PRÉFACE , XIII
nyme et Tinconnu en ces matières. Le vers de éMusset: ce Qu importe le flacon pourvu quon ait t ivresse! » s applique encore pluSy selon moiy aux Jouissances de tesprit qu^à celles de tamour. Et puis y si le nom véritable de fauteur de ces articles qui me ravissaient eût été celui Sun de mes adversaires littéraires y Sun de ceux qui me menacent ^ par exemple y de me mettre au poteau à la première Communey cela rtieût gêné dans ma sympathie. Je me serais senti disposé à plus de partialité y peut-être à r injustice; on est homme y après tout. Teu à peu y je cessai de chercher ta signature y quiy parfois bailleurs y aurait pu y tout aussi bien y être celle io^riely tant tu te montreSy par momentSy idéaliste et tendre. J'appris aussi à te reconnaître tout de suite ^ dès les premières lignes y à cette franche attaque du sujet y à cette construction excentrique et lumineuse de la phrase y à ce choc inopiné de mots qui ne s étaient jamais rencontrés jusque-là et qui font éclater le rire sur les lèvres avec quelque bonne vérité dans F esprit. Tu as un style à toiy Calibany tu as ta griffé; Je ne sais pas si elle te vient de ta mèrCy la sorcière SycoraXy mais on la sent à toutes les pages. Celui qui ri a pas
besoin de signer pour qu'on le nomme en le lisant est un maiire ouvrier dans nOire an, et ru es de ceuxlà, Caliban. Un Jour, par hasard, J'ai appris qui lu étais . J'y ai perdu mon étonnement, mais mon plaisir s'en est double, car Je laimaîs depuis longtemps sous le nom qui m'était révélé.
C'est alors, mon cher ISergerat, que je vous ai écrit ce que Je pensais pour vous féliciter et Vous encourager dans ce travail original et charmant. Quelque forme que revête la vérité, elle a une qualité contre laquelle personne ne peut rien, c'est d'être la vérité. Elle finit toujours par avoir raison, oiussi faut-il aider de toutes ses forces au succès de ceux qui la disent. Vous estimei, mon cher ami, que mon opinion, placée en tète de votre volume, vous sera de grand appui auprès du public ; vOus me faites beaucoup d'honneur et Je vous envoie bien volontiers ces quelques lignes en m excusant de vous les avoir fait attendre un peu longtemps.
J'étais très fatigue; je suis parti pour aller respirer un peu d'air, là oit il y en a le plus, en face de f Océan. J'avais choisi Cherbourg, oii Je devais assister à des expériences de canons-révolvers
et de lorpilles. Les hommes nom pas asse^ de la lerre pour se haïr; il leur faut la mer. Ils veulent la blessure plus meunrièie, T agonie plus douloureuse, la tombe toujours ouverte, anonytne et sans fond. Que leur volonté soit faite. Uous avej^ bien raison de rire des hommes, mon cher ami; cela leur sera peutêtre plus utile que de les conseiller et de les plaindre.
Là-dessus, donnez-moi un exemplaire à grandes marges, en papier de Hollande, de votre livre qui sera excellent d'un bout à t autre si vous en retranche^ le chapitre en tête duquel J'ai fait une croix. Quelqu'un a dit, (je suis <{ autant plus de favîs de ce quelqu'un que ce quelqu'un c'est moi;) quelqu'un a dit: a Les esprits inférieurs attaquent les gens; les esprits supérieurs n'attaquent que les choses, jj lifstei dans les derniers, croyez-moi, et je ferai mettre les Notes sociologiques pour nuire à l'histoire de mon temps dans une belle reliure janséniste en maroquin du Levant et je les placerai sur un des rayons de ma bibliothèque de choix entre Henri Heine et Champfort, pas très loin de Voltaire et dé Videroi.
'Bien à vous.
A. DUMAS FlLSi
* Voilà, mon cher "Bergerat. Si /avais eu plus de temps, ce serait mieux. L'article auquel je fais allusion, à la fin, cest Fariicle sur Sarcey. l^e faites pas de personnalités dans un livre cotnme celui-là, qui vaut beaucoup plus que vous ne paraisseï le croire et que je ne le dis. J'ai relu au moins trois fois vos épreuves et chaque fois avec un plaisir nouveau. Cest excellent. Que Lemerre imprime bien cela et vous ire-^ dans tes bonnes bibliothèques.
' Comme en témoigne te bitUt d-dessus, joint pir M. Aleundre Dumiis 1 l'envoi de si préface, le chapitre marqué d'une croix est celui qui a iraii à la personnalicé de M. Francisque Sarcey.
Certes j'aurais accédé sans tiésiter i t'injoaction amici^e de mou illustre présentateur, si je n'en étais empêché par M. Francisque Sarcey lui-même, qui, dans un article de La Frana, m'a pour ainsi dire mis au défi d'enrichir le présent volume (alors en prépa~
13 octobre j886. Je ne tiens au morceau que parce que noire critique niiional a voulu m'en d^dter. Comme c'est bien çà, la
A présent, mon cher maitre, voici. A la c
inquiëme édilion du