‹ Le livre d'un forestierChapitre 27 sur 42 · PARISIEN DE PARIS · texte numérisé non relu

PARISIEN DE PARIS

Après un mois de cette vie De franc naturiste enragé, D'un tourment Tivresse est suivie :

Voici qu'expire le congé !

L'existence est tout çn contrastes :

Hier, sans soucis, le plein air.

Les champs et les horizons vastes ; Demain, la ville aux bruits d'enfer,

Paris, vous tirant par le coude.

Vous gronde, veut vous ressaisir :

C'est la maîtresse que l'on boude.

Mais vers qut volé le désir.

Nous n'avons pour sa tyrannie Qu'une haine con amore ; Ce n'est jamais qu'une ironie^ Le cri contre lui proféré !

Toujours le bon côté des choses Consolera les gens aimants :

Le monde a des métamorphoses Variant ses aspects charmants.

L'album plein d'études sincères Va me parler au coin du feu Du paysan, de ses misères, De paysage au lointain bleu.

Je trouverai dans mon bagage Ce qu'en été nous admirons, Avec un écho du langage Des gardes et des bûcherons.

Dans ce bain de saine verdure Qui seul peut rafraîchir le sang, L'âme, pour longtemps, se sature D'un panthéisme tout-puissant...

Patient labeur de l'artiste

Aux enchantements sans pareils,

Dans le lourd brouillard d'un jour triste,

Plus tard, tu mettras des soleils ;

Et le projet qu'un hasard sème, L'esprit, prompt à le retenir, Pourra le voir germer poème Sous la chaleur du souvenir.

La Brévière, juin 1882.

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