‹ Le livre d'or du 8e Régiment d'infanterieChapitre 24 sur 35 · PERTES DU RÉGIMENT A SPIGKBREN · texte numérisé non relu

PERTES DU RÉGIMENT A SPIGKBREN

Les pertes du régiment, dans cette sanglante journée, furent de 15 officiers et de 283 hommes tués, blessés ou disparus.

Le commandant Avril de l'Englos, le capitaine adjudant - major Gurel, les capitaines

Etienne et Arson, et le lienteDant Odinet furent tués.

Le lieutenant- colonel Gabbielli, les capitaines d'Humilly de Chevilly et Bustin, les lieutenants Leborgne et Laurent, les sous-Ileutenants Bloch, Lafosse, Vaudran et Landriau, furent blessés (ce dernier, malgré sa blessure, resta au combat jusqu'au bout) ; le lieutenant Vaudrey fut contusionné et fait prisonnier.

citations a l'ordre de L'AR3fÉE

Voici les noms des officiers et hommes de troupe du régiment qui, à la suite du combat de Spiclieren, furent cités à l'ordre général de l'armée.

M. Gabbielli, lieutenant-colonel : « Au combat àe Spickeren, le 6 août 1870, a fait preuve des plus brillantes qualités militaires; a été, à la tête du régiment, atteint de plusieurs blessures graves dont Tune a nécessité l'amputation de la jambe droite. »

M. GoLONNA D'IsTRiA, cbef de bataillon : « A fait preuve autant de fermeté que d'intelligence au combat de Spickeren dans les mesures qu'il a prises en commandant, à la un de la journée, les 2^ et 3» bataillons sous ses ordres ; a montré les mêmes qualités, le 16 août, à la bataille de Gravelotte, en portant son bataillon sur les hauteurs deVionvilIe, où il a été grièvement blessé. »

M. Arson, capitaine : « A donné, le 6 août, au combat de Spickeren, des preuves de la plus brillante bravoure en portant sa compagnie à l'attaque à la baïonnette contre l'ennemi, à plusieurs reprises, jusqu'au moment où il est tombé

mortellement atteint de blessures graves dont deux en pleine poitrine. •

Desruort, caporal : t A Splckeren, a montré le plus grand co^rage en se défendant seul contre cinq Prussiens ; en a tué deux et forcé les autres à prendre la fuite. »

GuÉNiN, caporal : • Au combat de Spickeren, a chargé des premiers à la baïonnette ; se voyant bientôt enveloppé de toutes parts, a continué, quoique blessé, à combattre et a réussi à se faire jour. •

Ferrand, soldat : « A Spickeren a fait preuve de beaucoup de bravoure et de dévouement en allant chercher, sous le feu de l'ennemi, le corps de son commandant qui venait d'être mortellement frappé. >

(Pour les autres récompenses, voir le ta'bleau n<J 3, ci-annexé.)

Bataille de Rezonville ou de Gravelotte.

A Gravelotte, le i6 août, c'est notre 2® corps qui eut Thonneur de recevoir et de rendre seul les premiers coups ; attaqué à Timproviste par un ennemi supérieur en nombre et surtout en canon, il se porte aussitôt en avant sous le feu convergent des nombreuses et puissantes batteries allemandes et court prendre pied sur le relèvement du terrain qui fait face à l'ennemi.

Entraîné par le colonel Haca, le régiment gravit, au pas de charge, les pentes intermédiaires entre Vionville et Flavigny et se trouve bientôt engagé dans une action des plus chaudes.

Notre 3® bataillon combat sous les yeux mêmes du général Bataille qui lui adresse les

plus vifs éloges pour sa vaillante attitude ; c'est à ce momeut que son brave cbef, le commandant GoLONNA d'Istuia, est atteint de plusieurs blessures graves.

Cependant, les Allemands ont réussi à déborder la droite du 2^ corps et fusillent nos troupes de flanc et à revers ; le 8® de ligne est alors contraint de se rabattre sur Flavigny qui, couvert aussitôt d'une grêle d'obus, ne tarde pas à devenir la proie des flammes. Postés dans les jardins qui entourent ce malheureux hameau, nos hommes, malgré tout, tiennent bon.

