‹ Le Livre d'or de Sainte-BeuveChapitre 13 sur 45 · LETTRES BOULONNAISES · texte numérisé non relu

LETTRES BOULONNAISES

Nous réunissons sous ce titre le texte de quatre lettres inédites de Sainte- Beuve se rattachant à Boulogne tant par la qualité de leurs destinataires que parce qu'elles sont conservées dans les dépôts littéraires de cette ville. La première, — et la plus importante, — présente ce double avantage d'offrir sur une môme page un autographe de S.-B.et quelques lignes du célèbre Mariette, alors directeur d un journal régional dans sa ville natale.

Ce 13 mai [4844], Monsieur,

Je lis dans /'Annotateur (1) une page sur moi beaucoup trop bienveillante et trop flatteuse pour que je ne m'empresse pas de vous en remercier.

Le vœu que vous voulez bien exprimer est infiniment trop honorable,

(1) L'article de Y Annotateur pour lequel Sainte-Beuve adresse ses remerciements à Mariette forme une colonne environ du numéro du 9 mai 1844. Il n'est pas signé. Le vœu indiqué est que, à défaut du Conseil municipal de Boulogne, — que la loi empêche de sortir de ses attributions, — la Société d'agriculture, des sciences et des arts porte « à M. Sainte-Beuve l'expression des sentiments, sinon de la ville toute entière dont le Conseil municipal est le premier représentant, du moins de la partie littéraire de Boulogne, dont la Société est la protectrice immédiate... Si nos voisins [de Calais] avaient parmi les leurs un littérateur comme Sainte-Beuve, des peintres comme Delacroix, Hédouin et Bétencourt, ils n auraient pas assez de bouches pour crier leurs noms... »

Monsieur, et passerait mes ambitions ; mais il m'est très doux de sentir autant de sympathies individuelles dans un pays dont j'ai gardé de si chers souvenirs.

Veuillez en particulier, Monsieur, recevoir l'expression de ma reconnaissance et de mes sentiments très distingués.

Sainte-Beuve (1).

Dans l'angle gauche de la lettre, Mariette a écrit : « Cette lettre m'a été adressée lors de la nomination de M. Sainte-Beuve comme académicien.

« Aug. Mariette. »

Paris, ce 4 mai 1865.

Monsieur le Maire et cher Compatriote, Certes, aucune des félicitations qu'on me fait l'amitié de m f adresser ne pouvaient mi! être plus chères ni plus honorables que celles que je reçois par votre organe de ma ville natale, de cette patrie boulonnaise à laquelle mon cœur est resté si fidèlement attaché, même durant des années d'absence. Déjà, la ville de Boulogne avait fait preuve envers moi d'une grande indulgence en daignant, par un privilège tout particulier, admetre mon buste dans sa bibliothèque, à côté de celui de l'illustre Daunou. Aujourd'hui, en voulant bien prendre part à la haute faveur dont vient de me combler la bonté de l'Empereur (2), elle acquiert des droits nouveaux à une reconnaissance qui ne finira qu'avec ma vie.

Veuillez agréer, Monsieur le Maire, et transmettre à ceux de mes compatriotes qui sont auprès de vous et qui vous secondent dans cette grande et laborieuse administration à laquelle vous présidez si dignement, l'assurance de mes sentiments de haute considération et de dévouement.

Sainte-Beuve (3).

(2) Bibliothèque de la ville de Boulogne.

(2) Sainte-Beuve avait été nommé sénateur par décret du 28 avril 1865, et le maire de Boulogne, Livois, l'en avait félicité au nom de la ville par lettre du 3 mai suivant. (2) Archives municipales de Boulogne. — La signature seule parait autographe.

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