‹ Le Livre d'or du BourgogneChapitre 7 sur 17 · COURTÉPÉE · texte numérisé non relu

COURTÉPÉE

(Historien bourguignon.)

Le Cardinal de Bonzy fit présent à Sobiesky, élu roi de Pologne, de vins de Bourgogne qui furent trouvés excellents. Tavernier dit en avoir bu à la cour du roi de Perse vers la fin du xvii^ siècle.

CoURTÉPÉE.

La Côte de Nuits produit les meilleurs vins de Bourgogne.

CoURTÉPÉE.

Il n'y a point de vins communs à Vosne.

CoURTÉPÉE.

Les Beaunois se prétendent en la possession exclusive des meilleurs vins de la Bourgogne. Cependant, les climats de Chambertin et de Bèze, dans le Dijonnais, ceux de Morey, ChamboUe, Vosne, où se trouve la Romanée, ceux de Vougeot, de Saint-Georges dans le Nuyton, leur disputent avec raison la préférence. Pour s'en tenir uniquement à ce qui concerne le Beaunois, tous les connaisseurs, suivant d'ailleurs les prix, conviennent que le Volnay est le plus léger, le plus fin, le plus de primeur ;

Pommard a plus de corps et de franchise, se soutient mieux dans les pays chauds ; Beaune a plus de couleur, est plus agréable à boire et est encore plus franc ; Savigny et Chassagne sont plus moelleux à la seconde et à la troisième feuillée. Quelques cantons d'Aloxe, et surtout le Corton, prétendent les égaler au moins pour la finesse. Pernand est plus ferme qu'Aloxe, mais il n'en a pas le bouquet, excepté les Vergelesses qui valent les bons climats de Savigny. Monthélie équivaut le Savigny.

On compare au Volnay le Santenot de Meursault, dont les vins blancs sont excellents et méritent leur réputation ; mais le Montrachet l'emporte sur tous les vins blancs de Bourgogne et de l'Europe. On distingue encore les rouges de Morgeot, le Clavoillon, les Gravières, le Clos-Tavannes, et les vins de Santenay.

COURTÉPÉE et BÉGUILLET.

Admirablement exposé, protégé par des collines à sommets secs et dénudés, assez éloigné de la plaine pour ne pas subir l'influence des vapeurs qui s'en élèvent, Volnay peut être considéré comme la commune, qui, avec Beaune, produit le plus grand nombre d'excellents vins.

CoURTÉPÉE.

Les vins de Pommard sont renommés pour la franchise et suivent ceux de Volnay pour le prix.

CoURTÉPÉE.

A MONSIEUR LE PRINCE DE CONDE Monseigneur,

Je chantais hier au soir les grandes qualités de Votre Altesse, je vantais surtout sa munificence et j'employais cette foule de synonymes redoutables de l'un de vos serviteurs, pour prouver que vous étiez. Monseigneur, non pas le prince, mais l'homme le plus généreux que je connusse, lorsqu'un vilain, que Lucifer confonde, m'a répondu froidement que tout cela était bon pour le discours, mais qu'il était sûr que Votre Altesse Sérénissime laisserait crever comme un chien un pauvre chrétien au coin d'une haie, faute d'une bouteille de Romanée. « Vil calomniateur, ai-je dit avec dédain ». « Médisant, voilà tout ce que je suis », a-t-il répliqué. Je ne puis souflfrir, Monseigneur, que l'on déchire à mes yeux la réputation d'un grand prince, et j'ai fait un projet de vengeance qui ne sera pas différé même à demain, si Votre Altesse ne le trouve pas trop cruel. J'ai commencé par provoquer à dîner chez moi le traître, à quatre heures aujourd'hui : il ne se doute de rien. Là, notre dessein est de lui boire au nez la bouteille de Romanée et de lui casser le carafon sur la nuque, et, si le premier coup ne le tue pas sur place, de redoubler du carafon de la seconde bouteille. Laissez agir vos serviteurs. Monseigneur, il ne s'agit que d'armer leurs bras. Puisse le traître se voir, comme nous l'avons dit d'ailleurs, accablé sous les boucliers des Samnites ! Le porteur de cette lettre est, la hotte aux épaules, chargé d'attendre les ordres de Votre Altesse.

Je suis, avec un zèle intarissable, Monseigneur, de Votre Altesse Sérénissime,le très humble et très obéissant serviteur .