Sur ces entrefaites, nos autres corps d'armée étant arrivés successivement sur le champ de bataille, le maréchal commandant en chef fait relever, par la garde impériale, les deux vaillantes divisions du %^ corps qui supportent seules depuis le matin tout TeiTort de l'ennemi et ont subi de grandes pertes ; ces deux divisions vont se rallier eu arrière deRezonville et se reconstituent pour attendre, s'il y a lieu, le moment d'agir encore.

Mais, pendant que l'aile gauche et le centre de notre armée tiennent les Prussiens en échec, à l'extrême droite, notre 4« corps fond sur l'ennemi et l'écrase. En vain, les Allemands engagent de ce côté jusqu'à leur dernier homme et lancent toutes leurs réserves de cavalerie ; leur défaite est certaine et complète.

La nuit met Un à cette lutte acharnée de dix heures qui, celle-là du moins, fut pour nous une victoire incontestable sinon incontestée.

Durant cette rude et glorieuse journée, qui ne coûta pas moins de 15,000 hommes aux Aile-

But. s* d'iof. c

mands, les pertes de Tarmée française furent également sensibles.

Le régi meut eut deux oflaciers tués : le capitaine GiuDiCELLi et le lieutenant Lotte, et six officiers blessés ou contusionnés : le commandant CoLONNA d'Itria (2 blessures), les lieutenants Lemoy (7 blessures) et Golonieu; les sous-lieutenants Gu!u, Colas et Dubois.

Le nombre des hommes tués, blessés ou disparus fut de 200 environ.

Bataille de Saint-Privat.

Le surlendemain de Gravelotte, le 18 août, nouvelle bataille plus meurtrière encore que la précédente et la plus meurtrière peut-être du siècle.

Cette fois encore l'armée française combat eu très forte disproportion numérique, presque un contre deux. Le tbéâtre de cette formidable lutte s'étend entre Rozérieulles et Saint-Privat, sur un développement d'environ 13 kilomètres. Le 2^ corps, établi sur les crêtes du plateau de Rozérieulles, à droite et à gauche du c Point-du- Jour », forme la gauche de nos lignes.

L^action s'engage vers midi et devient bientôt acharnée et générale. Partout, malgré des attaques furieuses, nos troupes tiennent bon. Notre centre et notre gauche ne se laissent pas entraîner ; contre eux. l'ennemi fait des efforts surhumains sans réussir à les ébranler et sans pouvoir gagner un pouce de terrain.

Les Allemands, comprenant alors qu'il leur faut à tout prix emporter sur notre droite la Journée qui est partout ailleurs perdue pour

eux, tentent d'enlever Saint-Privat qu'occupe une brigade du corps Ganrobert (4^ corps); 84 pièces d'artillerie concentrent leurs feux sur ce village et trois brigades de la garde prussienne s'avancent pour lui donner l'assaut.

Les vaillants défenseurs de Saint-Privat accueillent les assaillants par une fusillade si nourrie et si meurtrière, qu'après une demi-beûre à peine de ce feu terrible, sur les 12,000 hommes de la garde prussienne, près de 8,000 ont été mis bors de combat. Le mouvement est arrêté, l'attaque est manquée. Cette orgueilleuse garde qui devait décider du gain de la bataille a trouvé la son tombeau.

Cependant l'ennemi, profitant de sa grande supériorité numérique, dirige sur notre extrême droite toutes ses forces disponibles et parvient, malgré tout, vers le soir, à tourner notre 4© corps qui, écrasé par les feux concentriques de l'artillerie de trois corps d'armée, ayant épuisé ses munitions et n'étant soutenu par aucune réserve, est forcé d'évacuer Saint-Privat et de se replier sur Metz.

Quant à nos 2® et 3® corps, ils n'ont pu être forcés en aucun point de leurs lignes; ils se maintiennent même dans tous leurs postes avancés et passent la nuit sur leurs emplacements de combat. Les Prussiens n'ont donc pris pied, le 18 août, que sur la partie droite de notre champ de bataille et cet avantage, uniquement dû à leur grande supériorité numérique, leur a coûté plus de 20,000 bommes tués ou blessés.

