LA VICTOIRE
§ 1. — Certitude de la victoire.
« Ne crains rien, petit troupeau, » a dit le Sauveur à ses apôtres, en les envoyant sans armes en face des tyrans. Ne crains rien, parce qu'il a plu à ton Père céleste de te donner la victoire : Noli timere pusillus grecc.
Et les apôtres ont remporté la victoire.
Pour soulever le monde, ils se sont servis de deux moyens tout-puissants : ils ont imploré le secours
D^ DIEU et MÉPRISÉ CELUI DE L'HOMME.
« Le Seigneur est avec moi, avait dit le Prophète , « comme un combattant valeureux : Dominus mecum « est quasi bellator foi^tis; et jamais je ne m'appuie- « rai sur le bras de l'homme. Maudit celui qui laissant « le Seigneur veut s'appuyer sur l'homme ! Et ainsi « tous mes ennemis tomberont à mes pieds, et je les « foulerai comme on foule la poussière et la boue. »
Idcirco qui persequuntur me codent Ceci s'est accompli à la lettre dans la lutte soutenue par les Apôtres, et continue de s'accomplir à la lettre dans celle que soutient après eux l'Église catholique.
Quand les hommes disaient aux apôtres : « Laissez votre Dieu, et obéissez à l'homme, » les apôtres n'avaient qu'une seule réponse et toujours là même : « Non possumus ! »
« Nous ne le pouvons pas I parce qu'il vaut mieux
obéir à Dieu qu'aux hommes : Meîhis est enim obédire Beo quam hominibus, »
Ce Non possumus ! ce Melius ont sauvé le monde- Sans ces deux mots, le monde serait encore dans les fers; nous serions tous esclaves, et quel esclavage 1 esclaves de l'homme déchu, c'est-èrdire de la béte la plus cruelle, la plus passionnée^ la plus inconséquente, la plus redoutable qu'il y ait sur la terre. Oh ! lamentable gouvernement des hommes sans Dieu ! Aujourd'hui, c'est la Pourceaucratie; demain, c'est la Tiçfrocratiel
Fils baptisés de l'Église catholique, âls du vieux peuple franc, levons donc nos têtes et disons à notre tour : « Non possumus ! »
C'est une question de vie ou de mort. Tout ce que contient ce livre d'or se résume là : Dieu, qui est tout, sera-t-il rien? et l'homme, qui n'est rien, serart-il tout? Il faut que cela soit tiré au clair.
Dans le titre de ce livre, nous semblions dire que nous parlerions uniquement des proscrits, et cependant nos premières pages sont consacrées à l'Article 7. Pourquoi ? Le voici : ne voyez-vous pas que toute la guerre contre l'Article 7 se résume dans ce seul mot : Non possumus y Opposé au plan satanique de faire triompher, par cet article, l'homme sur Dieu.
« Vous voulez nous forcer à envoyer nos enfants dans vos écoles, dans vos collèges sans Dieu, où l'on égorge leurs âcXnes! Non ! jamais ! jamais !
« Il vaut mieux obbir a Dieu qu'aux hommes. »
Quand ces mots de la pi^otestation des pères de famille furent prononcés dans le Sénat, il y eut un tonnerre d'applaudissements du côté de la droite, et des clameurs sauvages du côté de la gauche. La gauche, dit l'Évangile, est le côté des réprouvés : là règne Satan ; il était frappé au cœur.
f Bntendez-yous, s'écrièrent les Qls de Satan, e^-
tendez vous ces cléricaux, ils sont toujours tes mêmes, toujours en révolte contre l'État; ils redisent toujours leur éternelle parole :
« Il vaut mieux obéir a dieu qu'aux hommes. »
Et cependant, cette parole d'or garde à elle seule l'honneur de la race humaine; seule elle lui garantit la liberté, mais aussi seule elle frappe au cœur la Révolution, qui veut mettre I'État, c'est-à-dire THoMME à la place de Dieu. A genoux ! à genoux ! devant cette idole, et offrez votre encens, c'est-àdire tout ce que vous êtes et tout ce que vous avez : âme, corps, écus.
A cette condition, Satan à son tour vous récompense; il vous donne une place, une décoration; mais 11 vous veut bas et bien dégradé devant lui.
Adore, mais en adorant, dégrade-toi 1
Entendez- vous ce mot : Si cadens adoraveris me? fiers amateurs de l'État et misérables contempteurs de Dieu, l'entendez-vous ?
Chute d'abord dans la boue et puis dans l'enfer!... l'entendez-vous ?
Enfer pour votre âme esclave de l'État ! Dégà dès cette vie vos turpitudes Tavilissent, le remords la ronge.
Enfer pour la famille esclave de l'État ! La stérilité, la division, la mort Tenvahissent.
