CHAPITRE PREMIER
retrait à la dessication, mais qu’il fallait fortement encoller à la surface pour lui donner du soutien.
Cependant on commençait déjà à se préoccuper de la rareté toujours croissante du chiffon. Vers le milieu du siècle, Léorier de Lisle, essayait de fabriquer à l’usine de Langlée, près de Montargis, du papier avec de l’herbe, de la mousse, de l’écorce de tilleul, de la guimauve et des déchets de soie. Patronné par les grands seigneurs du voisinage, il fit paraître deux petits volumes, in-16, imprimés en partie sur ces échantillons : Les loisirs du bord du Loing, ou cRecucil de poésies fugitives, en 1754, et les Œuvres du marquis de Villettc, en 1756.
Quelques années plus tard, un botaniste de Ratisbonne, le docteur Schœffer, se livrait en Allemagne à des recherches analogues et publiait, en 1765, un volume in-8° renfermant des papiers fabriqués avec de la semence de peuplier noir, des guêpiers, des tiges de houblon, des pellicules de raisin, des feuilles d’aloès, des tiges de chardon, de muguet et houblon, de la tourbe, du pin, du bouleau, du mûrier, du tremble, du saule, de la paille de seigle, etc. En 1772, il éditait un second
LE PAPIER
volume contenant plus de soixante espèces de papiers d’origine différente.
La machine destinée à produire le papier sans fin fut inventée en 1798 à Essonne par un simple ouvrier nommé Robert, mais elle ne put être construite en France faute de fonds et de mécaniciens habiles; c’est en Angleterre qu’on la perfectionna et elle ne commença réellement à fonctionner en France que vers 1815. Son emploi permit de produire beaucoup plus dans le même temps; de là, par une série d’actions réciproques, un développement considérable dans les industries de la papeterie et de l’imprimerie.
De nombreuses usines s’élevèrent un peu partout, même dans les lieux où les eaux ne présentaient point les qualités nécessaires pour de bons lavages. On inventa pour défiler et blanchir le chiffon des procédés plus expéditifs mais qui diminuaient la longueur et la ténacité de la fibre. Le lin et le chanvre, de plus en plus insuffisants, lurent remplacés, d’abord par le coton, puis par les bois tendres et la paille. Pour donner du poids et en même temps de la blancheur à ces pâtes de qualité inférieures, on y ajouta des matières minérales blanches telles que le
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