AUTOMNE FORESTIER
Au bngadier Heinold,
le doyen des gardes de Compiègne.
Toute d'or, charmant l'œil ébloui qu'elle étonne, Oh. I comme la forêt est superbe en automne !... Il n'en oubliera pas le parfum singulier, Celui qui la connut, piéton ou cavalier, Après que les oiseaux ont vendangé la sorbe ; Quand, voilant le soleil qui bientôt les absorbe, Les brouillards du matin, sur les branches posés, Montent des prés couverts de colchiques rosés. Promeneurs, chaque instant du jour nous extasie, Jusqu'au soir qui descend, baigné de poésie, Laissant entendre au loin bramer le cerf couru.
Parfois c'est un ragot qui, franchissant le ru. Quand l'aboi des limiers fait tressaillir les aunes, De ses coups de boutoir fouille les feuilles jaunes. Alors c'est un spectacle animé, dangereux :
Plus d*un chien décousu jette un cri douloureux. Mais le vautrait, vainqueur enfin, coiffe la béte !...
Et l'on se passionne ; et Ton se met en tête Des admirations pour ces coins de pays.
Pour le hameau, Tenclaye et ses champs de maïs, Le poste où le marcheur se repose et bavarde, Et pour le vieux soldat en vareuse de garde.
Octobre 1885.