‹ Le livre de demainChapitre 5 sur 136 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Nationale de Paris une partie des Epitres de saint Augustin écrites de cette manière au Ve siècle.

A la fin du vne siècle, le papyrus commença à devenir rare; on le réserva pour les actes importants et on le remplaça, poulies livres, par le parchemin qui était moins cher.

Au IXe, après la destruction des fabriques égyptiennes par les Arabes, on ne l’employa presque plus; en 1170, Eustathe, le commentateur d’Homère, comptait sa fabrication au nombre des secrets perdus. On y suppléa par un nouveau produit, le papier de Damas.

Ce papier, charta damascena , véritable ancêtre de notre papier moderne, était originaire de la Chine; depuis le 11e siècle de notre ère, on l’y fabriquait à l’aide d’écorces d’arbres, de fils de chanvre, de vieilles toiles, de filets de pêche qu’on soumettait à une longue ébullition dans l’eau. On broyait ensuite ces matières jusqu’à ce que, désagrégées par l’action du pilon, elles fussent réduites en bouillie épaisse que l’on recueillait et laissait égoutter sur des tamis. La connaissance de ces procédés se répandit à travers l’Asie centrale jusqu’à la Perse où on les trouve era-

LE PAPIER

ployés vers l’an 650, dans l’usine de Samarcande dont la célébrité sc maintint jusqu’au xvne siècle. Les Arabes qui avaient conquis la Perse s’y initièrent aux secrets de cette industrie et ils ne tardèrent point à remplacer les différentes matières textiles, employées jusqu’alors, par le coton qui croissait naturellement dans leur pays . Ils obtinrent ainsi un papier certainement très inférieur, mais beaucoup moins cher, et ils en imposèrent l’usage dans toutes les contrées où ils avaient établi leur domination.

Du ixe au xne siècle, on employa le papier de coton en Europe pour tous les usages ordinaires; ce furent le parchemin et le vélin qu’on réserva, à leur tour, pour les chartes et les manuscrits.

Le prix relativement élevé de ces matières donna une extension à l’usage qu’avaient depuis l’antiquité les librarii, de faire disparaître, par différents procédés, l’encre des anciens manuscrits jugés inutiles afin de s’en servir de nouveau.

Heureusement pour les lettres, des papetiers du royaume de Valence ou de Catalogne eurent l’idée d’employer, au lieu du coton qu’ils étaient obligés de faire venir de loin et à

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