‹ Le livre de CalibanChapitre 5 sur 58 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

quil exerçait au nom de ses pères y que son frère lui avait ravie et quil avait reconquise à force de science et i énergie. Tu as détruit ce quil savait à Taide de ce quil i avait appris. *Bien Joué, Caliban. Et il s écrie lui'^méme au moment de mourir, car il meurt, tandis que toi, tu ne meurs jamais^ il s écrie: <( Vive Calïban I Je naime pas beaucoup quon me parle de la difficulté vaincue. Celui qui a eu tant de mérite à jouer le rôle îun aristocrate, que ne restait-il ce quil était et ne laissait-il le rôle, pour lui si laborieux, à ceux qui le jouent sans effort^ éAtais la grande troupe de comédiens, choisie et formée par le destin pour jouer ce quon appelle t histoire sur les tréteaux de ce monde, a besoin Remplois très divers, Caliban, cesse de parler de la fatuité d*oiriell cette fatuité, cest sa raison iètre : elle est légitime. Il faut quil y ait des délicats. c4riel, tu nés pas encore placé aussi près que moi de F infini '^ cesse de mépriser Caliban. Sans Caliban^ point d'histoire. Les grognements de Caliban, l'âpre haine qui le porte à supplanter son maître, sont le principe du mouvement dans Thumanité. »

Et le grand magicien l^enan ajoute que Trospero

meurt en te recommandant olriel, Fesprîi invisible Je Tair, ïiâéal pur, et Célesiine, la religieuse, la prêtresse de tidéaî humainy officiel, limité, compréhensible pour les pauvres en esprit. « e4riel et Cclestine sont incapables de luner conire les difficultés de la vie. Je te demande pour c4riel une sinécure, la garde du château de Sermione, qui n'a aucune importance pour la république de S^ilan et qui suffira complètement à ses besoins, »

Et tu lui réponds .■ « battre, tu seras obéi. »

Et Trospero meurt tranquille en demandant qu'on

lui Joue les airs daimalji et du golfe de !^aples,

(t qu'on ail soin qu'il ne voie pas un visage triste et

qu'il n'entende pas un soupir.

Shakespeare f avait laissé libre après la restauration de "Prospero ; "Kfnan te laisse chef de république bien avant la mort du duc de îMilan. Ta n'aj pas perdu ton temps, mon gaillard. îHais le second, pas plus que le premier, ne nous dit ce qui s est passé ensuite, et tandis qu'après la Tempête, et Caliban, et l'Eau de Jouvence, j'attends un nouveau poète philosophe qui me dise ce que tu es devenu, l'oilà que tu frappes à ma porte avec un livre. TJoilà

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