû*JD3 » intégrité devant Dieu ; et voici : il ne fut plus,

» parce qu'il fut retiré, par la parole, de devant » Dieu. »

Le Syriaque : — Joè^jJ s**clU* vâ-^o « Et ?o*^Ss ot.r\MU) ^gfeo «&?oJ^-^o » Hénoch fut agréable a Dieu, et il cessa d'être » (et non ipse) parce que Dieu l'enleva. »

Le Persan : (Ai. Oj/^rsO ^Ad. )j£=> J^y\

« Hénoch (cAô. ( jJJ^l cAjIXw.) &-£=d ^ ow/a3j » marcha en présence de Dieu , et il ne fut plus » parce que Dieu le prit. »

Enfin, on lit dans la version arabe : &X*u l^ « Et ^aJ( îka^a53 iy fcJJt ^U? 3 ?^A5. » lorsque Hénoch eut marché dans l'obéissance » de Dieu , il trépassa et Dieu le prit à lui. »

Saint Paul développe ainsi ce verset : « C'est » par la foi qu'Hénoch fut enlevé pour ne point » mourir; et il ne fut plus trouvé parce que Dieu » l'avait enlevé, car avant que d'être enlevé, il avait » obtenu le témoignage d'être agréable à Dieu *. »

L'explication de Rabbi Aschi mérite égale-

(1) nîffT-t , 'Ew.% (tepsxifhi ro\j uyj ifcïv Sâvarov, xsci où-% iuystVxâro, Zlôtî

ment d'être rapportée : in)M3 Spl ÎTH pHX

inrvcû siron ww w tcsi o-np wam « Hénoch : vnuw mi^nS oVim ijmki

» était juste, mais d'un esprit léger, dételle sorte » qu'il aurait pu dévier du bon chemin pour » commettre le mal ; aussi, le Saint (béni soit-il !) » se hâta-t-il de le prendre et de le faire mourir » avant son temps. C'est ce que nous apprend » l'Ecriture sur sa mort : il ne resta point dans » ce monde pour y accomplir ses années \ »

Les Théologiens qui ont voulu réduire la récompense d'Hénoch à une mort prématurée , se sont mis en opposition directe avec les idées qui devaient avoir cours alors*. En effet, mourir dans la force de l'âge a toujours été considéré comme

fj&séâwtw avTÔv o ©îô,-, vpb yj.p Trj5 /^^slOs^zUî uùrou /^sfiocp^\jpr,rxi BvypsvrrpUvzl zù 9t&, ( Épître aux Hébreux, XI. 5.).

0) 31T3 p2"T 19D Sèfèr dèbèk tôb (le livre du bon Ciment), folio 10, recto.

(2) Sixte de Sienne. Bibliotheca sacra , tomel, livre 2, p. 87. Origène , homélie XV, sur le li\rc de Josué. saint Jérôme, Lettres, tome II, p. .f>o, épître à Pammarhius.

un châtiment par les Anciens. Hénoch, ainsi que Ta fort bien remarqué M. A th. Coquerel1, a obtenu le même triomphe qu'Elie : sa vie et son immortalité n'ont point été séparées par la mort.

Quoique ce grand prodige , dit-il , fût une juste récompense, il est permis d'en chercher un plus grand motif; l'enlèvement d'Hénoch paraît avoir servi en quelque sorte de contre-poids à la mort d'Abel. Cette fin déplorable d'un homme approuvé du ciel a dû ébranler la confiance , servir de prétexte à des doutes , à des blasphèmes , et ouvrir un vaste champ à des murmures injurieux pour la justice divine, surtout quand on se rappelle qu'un sacrifice , et un sacrifice agréable au Seigneur, avait été l'occasion du meurtre.

Le transport d'Hénoch les réduisait au silence. Dieu se montrait, comme l'a dit saint Paul, le rémunérateur de ceux qui le craignent. On voyait par là que son équité dominait la mort

(1) Biographie Sacrée, seconde édition, article Hénoch, page 19K

même, et que les ombres du sépulcre avaient cessé de voiler sa justice et sa bonté.

C'était, autant que possible, mettre en évidence l'immortalité avant l'Evangile ■-

(i; Les Musulmans disent qu'Hénocli fat enlevé au ciel le 29 du mois de Ramadan. C'est le 25 du même mois que le Coran descendit du ciel sur Mahomet , ainsi qu'il est écrit dans la deuxième surate

de ce livre *j3 j,\ )\ ^ÀJt /.V*^) ) &»

mensis Ramadan in quo demissus fuit Alcoranus. . A q )|

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