THÉOPHILE GAUTIER
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adressés en i 784 sur une feuille de papier de soie
A Mademoiselle
Agréez, Eglé, cet hommage ; Puissai-je, entre vos mains, le voir De mon bonheur être le gage, Comme il a fait mon désespoir ;
Ce papier, o ma douce amie,
Est fait du même taffetas,
Que je voyais, avec envie,
Servir de voile à vos appas.
LEORIER DELÎSLE
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Mignonne, allons voir si la rose Qui, ce matin, avoit desclose Sa robe de pourpre au soleil,
A point perdu, ceste vesprée, Les plis de sa robe pourprée Et son teint au vostre pareil.
Las! voyez comme en peu d’espace.
Mignonne, elle a, dessus la place, Las ! las ! ses beautés laissé cheoir ! O vrayment marastre Nature, Puisqu'une telle fleur ne dure Que du matin jusques au soir !
Donc, si vous me croyez, Mignonne Tandis que vostre âge fleuronne En sa plus verte nouveauté, Cueillez, cueillez vostre jeunesse :
Comme à ceste fleur, la vieillesse Fera ternir vostre beauté.
Tendre fruit des pleurs de l’aurore, Objet des baisers du zéphyr,
Reine de l’empire de Flore,
Hâte toi de t’épanouir.
Que dis-je, hélas ! diffère encore, Diffère un moment de t’ouvrir :
L’instant qui doit te faire éclore Est celui qui doit te flétrir.
Thémire est une fleur nouvelle Qui doit subir la même loi.
Rose, tu dois briller comme elle, Elle doit passer comme toi.
Descends de ta tige épineuse,
Viens la parer de tes couleurs,
Tu dois être la plus heureuse Comme la plus belle des fleurs.