LE TYROL
Salut, terre de glace, amante des nuages,
Terre d’hommes errants et de daims en voyage Terre sans oliviers, sans vignes, sans moissons.
Ils sucent un lait dur, mère, les nourrissons...
Tu n’as rien, toi, Tyrol, ni temple, ni richesse,
Ni poètes, ni Dieux, tu n’as rien, chasseresse!
Mais l’amour de ton cœur s’appelle d’un beau nom : La liberté ! Qu’importe au fils de h montagne Pour quel despote obscur envoyé d’Allemagne L’homme de la prairie écorche le sillon ?
Ce n’est pas son métier de traîner la charrue ;
Il couche sur la neige, il soupe quand il tue ; ïl vit dans l’air du ciel, qui n’appartient qu’à Dieu. L’air du ciel’! l'air de tous ! vierge comme le feu.
Oui, la liberté meurt sur le fumier des villes !
Oui, vous qui la plantez sur vos guerres civiles,