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à l’écrivain même dont nous essayons d’apprécier le talent , c’est la différence de la lumière crue, blanche et directe du soleil, écrasant toutes choses, à la lumière horizontale du soir, incendiant les nuées aux formes étranges de tous les reflets des métaux en fusion et des pierreries irisées. Le soleil couchant, pour être moins simple de tons que celui du matin, est-il un soleil de décadence digne de mépris et d’anathéme ? On nous dira que cette splendeur tardive où les nuances se décomposent, s’enflamment, s’exacerbent et triplent d’intensité , va s’éteindre bientôt dans la nuit. Mais la nuit qui fait éclore des millions d’astres, avec sa lune changeante, ses aurores boréales, ses pénombres mystérieuses et ses effets énigmatiques, n’a-t-elle pas bien aussi son mérite et sa poésie ? » L’école de Gautier et de Baudelaire régne aujourd’hui en souveraine dans la faveur du public. Foin de ces vieux maîtres d’un art encore inassoupli qui, « avec la dorsale raideur de leur échine stylique, n’ont jamais embrassé, dans un ondoiement plié aux sensations couleuvrines , la troublante et crépusculaire complexité de la psychologie embryonnaire, effleurant sans y pénétrer, la
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superficialité perpétuellement moutonnante de l’être humain. »
La langue de Corneille et de Voltaire , essentiellement composée de substantifs précis comme des faits, ne suffisait plus aux jeunes; elle était d’une pâte trop ferme pour se modeler à leur gré ; ils l’ont diluée par l’adjonction d’adjectifs et de participes éclosant sous leur plume au fur et à mesure du besoin. « De leur enchevêtrement artistement balancé naît une phrase enveloppante , enlaçant dans un fourmillement grouillant et compréhensif toutes les exquisités unies à toutes les sombreurs d’une pensée onduleuse et d’une passion cataractante, montant et tombant tour à tour à l’ivresse ou au navrement de la plénitude atteinte ou de la possession fuyante et inobtenue : et, comme on entend la poule cotcodaquer après qu’elle a pondu, ainsi la gamme ascendante des sensations troublantes et exacerbées se résout en l’intensité d’une névrose hyperaigüe et d’une hystérie stylique, imprimant à tout ce qui s’échappe de notre plume migrainée l’apparence d’une hantise cérébrale ou cardiaque, aboutissant par la série scientifique des oscillations isochrones à l’excrément inattendu et génial. »
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Notre œil n’est point arrivé à ce degré de raffinement; nous sentons encore les harmonies des lignes et des couleurs à peu prés comme nos pères sentaient la musique , comme nos aïeux comprenaient la littérature.
De même, dit Owen Jones, que dans toute œuvre d’architecture, une vraie proportion régne dans les membres divers dont l’œuvre se compose, ainsi dans les autres arts décoratifs, l’ensemble des formes doit être arrangé suivant certaines proportions définies ; le tout, aussi bien que chaque membre en particulier, doit former le multiple de quelque simple unité. « Les proportions les plus belles seront celles que l’œil aura le plus de difficultés à découvrir. Ainsi la proportion d’un carré double ou de 4 à 8 sera moins belle que le rapport plus subtil de 5 à 8 ; 3 à 6 que 3 à 7 ; 3 à 9 que 3 à 8 ; 3 à 4 que 3 à 5 ».
Ces rapports subtils constituent ce qu’on peut appeler le délicat dans les arts. Plus raffinés que les Grecs en ce qui concerne la couleur, nous le sommes moins relativement à la forme. Les recherches de M. Penrose ont montré que les moulures et les lignes courbes du Parthénon sont des courbes d’un ordre très élevé et que l’on y trouve très
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LA COULEUR
rarement des parties de cercle ; il n’y en a jamais dans les formes exquises des vases Grecs. Les Romains au contraire, peuple relativement grossier , employaient le plus souvent des moulures qu’on pouvait tracer au compas.
La mesure de notre délicatesse a été donnée par un ingénieur des Ponts-et-Chaussées , M. Lagout , sous la forme originale d’une équation :
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l’exposant m étant quelconque et n et p pouvant être o, i ou 2. En termes vulgaires cela veut dire tout simplement que, dans les arts où l’on fait usage de grandeurs susceptibles de mesure, les rapports de ces grandeurs entr’elles ne doivent contenir d’autres nombres premiers que 1, 2, 3 et 5, ou leurs carrés employés soit en numérateur, soit en dénominateur.
Dans le cas particulier de la constitution artistique du livre, il faut donner au format, au cadre et à la justification des proportions telles que leurs côtés soient en rapports harmonieux.
Le rapport f, qui indique un carré et cor-