‹ Le livre de demainChapitre 34 sur 136 · LES PLUS BEAUX YEUX · texte numérisé non relu

LES PLUS BEAUX YEUX

J’ai vu tous les yeux qu’on aime en ce monde, Tous les plus beaux yeux :

Les yeux caressants d’une tête blonde Qui m’ouvrit les cieux ;

Puis deux grands yeux doux qui m’allaient à l’àmc Et que j’ai perdus ;

Tous les yeux aussi qu’en cherchant la femme Nous avons tous vus :

Des yeux verts profonds, des yeux bleus limpides, Des yeux noirs brûlants,

Et ces yeux bénis qu’on trouve timides Et qu’on dit troublants. . .

Mais tous ces beaux yeux, je n'y lirai guère,

Ils sont dépassés. —

Les yeux les plus beaux qui soient sur la terre Sont les yeux baissés !

Pauu MARIÉTON.

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Aux rîmes de l’Ida, dans les vallées profondes,

Où paissaient à loisir mes chèvres vagabondes,

A l’ombre des grands pins, je reposais songeur ; L’aurore aux belles mains répandait sa rougeur Sur la montagne humide et sur les mers lointaines Les naïades riaient dans les claires fontaines,

Et la biche craintive et le cerf bondissant H umaient l’air embaumé du matin renaissant.

Une vapeur soudaine, éblouissante et douce,

De l’Olympe sacré descendit sur la mousse.

Les grands troncs respectés de l’orage et des vents, Courbèrent de terreur leurs feuillages mouvants, La source s’arrêta sur les pentes voisines,

Et l’Ida frémissant ébranla ses racines,

Et, de sueur baigné, plein de frissons pieux,

Pâle, je pressentis la présence des Dieux.

De ce nuage d’or trois formes éclatantes,

Sous les plis transparents de leurs robes flottantes, Apparurent, debout sur le mont écarté.

L’une, fière et superbe, avec sérénité

Dressa son front divin, tout rayonnant de gloire :

VF

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