IA CO U M UN I O UK DI S AN’ T
E coume an di, li quatre Saut, Tau que l’aureto, s’enanèron;
F. de la chatouno, en passant, Prenguèron l’amo e la menèron
Mai l’endeman, de bon matin, La belle fiho s’es levado...
E parlo en tôuti d’un festin Ounte pér sounge s’es trouvado Dis que lis Ange èron en Pér, Qu’is Aliscamp taulo ëro messo Que sant Trefume èro lou clerc E que lou Crist disié la messo.
que la brise, s’en allèrent; et de la fillette, en passant, ils prirent l’âme et l’emmenèrent.
Le lendemain, de bon matin, la belle fille s’est levée. . . Et elle parle à tous d’un festin où elle s’est trouvée en songe : elle dit que les Anges étaient dans l’air, qu’aux Aliscamps table était mise, que saint Trophime était le clerc et que le Christ disait la messe.
Frédéric MISTRAL
la tête des écrivains qui ont le plus contribué à préparer la voie aux Félibres actuels dans leur œuvre de restauration de la langue d’oc, il faut placer Fortuné Chailan, dont les poésies provençales ont été réunies et publiées dès 1840, sous le gracieux titre du Gangui (Le Filet)i En 1882, M. Alfred Chailan, son fils, a donné du Gangui une splendide édition in-folio, imprimée à Marseille chez Maiuus Olive. Le sympathique président des Félibres de la Mer a bien voulu faire exécuter pour ce livre, la réduction de quelques-uns des gracieux et spirituels encadrements qui en ornent les pages.
Malheureusement, le peu de largeur laissée disponible pour le texte dans cette réduction, ne nous a permis de reproduire ici, qu’une pièce en vers de huit pieds
donnant une idée imparfaite de la verve et du mérite poétique de l’oeuvre.
Certains morceaux comme Leis Quichies et Leis amours de Vanus sont de véritables chefs-d’œuvre qui feront encore rire nos enfants, comme ils ont fait rire nos pères.