‹ Le livre de demainChapitre 9 sur 136 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

concurrence redoutable qui eut pour effet de pousser ceux qui étaient restés en France à la confection des qualités inférieures que le consommateur n’avait pas avantage à faire venir de l’étranger à cause des frais de transport.

Des abus de toutes sortes s’introduisirent alors dans cette industrie et, pour y remédier, le Roi dût promulguer, de 1727 à 1741, une série d’édits encore extrêmement intéressants à consulter. S’ils nous révèlent des fraudes et des négligences, ils nous montrent aussi les sages précautions prises pour les faire disparaître, pour régler les rapports entre patrons et ouvriers, pour relever enfin l’honneur d’une profession qui, comme celle des verriers, jouissait de privilèges considérables.

On lit en effet, à la date du 27 janvier 1739, dans l’arrêt du Conseil du Roy, portant règlement pour les différentes sortes de papiers qui se fabriquent dans le Royaume :

« Art. 44. — Ordonne Sa Majesté que les maistres fabricans de papiers, leurs fils travaillant dans les fabriques, les colleurs ou talerans, les ouvriers qui mettent les ma-

LE PAPIER

tiéres sur les formes, ceux qui couchent les papiers, ceux qui les lèvent, et ceux qui préparent les matières qui entrent dans la composition des papiers, seront personnellement exemps de la collecte des tailles, du logement des gens de guerre et de la milice, etc.

« Art. 45. — Veut sa Majesté que l’ouvrier employé à faire et à préparer les formes servant à la fabrication du papier, appelé formaire, jouisse des mêmes privilèges et exemptions.

Grâce à ces édits, la papeterie ne tarda point à redevenir florissante et les fabricants de Limoges, auxquels le grand Turgot avait donné, en mainte occasion, des témoignages de sa haute protection, lui en témoignèrent leur reconnaissance en créant un format, le format Ministre, qu’ils marquèrent à ses armes.

On fabriquait alors, spécialement pour les belles impressions, un papier à grain très régulier mais apparent. On voulait, en outre, que le papier pût céder modérément sous l’action de la presse et bien prendre l’encre ; on y arrivait à l’aide de procédés qui donnaient une pâte moilc présentant peu de

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