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CHAPITRE III

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Charles Baudelaire, a présenté au contraire un brillant plaidoyer en faveur de la forme si fort en faveur de nos jours. « 11 y a, dit-il, dans chaque littérature des époques où la langue formée à point se prête à merveille, après les balbutiements de la barbarie, à l’expression limpide et facile des idées générales, des grands lieux communs sur Dieu , l’âme , l’humanité , la nature , l’amour, la vie, la mort, tout ce qui fait le fond de la pensée humaine. Rien n’est usé alors, ni les sentiments, ni les mots. Toute métaphore semble nouvelle, aucune comparaison n’est fanée encore ; les rapprochements les plus directs étonnent par leur hardiesse. On ne prend des choses que le trait le plus caractéristique et le plus général. L’analyse sommaire des passions simples suffît aux nations vierges. Cette période aimable comme la j eunesse, où la vie ne s’est pas encore compliquée de rapports multiples et garde son unité primitive, passe pour l’époque de la perfection classique et c’est elle qui date ce qu’on appelle les belles époques littéraires. On considère ces époques comme définitives et posant au génie des limites qu’il serait

LA COULEUR

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ques et les rhéteurs, tout n’est que décadence, mauvais goût, bizarrerie, enflure, recherche, néologisme, corruption et monstruosité. Ces idées ou plutôt ces préjugés sont tellement enracinés dans les esprits que nous n’avons pas la prétention de les en arracher. A nos yeux, ce qu’on appelle décadence est au contraire maturité complète, la civilisation extrême, la maturité des choses. Alors un art souple, complexe, à la fois subjectif et objectif, investigateur , curieux , puisant les nomenclatures dans tous les dictionnaires, empruntant des couleurs à toutes les palettes, des harmonies à toutes les lyres, demandant à la science ses secrets et à la critique ses analyses, aide le poète à rendre les pensées, les rêves et les postulations de son esprit. Ces pensées, il faut bien l’avouer, n’ont plus la fraîche simplicité du jeune âge. Elles sont subtiles, tenues, maniérées, persillées même de dépravation , entachées de gongorisme, bizarrement profondes, individuelles jusqu’à la monomanie, eftrénément panthéistes, ascétiques ou luxurieuses; mais toujours, quelle que soit leur direction , elles portent un caractère de particularité, de paroxysme et d’outrance. Pour emprunter une comparaison

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