POETE -PAYSAGISTE
J'aime à vivre en paysagiste, Bouclant mon sac tous les étés, M*arrêtant chez quelque aubergiste Dans les endroits infréquentés.
Oh ! la bienheureuse échappée, La tranquille chasse au motif, Où Ton prend, comme à la pipée.
Le mot juste et bien descriptif!
Canne en main, gourde à la ceinture, On va, plus beau qu*un chroniqueur.,, — Pour écrire d'après nature Le frac noir n'est pas de rigueur I
On se grise du flot des sources ; On devient tel que les enfants ; On voudrait pouvoir en leurs courses Suivre les biches et leurs faons.
Qu'importe si Ton se fourvoie Dans les méandres des sentiers, Cueillant, l'œil ravi, tout en joie, La fleur frêle des églantiers !
Une enseigne vous dédommage.
Pleine d'engageantes douceurs :
Le Lion £or^ La belle Image, Ou Le Rendez-vous des chasseurs.
Gardant sur soi Todeur sauvage De tant de taillis traversés, On arrive après un orage, Ruisselant de Feau des fossés.
L'hôte est causeur, l'hôtesse accorle ; Et les gamins, tout ébahis, Viennent regarder par la porte L'homme « qui n'est pas du pays » .
Tandis qu'un repas s'improvise :
Du cidre, des œufs, du pain bis, Un grand feu qu'on fait à sa guise Sèche promptement les habits ;
Et Ton peut, alors qu'on s'attable, Par la fenêtre apercevoir Les vaches rentrant à l'étable Près du ru qui sert d'abreuvoir.