CHAPITRE PREMIER
n’irrite pas la rétine par un contraste aussi absolu.
Les papiers dits de Hollande, Watman, Ivoire, ou Vergé anglais, composés exclusivement de chiffons de lin ou de chanvre, se fabriquent aujourd’hui aussi bien, sinon mieux, en France que partout ailleurs.
Les deux premiers sont à la main et le second qui s’appelle aussi Vélin à la ferme, ne diffère du premier qu’en ce que les vergcures et les pontuseaux n’y sont point apparents à cause du tissu plus serré du tamis sur lequel on égoutte la pâte.
Le Vergé anglais est à la machine et on lui donne les vergeures en le faisant passer, encore frais, sur un cylindre strié.
Le papier ivoire n’est également qu’un papier à la machine, mais présentant une pâte extrêmement pure et ayant reçu certains apprêts à sa surface.
Tous ces papiers, en première qualité, reviennent à peu près au même prix, ce qui prouve que la valeur relative des belles sortes n’a pas sensiblement varié avec le temps et les changements de fabrication.
Quant aux papiers de Chine et du Japon, il en existe une très grande variété; leur qualité
LE PAPIER
commune c’est une extrême solidité jointe à une souplesse remarquable et à un aspect soyeux, dûs en grande partie à la nature des fibres végétales qui entrent dans leur composition.
Les papiers du Japon sont beaucoup plus beaux d’apparence, surtout ceux qui sont fabriqués à la machine dans les manufactures impériales; mais les papiers de Chine, obtenus avec du bambou, ont pour l’encre d’imprimerie une affinité qui les fait rechercher bien qu’ils se détériorent assez rapidement sous l’influence de l’humidité si l’on n’a pas le soin de les encoller après le tirage. Non seulement l’impression y est plus belle, mais on a l’avantage de pouvoir relier les livres presque immédiatement sans craindre les maculatures. La Chine ne produit, pour le moment, que du papier à la cuve.
Tout récemment un habile industriel français, M. Barjon, de Moirans (Isère), a fabriqué à la machine, avec l’écorce d’un arbre exotique, un papier ayant, comme ceux de la Chine et du Japon, une grande solidité, mais qui, loin de posséder la souplesse d’une étoffe, présente la raideur et l’aspect du parchemin.