Beaumarchais.

Mon vin de Chablis de cette année a du montant ; étant bu, il embaume, enchante le gosier, et laisse une suave odeur de mousseron.

Chanoine Gaudin (Lettre à Mme d'Epinay.)

Plus je vieillis. Monsieur, et plus je sens le prix de vos bontés. Votre bon vin me devient nécessaire. Je donne d'assez bons vins de Beaujolais à mes convives de Genève, mais je bois en cachette votre vin de Corton.

Voltaire.

(Billet daté de 1759, adressé à M. Lebeau, Président du Parlement de Bourgogne.)

Les médecins ont plus écrit sur les vins de Bourgogne que les poètes eux-mêmes.

F. Geruzez.

(Ecrit par cet historien en 1712.)

On ne peut être gai, Sans boire du Volnay.

Proverbe anonyme.

Mûncheen en Bavière, ce 15 Mai 1783.

Messieurs et très Honoré,

En ce moment, je viens de recevoir les ordres de Son Exe. M. le Baron de Lehrbach, Grand Commandeur du Baillage de Franconie de l'Ordre Teutonique, de vous écrire que vous ayez la bonté de me renvoyés une note et le prix de vos vins de Bourgogne. Aussitôt que j'aurai la liste des prix, alors Son Excellence fera venir du vin de Bourgogne sur la fin du moi 8bre. Je crois que c'est la meilleure saison pour transporté du vin. Mets je vous prie de me donner réponse aussitôt que possible. J'ai l'bonneur d'être avec le plus sincer attachement

Votre très humble et obéissant serviteur,

Berdlin, Maître d'hôtel.

Et de Beaune et d'Aï les rives fortunées...

Sous leurs bruyants pressoirs font couler en ruisseaux

Des vins délicieux, mûris sur leurs coteaux.

André Chénier.

XIXe SIÈCLE

Monsieur,

Ï'ai reçu avec plaisir Monsieur votre fils auquel je remet cette lettre pour vous la faire tenir, je l'ai chargé de vous témoigner combien j'ai été satisfaite de l'envoyé de vins que j'ai reçu de vous en très bon état et en très bonne qualitées permettez-moi de vous en faire mes remerciemens. Mes rentrées de fond ne me parvenant ici qu'à Pâques vu la distance de mes terres en Pologne et la mauvaise saison je remettrai cette somme aussi tôt que je l'aurai touchée à ce terme à Monsieur Grégoir Banquier d'Ici sur quoi vous pouvez compter.

Lorsque cela vous sera remboursé, et que je serai acquitée envers vous, mon beau fils le Prince Sanguscko compte vous donner une commission plus considérable et établir une relation avec vous relative à l'objet de votre commerce ce dont jai parlé à Monsieur votre fils qui à son passage par ici dans trois ou 4 semaines ma promis de venir s'aboucher avec lui. Veuilliez assurer de mon souvenir le sieur Sciiller et me conserver le votre Monsieur au quel je met bien du prix par la considération et l'Estime distingués que vous m'avez Inspirée avec la quelle Ici Jai l'Honneur d'être Monsieur

Votre très humble servante

Dorothée Princesse Czartoriska née Princesse Jablonowska.

Ce 31 Janvier 1805 à Dresde.

(Lettre de la Princesse Czartoriska à M. Labeaume l'Aîné à Beaune qui lui fournissait du vin. On remarquera la formule de politesse qui indique dans quelle estime cette grande Dame tenait le représentant du bourgogne.)

Il fait couler une sève généreuse et joyeuse dans le sang des Bourguignons. Sitôt qu'on met le pied dans la ducale province, on se sent dans une atmosphère gaie et propice aux épanchements du cœur. Les hommes y ont le teint coloré, la physionomie ouverte, la voix chaude et le rire franc ; les femmes ont dans les yeux quelque chose de clair et d'allègre comme la liqueur bourguignonne et, sur les lèvres, un peu de la pourpre de ce royal vin.

André Theuriet (Historien.)

La Romanée et le Chambertin, le Clos de Vougeot et le Corton faisaient défiler devant lui des pompes abbatiales, des fêtes princières, des opulences de vêtements brochés d'or, embrasés de lumière !... Le Clos de Vougeot surtout l'éblouissait... Ce vin lui semblait être le sirop des grands dignitaires...

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