‹ Le livre d'un forestierChapitre 29 sur 42 · DUALITÉ · texte numérisé non relu

DUALITÉ

A Emile Prieur.

Assis, Tété, sous les grands hêtres, L'hiver, aux cafés élégants.

Je suis Sylvain : voyez mes guêtres I Je suis mondain : voyez mes gants !

Faisant deux parts de l'existence, Comme le bonhomme disait, Je suis, selon la circonstance.

Chat du foyer, pigeon biset.

Parcourant avec mon sosie Boulevard ou sentier perdu, Toujours un peu de poésie Rit à ce double individu.

Attrait des fortes paysannes, Charme nerveux et pimenté De nos graciles courtisanes, Pour Tart, c'est toujours la beauté.

Dans mes jours d'bumble indépendance S'est glissé plus d'un jour mauvais, Car j'ai mesuré la distance, La hauteur du but où je vais.

Ah ! le pauvret qui s'aventure A tracer d'une faible main Sa vision de la nature.

Son étude de l'être humain !...

Qu'à la fin, pourtant, il avorte.

Ce désir d'un cœur aux abois, Et le rustique en moi l'emporte :

Je cours m'enterrer dans les bois 1

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