MARGUERITE
Elle, pensive et le sein troublé, — restait indifférente au vol des papillons, — et si elle cueillait la fleur à l’auréole blanche, — je la voyais, de ses doigts frémissants, la mettre en bribes.
Puis, au retour, comme un parfum qui s’évapore au loin, — ta joie enfantine remplissait tout le sentier. — Elle, pendant ce temps, allait, le front comme chargé d’un nuage.
Voyant cela, quelqu’un que je sais bien, se disait : « O fillette, — garde longtemps ton cœur « d’enfant, ton œil limpide; laisse long- « temps à la fleur le lait de sa cou- .îLY/*) « ronne ! »
“ Hier, avec ta grande amie, tout la-bas, — je vous regardais dans la prairie. Toi, petite coureuse, — t’essoufflant après les insectes qui voltigent, — et TlT baisant les marguerites dans leur cercle de lait.