Durant les premières phases de cette terrible Journée, la brigade dont faisait partie le S^ de

ligne avait été mainteone en expectative à la gauche du 2® corps, face au bois de Vaux.

Vers 7 heures du soir, le combat qui, depuis un iustant^ semblait se ralentir, ayant tout à coup repris, sur notre gauche, avec plus d'intensité que jamais, le régiment reçut Tordre d'aller renforcer les troupes qui défendaient le Point-duJour; au moment où il franchissait avec entrain un terrain découvert que labouraient de leurs obus 50 pièces prussiennes étagées en amphithéâtre, le brave colonel Haga, qui marchait en avant, eut la main droite fracassée par un projectile qui renversa du même coup le sergent Condê, guide de la section de tête. Dissimulant stoïquement les atroces souffrances que lui causait sa blessure, le colonel Haca appela le plus ancien capitaine du régiment, M. Prancot, lui donna ses instructions et lui remit le commandement du 8** de ligue dont tous les officiers supérieurs avaient été ainsi, en quelques jours, tués ou blessés.

En arrivant sut la ligne de combat, le régiment y reçut aussitôt le choc furieux d'un nouveau corps prussien (le 11«), qui était venu renforcer la première armée, et il le repoussa carrément. L'ennemi eut beau insister et revenir plusieurs fois à la charge, tous ses efforts restèrent impuissants et il dut, à la nuit close, se retirer dans les bois.

Dans ce glorieux mais court épisode, le régiment perdit relativement peu de monde. Parmi ses blessés figuraient, outre le colonel Haga, les capitaines Turc et Rafpara (ce dernier mourut peu de jours après des suites de sa blessure).

Combat de W oisseville-Servigny.

Le 31 août, A 8 heures du matin, toute Tarmée de Metz se trouvait concentrée au nord -est de la forteresse, prête à percer les lignes allemandes qui nous enserraient de tous côtés. Cette entreprise eût sans nul doute pleinemeut réussi si le combat avait été engagé à temps; mais le signal de l'attaque n'ayant été malheureusement donné qu'à 5 heures du soir, nos 3® et 4® corps, après avoir brillamment enlevé Noisseville et Servigny ne purent, à cause de l'arrivée de la nuit, compléter leur succès. Le 2® corps, qui avait appuyé à Taile droite le mouvement offensif du centre, s'était emparé sans résistance de Flanville et de Montoy ; ce résultat fut dû en partie aux francstireurs de la t^ division qui, habilement dirigés par le capitaine Marchand, du 8® de ligne, surent empêcber les batteries prussiennes de nods inquiéter de ce côté.

Cependant, l'ennemi ayant mis la nuit à profit pour concentrer des forces supérieures en face des nôtres, le combat recommença le 1®"* septembre, à l'aube, mais daus des conditions dès lors si désavantageuses pour nous que nos troupes, après avoir tenu bon toute la matinée, reçurent vers midi l'ordre de se replier sur Metz. La retraite s'effectua avec ordre, sous une véritable grêle d'obus dont eut seule à souffrir au régiment la 2« compagnie du 2® bataillon qui eut sa 8® escouade tout entière fauchée par les éclats d'un obus tombé au milieu d'elle.

Affaire de Peltre.

Durant les denx longs et tristes mois qui s'écoulèrent entre le combat de Servigiiy et le jour de lugubre mémoire où la vaillante et malheureuse armée de Metz alla, victime d'un fatal destin, subir dans les forteresses allemandes les rigueurs de la captivité, le 8® de ligne n'eut plus à lutter que contre les misères et les privations qu'il sut dignement supporter ; seuls, ceux de ses officiers et soldats qui faisaient partie des francs-tireurs du 2^ corps prirent part à quelques escarmouches et à certaine entreprise, probablement imique en son genre, et qui leur fit trop honneur pour que nous ne la relations pas ici.

On savait au grand quartier général français que de nombreux wagons chargés de vivres se trouvaient à Courcelles, station de chemin de fer située à environ 7 kilomètres dans l'intérieur des lignes allemandes, en arrière du village de Peltre qu'occupaient les avant-postes ennemis.

