JUS DE VIANDE POUR LE MENAGE
Je me suis formellement interdit, dans ma première partie, d’aborder en quoi que ce soit ce qui touche à la grande cuisine, que j’ai voulu laisser dans son domaine tout à fait distinct; mais, tout en observant celte règle, ce n’est pas une raison pour que je ne donne pas ce qui me paraît de nature à contribuer à l’agrément et au perfectionnement de la cuisine de ménage, quia, elle aussi, son cachet et son mérite propre.
Quand une chose très -utile et très-bonne peut s’exécuter avec les ressources d’un intérieur bourgeois, mon devoir n’est-il pas de l’indiquer? Je me conforme ainsi à ce que j’ai dit dans ma préface : « Faire que chacun vive du mieux possible, suivant sa condition sociale. »
Je pense donc qu’on me saura quelque gré d’avoir songé à donner un jus de viande de ménage qui permettra à la cuisinière bourgeoise d’avoir à sa disposition, sans beaucoup de frais et sans de grandes difficultés d’exécution, un jus pouvant remplacer sans trop de désavantage la glace de viande, qui est, comme on sait, une des ressources essentielles de la cuisine.