IG
GXII
ALCXAKDnK DUIIAS. «- MAOUBT. «» IDA rgMtfKK. «• VN SBOlliTAI' E. — A9-TU OS L'aBOENT? — LE DUC DE CATLUS. — BOUFFÉ. — UN GROS PO1880M. ~ UN DÉJEUNER A NICE. «— TH. DE BANVILLE. -> LE BAROH DE BUZANCOURT. — AMAT. — MONACO. — > L'EIÉMÂ. ^ A. DUMAS FILS. — MORT D'aLCZAHORB DUMAS.
Ajssez et trop parlé de moi; nous allons introdi^ire un homme que j'ai beaucoup aimé, que j'aime encore, Alexandre Dumas.
Où et quand nous sommes-nous rencontrés pour la première fois? Ça doit dater de loin, et je ne le sais plus; toujours est-il que, dans un de ses livres, il parle d'une visite qu'il me fit à Montmartre, dans ce bois que j'avais loué en 1830 ou 1831.
€ C'était, dit-il, un ancien tivoli touffu, presque impénétrable et abandonné; il habitait une sorte de cabane qui avait dû être le bureau des cannes. »
Dans un autre endroit, il parle d'un singe que j'avais à cette môme éi o^xue.
Ce singe malfaisant, comme tous ceux de son espèce, probablement pour augmenter sa ressemblance avec l'homme, était libre d'un commun
accord avec moi quand j'étais à la maison, et se faisait libre malgré moi quand j'étais sorti ; il profitait de cette liberté pour faire toutes sortes de mauvais tours, et s'était mis fort mal dans Tespnt de ma mère, que j'avais établie dans une maison au milieu d'un jardin séparé de mon bois seulement par un mur; il franchiissait^e mur et se livrait dans sa maison à une maraude effrénée; ma mère avait rédamé plus d'une fois son emprisonnement :. elle offrait des cordes^ Aes chaînes, des cadenas; mais il en avait bien vite foison.
Un jour, elle arriva cl^ez moi fort irritée, faire de nouvelles plaintes; pendant que je l'écoutais respectueusement, le singe s'était approché à une distance familière, mais non iiQpudente, et elle prétendit qu'il ricanait; c'était une illusion, car les singes tirent une partie de leur comique du profond sérieux avec lequel ils exécutent lem-s tours les plus ptmsants; elle n'était pas patiente: elle prit un morceau de bois qui se trouvait à ses pieds et le lança à l'animal; celui-ci l'attrapa à la volée et se mit à en jouer comme un tambourmajor de sa canne, puis d'un bond il se jeta sur ma mère, empoigna son bonnet par une dentelle très longue et froncée gui le bordait, selon la mode de ce temps-là ou d'un temps antérieur; puis se' sauva, en tenant un bout de sa dentelle, qui ^e décousait en la tirant à lui, et la mettant en tas à mesure qu'elle se dévidait et venait à lui; ma
281 LB LIVRfi DE'BORB
mère me décliara que Fsanour filial le plus minée ^ exigeait que je prisse mon fusil et misse l'insolent à mort ; je tâchai de la calmer, et je crus avoir r^ssi; mais le lendemain, quand je rentrai de Paris, il n'y avait plu* de singe.
Quelque temps «^près, je rencontre Tony Johannot.
— Venez donc à la maison, me dit-il; nous avons un nouvel hôte qui vous amusera; c'est un singe que nous avons acheté à de petits savoyards; Dumas, qui était venu nous voir hier matin, s'en est tant diverti, qu'il est resté à déjeuner, puis à dîner, pour ne pas le quitter.
Je vais chez mes bons Johannot; on me mène à la chambre du singe, qui s'élance sur moi, me serre dans ses bras et me baise sur les deux joues, en sanglotant de joie. C'était le pauvre exilé; il était heureux, îiimé chez les Johamiot; je refusai de le reprendre. Cette histoire du singe est racontée dans un ouvrage de Dumas, et on trouve une lettre de moi aux « pièces justificatives ».
Je vais tâcher de mettre en ordre quelques lettres de Dumas qui me sont restées, pour relier mes souvenirs. Je ne veux certes pas écrire une histoire de cet excellent homme de génie, qui a fatigué pendant quarante' ans toutes les trompettes de là Prénommée; je ne rappellerai que ce que j'ai *u. •
Voici là première qui me tombe sous la main ; il
ht UYnB PB BORD 235
s'agît de l'histoire du singe dont je parlais tout à l'heure :
€ Mon cher Karr, » Faites votre réclamation, n<ms la mettrons aux pièces justificatives; vous connaissez toute l'histoire, complétez-la.
»AvousI
« Mon cher ami, mon cher maître,
» Je vous remercie du' mot que vous avez dit de moi dans les Guêpes.
> Cette plume que Dumas a bien voulu adopter, c'est vous qui me l'avez mise à la main; elle a donc un bon père et un parrain excellent.
» A vous de cœur I