LETTRES DE SAINTE-BEUVE A PROSPER ENFANTIN
Par la seconde, Sainte-Beuve demande communication du Producteur, journal jihUosophique de /'Industrie, des Sciences et des Beaux- Arts (1825-26, 5 vol. in-8) dont il avait besoin pour l'étude sur Armand Carrel qu'il allait donner dans le Constitutionnel.
Enfin, la troisième, publiée par nous clans Y Amateur d'autographes, est capitale pour l'histoire des idées de Sainte-Beuve. Écrite en 1859, après la lecture du livre de P. Enfantin (1858) et H. Saint- Simon (1813) : Science de l 'homme \ Physiologie religieuse, cette lettre conserve la trace de la ferveur dont témoignent les vers des Consolations dédiés à Pierre Leroux :
Mais, quand des grands mortels par degrés /approchai, Je me sentis de honte et de respect touché ;
Je leur dis : « Prenez-moi dans vos bras, je veux voir. » J'ai vu y Seigneur, j'ai cru; j'adore tes merveilles, J'en éblouis mes yeux, fen emplis mes oreilles.
Toutefois l'âge et l'expérience ont calmé l'enthousiasme du néophyte et nous voyons le penseur désabusé, malade de la /indu vieux monde et du commencement de celui-ci, qui a tout appris, sauf à aimer la vie!
E. Sakellaridès.
Ce 4 novembre 1847.
Cher Maître,
Je suis bien touché de votre bienveillant souvenir ; vous avez raison de ne pas douter de celui que je vous ai toujours gardé. Vous êtes un de ceux auprès de qui j'ai le plus appris. Je vais retrouver en vous lisant quelques-unes de ces idées qui donnent à penser sur l'avenir et qui ouvrent des horizons. Merci encore.
Et tout à vous.
Ste-Beuve.