‹ Le livre de CalibanChapitre 45 sur 58 · FRANCE PEINTRE · texte numérisé non relu

FRANCE PEINTRE

encore cette consolation. Le lexique peintre à des mots pour cous nos besoins, il peut être à la fois idéaliste et naturaliste. S'il fait r^etcer la langue française, ce sera à quelques-uns seulement, à ceux qui, dans les dé&ites, restent du côté de Caton. Mais que de dédommagements gais pour ceux qui restent du côté des dieux. Le peintre fournira sa linérature, mondaine d'abord, populaire ensuite. Avant un an, dans les salons de la fuiion, on entendra des dialogues charmants dans le goût de celui-ci :

— Ah ! ma chère, que vous éàeifim de ton hier au soir. Votre décoUetage avait des glacis I . . .

— Ec vous donc, ma chère! Par quels sacrifices aviez-vous obtenu vos reliefs? Vos clairsobscurs faisaient ressortir vos plein-airs! Enfin, vous étiez ipaianiel

— J'ai trouvé le vicomte un peu flou! Et vous?

— Il avait des bavockures. Oh ! il n'est pas peint dun seul coup COUS les jours !

— C'est comme mon pauvre mari. Ce n'est plus de l'empâtement, duchesse, c'est du crépi, presque de la ronde-bosse!

— Il s'enduit un peu, marquise. Le mien a des repeims, et c'est ce qui me désole!

— Oui, mais Wfait si bien dans tori

— Question de cimaise, croyez-le bien !

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On voit, d après cet échantillon, qu'il n'y a pas lieu de trop se désoler et que la France Peintre peut encore être heureuse, comme une simple Bourgogne. D'ailleurs, le voulût-on, il est trop tard pour échapper à notre destinée. Nous les avons laissés si souvent camper aux Champs- Elysées qu'ils ont fini par lorgner nos filles. Ils épousent à présent. C'est une affaire réglée.

Nos petits vont naître des pinceaux à la main.

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