LA STATUE DE CALIBAN
payer la jouissance, et si l'un d'eux, campé derrière vous, VOLS chante insolemment ; — Tiens, voilà Mathieu ! comment vas-tu ma vieille?...
S'il y a des sceptiques, il y a aussi des coeurs naïfs, et l'on goûte parfois le délice d'entendre des chuchotements dialogues^ tels que celui-ci:
— Qui qu'c'est, dis ?
— J'sais pas. PVêtre Molière !
— Encore?
Enfin, j'en risque l'aveu, et je sais que vous me pardonnerez, j'ai besoin d'augmenter le nombre des statues de mon temps, d'être érigé, n'importe à quel titre, sur du bon granit, avec, dessous, de petites allégories circulaires. Qui cela peut-il gêner que Caliban ait sa statue tout vif, conime les autres Mathieus du dix-neuvième siècle? En quoi cela peut-il entraver la circulation? Je ne demande qu'un modeste refuge, au milieu du boulevard. Et l'on me mettra, si l'on veut, une horioge dans le ventre, pour m'utiliser, ô âge pratique !
Les obstacles?...
Oh ! je les connais, allez ! Mais sont-ils insurmontables ? Ne parlons pas des dtres. D'abord, je ïuis né à Paris. En voilà un de titre. J'estime qu'il sufHt. Ensuite, je vous ai révélé ma tenue, lorsque les gens du fisc se présentent chez moi.