Une brigade sous les ordres du général Lapas set reçut mission de chasser les Prussiens de Peltre, Mercy, La Grange-aux-Bois et Colombey, afin de permettre ainsi au capitaine Marchand, du 8^ de ligne, chef des francs-tireurs de la division^ ayant avec lui le lieutenant Ferry, également du 8<>, et 26 partisans déterminés, d'aller pendant la lutte sur un wagon blindé jusqu'à Courcelles, y accrocher le convoi allemand chargé de vivres et le ramener dans Metz.

C'est le 27 septembre que fut tenté ce hardi coup de main ; nos troupes s'emparèrent de tous fes points indi(|ués avec le plus grand entrain ;

mais quand le capitaine Marchand et ses hommes arrivèrent avec leur wagon que conduisait M.

Dietz, ingénieur en chef des chemins de fer, devant Peltre, ils trouvèrent la voie coupée eu avant du village et les rails enlevés sur une grande longueur. On n'eut pas de peine à deviner par qui les Allemands avaient été ainsi mis eu garde lorsque l'on aperçut, non sans stupéfaction, au milieu d'eux, certain colporteur appelé Jacob, bien connu de tous nos soldats auxquels, depuis le commencement du blocus, il vendait toutes sortes de petits objets et qui ne le soupçonnaient certes guère d'être un espion prussien. Hâtons-nous de dire que le susdit Jacob, fort heureusement capturé bientôt après, ne tarda pas à recevoir la juste récompense de ses hauts méfaits : 12 balles dans le corps.

Cependant nos braves francs-tireurs, se voyant dans l'impossibilité d'aller plus loin sur leur wagon, mirent prestement pied à terre et se lancèrent dans le village dont ils contribuèrent vaillamment à déloger l'ennemi, auquel ils firent, pour leur part, bon nombre de prisonniers, entre autres toute une section du 55® de ligne, officier en t^te. Le capitaine Marchand ût en outre transporter dans le wagon qui l'avait amené avec ses hommes tout ce qu'il y put conlenir de blessés, dont plusieurs échappèrent ainsi à une mort certaine. '

Parmi les francs-tireurs du régiment qui se distinguèrent plus particulièrement dans cette affaire, il y a lieu de citer le caporal Arnaud et le soldat Roger qui reçurent la médaille militaire.

Le soir, lorsque nos troupes eurent évacué les localités dont elles avaient si vigoureusement

chassé les Prussiens, ceux-ci y retournèrent à pas de loups et les incendièrent complètement.

Voilà de quelle chevaleresque façon nos adversaires se vengeaient des moindres échecs que nous leur infligions !

Le 4« bataillon du 8^ de ligne à Sedan.

Par décision ministérielle du iO août 1870, les 4®^ bataillons des régiments de ligne furent groupés par trois pour constituer des régiments de marche. C'est ainsi que le 4® bataillon du 8^ de ligne contribua pour un tiers à la formation du 2^ régiment de marche, lequel, à peine formé, alla comme tant d'autres misérablement échouer à Sedan. Durant toute cette néfaste journée, le 2« de marche, qui faisait partie du 12® corps, fut maintenu en réserve et n*éprouva, par suite, que des pertes relativement peu sensibles ; le 4® bataillon du 8®, dont quelques fractions seulement s'étaient trouvées à un moment donné assez vivement engagées, n'eut que quelques tués et une trentaine de blessés parmi lesquels M. le sous- lieutenant Olubowitsch et le sergent-major Revy.

11 resterait à parler des nombreuses compagnies qui furent formées au dépôt du régiment pendant la guerre de 1870-1871, mais on ne possède à leur égard aucun document préds.

Nous devons enfin citer les noms de trois officiers du B^ qui ont versé leur sang pour la défense du pays ailleurs qu'à Metz et à Sedan ; ce sont : MM. le capitaine Rochr passé dans la garde mobile au début des hostilités et tué à Tarmée de la Loire ; — le lieutenant Michard passé, après

— sole combat de Spickeren, où il avait été décoré, dans le recrutement, et qui ayant repris du service actif, fut tué comme capitaine au combat d'Héricourt ; — le sous lieutenant G i bardot qui devint très promptement capitaine à l'armée de la Loire, fut très grièvement blessé à Beaune-Ia- Rolande, mais survécut heureusement à ses blessures.

