TEMPS GRIS
A Antony Vaîahrègue,
Autour du haut clocher se pressent les chaumières : Humbles logis, vieux murs lépreux, toits s'effondrant , Verts jardinets en pente, où, tout Tété durant, S'ouvrent sous les pommiers quelques roses trémières.
Des peupliers dressant là-bas leurs têtes fières, Aux bouquets de roseaux froissés par le courant, Tout, lorsque Tair est pur, s'illumine; tout prend Cette fraîche gaîté qui monte des rivières...
Mais à présent l'effet n'est plus qu'un souvenir, Car voici que le temps paraît se rembrunir :
Telle une âme à l'aspect de la misère humaine.
La nature a parfois de ces rappels touchants :
Je songe, — le ciel gris, sans soleil, m'y ramène, —
Auxjourssansgrandsbonheurs des travailleurs des champs.
Vallée d'Aulomne, 1886.