PLUIE D ÉTÉ
TLUIE VÉTÉ
L'harmonme à torrents, pluie ardente d'été, M'évoquait un grand bois sourdement agité Où l'orage à longs flots fait gémir les feuillées, Où les calices pleins, dans les mousses mouillées, Versent leur âme humide et leurs larmes de fleurs. Tel mon cœur se chargeait d'harmonie et de pleurs, Par ce soir de Juillet où, fenêtres ouvertes, Tandis qu'au loin chantaient aussi les vagues vertes, Vous faisiez palpiter les voix du clavecin. Mon cœur s'était gonflé de larmes dans mon sein. Lent, triste et doux, le soir se mourait dans les nues. Alors, plein d'une angoisse aux causes inconnues, Tremblant d'un trouble immense, étrange et musical, Quand l'instrument rendit son long soupir final. Je m'assis à vos pieds, respirant avec peine L'air tiède où je buvais cependant votre haleine. Puis triste et lent, je mis mon front sur vos genoux. Un rythme éteint flottait encore autour de nous.
Je me sentis pâlir dans l'ombre de la soie, Er, — désespoir enfui trop tôt, navrante joie, — Mon cœur tremblant versa des pleurs de volupté. Pleurs orageux d'amour, pluie ardente d'été.