8« RÉGIMENT DE MARCHE i08« DE LIGNE

Formé le 10 août 4870, le 8® régiment de marche fit d'abord partie du 13^ corps d'armée qui opéra, sous les ordres du général Vinoy, la remarquable retraite de Mézières et entra le 9 septembre dans Paris, vers lequel l'ennemi s'avançait à grands pas.

Pendant le siège, le 8^ régiment de marche, devenu par décret du 28 octobre le 108« de ligne, prit une part active aux travaux de la défense et se signala principalement dans les dernières phases delà bataille de Ghampigiiy, bataille qui, on le sait, dura deux jours.

Le 30 novembre, première journée, le 108® de ligne, placé en réserve à Neuilly-sur- Marne, appuya les mouvements de la division Carré de Bellemare qui se rendit maîtresse de Petit-Bry, de Champigny et d'une partie du plateau de Yilliers.

Le 2 décembre, second jour, les Allemands ayant exécuté un vigoureux retour ofifensif sur tous les points, le village de Bry, où se trouvait cantonné le 108®. fut brusquement assailli à Taube par des forces supérieures qui essayèrent d'en forcer rejitrée; cette audacieuse tentative échoua grâce à l'énergique attitude de deux braves cœurs, le sergent Decker et le caporal Ghoisnel, qui, postés avec une poignée d'hommes derrière une i)ârricade, à l'extrén^ité de la Grande-Rue, y

firent une résistance désespérée et donnèrent ainsi le temps au colonel Coiffé d'accourir à la tête des 2« et 3» bataillons. Un combat des pins vifs s'engagea alors sur la lisière du village et sur les hauteurs voisines qu'occupait le 1«^ bataillon du régiment. Longtemps les Prussiens, qui avaient pour eux la supériorité du nombre et des canons, tinrent bon ; mais soudain la charge retentit, le 108^ s'élança tête baissée sur Tennemi, le culbuta et resta finalement en possession du terrain.

Le régiment fit, pour sa part, dans cette rude journée, plus de 400 prisonniers et infligea à l'ennemi des pertes sanglantes; il en essuya de son côté d'assez sensibles; le chiffre de ses tués ou blessés fut de 206.

Parmi les braves qui tombèrent au champ d'honneur, figuraient le capitaine adjudant-major Le Sâulnier et le lieutenant Lâbayle, frappés à bout portant dans la charge à la baïonnette. Au nombre des blessés se trouvaient le commandant Trubbrt, les capitaines Pichois et Mauriès (ce dernier mourut quelques jours après des suites de ses blessures) et le sous-lieutenant

ROMAKY.

Le 15 mars 1871, à la suite de Tarmistice, le 108« de ligne fut dirigé sur Evreux. Le 19 mars, une décision ministérielle ayant prescrit que les régiments de marche crées pendant la guerre et les anciens régiments de ligne rentrés de captivité seraient fusionnés par numéros correspon-

dants, le lOS^' en entier rallia le 8« de ligne à Bordeaux et s'amalgama avec ce dernier de manière à ne pins former qu'un seul et même corps, le 8« régiment de ligne actuel.

Le 17 avril 187i, il y eut un commencement de troubles à Bordeaux; vers 6 heures du soir, un rassemblement se forma devant la caserne des Fossés et chereba à l'envahir; la garde de police dirigée par l'adjudant Peretti tint bon ; mais, comme les émeutiers insistaient et brisaient à coups de pierres toutes les vitres de la façade, nos hommes firent une sortie et déblayèrent les abords de la caserne ; il y eut quelques blessés de part et d'autre.

En somme, les désordres furent peu sérieux, mais ils le seraient certainement devenus sans le sang-froid et la modération des ofQciers du 8® et sans le bon esprit de leurs hommes qui, sourds aux tentatives d'embauchage, firent parfaitement leur devoir.

Le lendemain, la municipalité répondit de Tordre et tout rentra dans le calme.

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