JUGEMENT DE PARIS
« Fils de Priam, tu contemples Héré, »
Dit-elle ; et je frémis à ce nom vénéré.
Mais, d’une voix plus douce et pleine de caresses :
« O pasteur de l’Ida, juge entre trois déesses,
« Si le prix de beauté m’est accordé par toi, u Des cités de l’Asie un jour tu seras roi. »
L’autre, sévère et calme, et pourtant non moins belle Me promit le courage et la gloire immortelle,
Et la force qui dompte et conduit les humains.
Mais la dernière alors leva ses blanches mains, Déroula sur son cou de neige, ses tresses blondes, De ses cheveux dorés les ruisselantes ondes;
Et, muette toujours, du triomphe assurée.
Elle sourit d’orgueil dans sa beauté sacrée.
Un nuage à sa vue appesantit mes yeux.
Car la sainte beauté dompte l’homme et les Dieux ! Et, le cœur palpitant, l’âme encore interdite,
Je dis : « Sois la plus belle, ô divine Aphrodite. »