Enfer pour la société esclave de l'État ! Décadence hideuse et lutte sanglante, car il ne faut pas croire que les enfants de Dieu se résignent à adorer votre idole et à se dégrader avec vous ; ils lutteront jusqu'à la mort pour la liberté, l'honneur de la patrie et la sainte indépendance de leurs âmes. Oui, combat à mort; ils verseront leur sang comme ont fait nos pères quand on a voulu leur ravir leur foi; ils le verseront jusqu'à la dernière goutte, et ils remporteront la victoire, le Christ !'« nromis.
Sur la colline du Vatican, à l'endroit même où le sang de Pierre a coulé, un monument de triompht» a fleuri, et sur ce monument, les successeurs de Pierre ont gravé ces mots .
Christus vincit! Christus régnât I Christus imx>C' rat! Le Christ règne î il commande! il est vain- QUEur !
Non, non, la force ne primei^a pas toujours le droit; l'heure de Dieu, l'heure de l'honneur et de la liberté viendra !
En nous opprimant comme catholiques, vous nous avez fait les défenseurs de la liberté ; sans nous, elle ferait un éternel naufrage. Il n'appartient qu'aux fils du Christ de la défendre. Ne parlez plus de liberté, vous n'en avez pas le droit. Votre masque est tombé : vous êtes la violence, vous êtes la tyrannie.
Le fond de votre politique est là, et vous ne faites la guerre à Dieu et à sa religion que parce que là est le seul rempart, le rempart inexpugnable de la liberté. Mais Dieu ni la liberté ne peuvent mourir.
Comme le Christ, et à cause uniquement du Christ, la liberté est immortelle. Allez cueillir des immortelles pour orner ses autels et non pour insulter à sa gloire. Imbéciles!
Vous passez avec quelques fleurs d'immortelles sur votre poitrine, et, pour insulter ce Christ, même dans la mort» vous étalez dans nos plus grandes rues un cadavre déjà infect et maudit. Oui, oui, passez, passez; comme ce cadavre votre secte pourrira, mais le Christ ne passe pas, il demeure î Vos immortelles ne sont que le symbole de l'immortalité de votre honte et de votre ignominie!
Et nous que vous conspuez, et cette religion catholique, toujours vierge, toujours sainte, toujours jeune, que votre cœur corrompu méconnaît, et insulte uniquement parce qu'elle est vierge, sainte et pure, cette
.•eligion catholique demeure, et par elle le Christ
REGNE, IL COMMANDE , IL EST VAINQUEUR ! ChristUS
oincit! Christus régnât! Chrisius imperat!
§ 2* — Armea pour la victoire.
Il y en a trois : L — La Prière. — La prière est laj chaîne d'or qui unit le néant de Thomme à l'infini de Dieu 1
Par la prière, l'homme entre en participation de sa toute-puissance; donc, si nous voulons vaincre, il faut prier, beaucoup prier, toujours prier.
IL — La Parole et la Presse. — Oui, parlons toujours de nos devoirs et des droits de Dieu, écrivons toujours pour les défendre; voyez Satan à l'œuvre, voyez les flls de Satan I voyez tout ce qu'ils disent, tout ce qu'ils écrivent, tout ce qu'ils impriment pour les attaquer.
Dès que vous avez écrit une page bien vive, bien lumineuse, bien triomphante, livrez-la à l'impression, répandez-en des milliers d'exemplaires et jetez-la h tous les vents du ciel, et comme ces graines fécondes que le vent emporte pour émailler nos vertes prairies, vous verrez bientôt tout refleurir dans les âmes.
Ne faut-il pas faire l'aumône sous peine d'éternelle mort et le Christ n'a-t-il pas dit que la première au; mône est celle de la vérité?
J'ai placé à Vappendice de ce Livre d'or, quelques petites pages d'or écrites au jour le jour sur mon champ de bataille de l'apostolat.
Je supplie les amis de Dieu et des âmes, je supplie les amis de la France de les faire imprimer, à des milliers d'exemplaire^ et de les répandre dans les villes et les campagnes. Mon appel au peuple surtout et avec lui, ma lettre à la Dépêche et ma page sur la, franc-maçonnerie : la place forte de Satan. ^'Que de victimes fait cette infernale franc-maçon-
nerlel victimes qu'elle trompe par sa voix de sirène et son manteau de bienfaisance' f victimes qu^elle avilit par ses singeries religieuses! victimes qu'elle allèche par les places qu'elle promet et les voluptés qu'elle permet! victimes enfin qu'elle rive au mal par des serments infernaux, les faisant ainsi tomber à la fois sous l'excommunication de Dieu et la tyrannie éternelle de Satan.