ELLE RIAIT I
Devant témoins, comment dire un mot tendre? Moi qui craignais d'être aimé déjà moins, Dans ce doux cri d'effroi, je viens d'entendre Ce qu'on taisait par crainte des témoins!
Un cri jaillit, sincère, involontaire...
Il livre un cœur hardiment, follement!
Un mot se garde, un cri ne peut se taire; Un cri dit vrai, toute parole ment.
Quelqu'un lui dit, riant : « Oh! la peureuse! » Moi seul, tout bas, je la comprenais bien. Et seul j'ai su quelle crainte amoureuse Troublait son cœur en rassurant le mien!
J'ai caressé mon arabe fidèle:
11 a compris ma joie, et, tout le jour. Comme j'étais paisible et content d'elle. Il a connu la bonté de l'amour.
Ofofe
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TANT a couru, malgré fatigue et plainte. Mon bon cheval au service d'amour, Qu'il est poussif! et que sa vie atteinte En est, hélas! presque à son dernier jour.
Je ne dis pas que mon cœur ne le plaigne, Mais j'ai peiné comme lui, plus que lui; Comme son flanc, moi j'ai l'âme qui saigne Il meurt! Et moi je survis pour l'ennui.
Il a couru, cravaché de colère, Eperonné de jalouse fureur.
Parce que vous, à qui je rêvais plaire, Ne nous donniez sourire ni faveur.
Et maintenant, que faire de la bête?
Je ne suis riche à la pouvoir nourrir: Sans être gueux, je ne suis qu'un poète Il faut qu'ailleurs il achève mourir!