‹ Le livre d'or de la jeunesseChapitre 2 sur 18 · U A T R £ SOLS · texte numérisé non relu

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E triste règne de Louis XV touchait à sa fin. Cette belle monarchie de Louis le Grand, jadis s4 forte et si glorieuse, n'était plus qu'un fantôme. Méprisé de l'Europe entière, hué par ses propres sujets, qui le chansonnèrent pendant sa vie, et à sa mort couvrirent de y boue ses statues, le roi Louis H.; achevait ses jours au milieu des U. i v P'a'sirs honteux de la cour de Versailles. L'horizon cependant fi^f était sombri'; déjà grondait dans le lointain cet ouragan terrible qui (levait détruire en ([uelques instants une monarchie de

ili\ siècles. Miiis (jiriinporlfiienl ces effrayants symptômes au prince iiisoiicijint (jui ;nail pris pour devise : Apres woi le th-'hi(j(''? \j\ noblesse entière, elle que menaçait le danger, vivait dans la même sécurité, promenant au milieu des fêtes sa joyeuse nonchalance, sans entendre les murmures du peuple, sans chercher à conjurer l'orage. Si riches et si puissants, que pouvaient craindre des gentilshommes habitués dès leur naissance à la soumission du manant? Oh! celui qui rùt venu dire à ces hommes si fiers, à ces femmes si belles, que ce peuple, l'objet de leur dédain, leur enlèverait sous peu de jours leurs titres et leurs richesses, que la plupart d'entre eux tomberaient sous la hache du bourreau ou mourraient dans les douleurs de l'exil, qu'une révolution dont ils ne pourraient arrêter la marche viendrait changer en un instant les lois, les mœurs, les usages de la France, celui-là eût excité un rire inextinguible et eut été chassé comme un fou. Le réveil n'en fut que plus terrible.

C'était une matinée du mois de mai Le soleil joyeux semblait sourire à la nature renaissante ; les oiseaux gazouillaient, et les prairies en fleurs exhalaient dans un air à demi-liède leurs parfums les plus doux. La campagne était calme ; à peine entendait-on au loin le bruit monotone des chariots et le cri rauque du \oiturier excitant ses chevaux. La rêverie n'était troublée que par le frémissement des feuilles, par le bourdonnement de l'abeille volant de fleur en Heur, par ces mille cris d'insectes qui forment l'orchestre invisible de la nature, (tétait un de ces moments où la vie paraît douce au pauvre comme au riche, où l'un oublie sa fa icne l't riinire son ennui.

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