UN HAMEAU FORESTIER
Qu'il est calme, le coin champêtre Caché sous le grand parasol Que lui font le chêne et le hêtre, Ainsi qu'au nid du rossignol!
Perdu dans l'immensité verte.
Au bord d'un pré, dans la forêt, Un soir, j'en fis la découverte Et ne l'ai quitté qu'à regret.
Frais hameau tout bordé de haies.
Discret, accueillant au passant, Pour tes clairières, tes futaies, Reçois l'adieu reconnaissant.
Chez toi, tout séduit, tout invite Au repos qui détend les nerfs :
La fougère où Ton trouve un gîte ; L*étang où vont boire les cerfs ;
Les chemins perdus, les broussailles ; Les routes à l'épais gazon, Plus ombreuses qu'en un Versailles, Où la fraise pousse à foison ;
Les troènes aux senteurs vives ; Les fauvettes avec leurs chants ; Et sous les voûtes en ogives Les limpides soleils couchants.
C'est le merveilleux commentaire D'un rêve osé cent fois déjà ; C'est le cher exil volontaire Aux lieux où l'esprit voyagea.
Loin de nos débats, de nos luttes Où le cœur fait taire sa voix, On voit s'écouler les minutes Comme un pur filet d'eau sous bois.
Au poète, être peu pratique.
Ici, rarement apparaît La vague feuille politique Sur le billard du cabaret ;
Et si Ton guette avec angoisse Le passage du boulanger, Le carillon de la paroisse Ne vient jamais vous déranger.