‹ Le livre de demainChapitre 77 sur 136 · DANS UNE CHAPELLE- RURALE DE PROVENCE · texte numérisé non relu

DANS UNE CHAPELLE- RURALE DE PROVENCE

«Si

Qu’un jour mes os, avec vos reliques, ô aïeux, — attendent, mêles, le souverain revoir.

Dans mon sombre séjour que le monde m’oublie ! Pourvu qu’à ses parois un chaud rayon sourie, Pourvu que la cigale, en chantant au soleil,

La brebis, en bêlant, bercent mon long sommeil ;

Que l’habitant des mas, gardant, en compagnie Des noms de tous les miens, ma mémoire bénie, Dans ces lieux où la mort espère le réveil,

Dise : « Il lut bon et droit; il fut bien leur pareil >< ;

Que parfois, vers le soir, mon ombre paternelle Voie une tendre fille, au front pur, aux doux yeux, Répandre un peu d’eau sainte et quelques pleurs pieux,

En paix je t’attendrai, jour de joie éternelle,

Où, l'enfant rejoignant son père et ses aïeux,

Nous nous rebâtirons un foyer dans les deux !

Traduit par G. Hennion.

C’est moi que Dieu sur terre envoie Dans un rayon de son soleil Pour mettre la nature en joie,

Pour faire un monde tout vermeil.

Quand l'hiver m’a crié : « Qui vive ! » J’ai dit : « Fais-moi place, il est temps ! Du paradis tout droit j’arrive :

Je suis le chevalier Printemps ! »

Vêtu de vert, de bleu, de rose,

Le nez au vent, l’œil allumé,

Plus frais que la plus fraîche rose, Plus parfumé qu’un jour de mai;

Avec un charmant caractère Et la plus heureuse santé,

Je m’en viens passer sur la terre Trois mois d’amour et de gaieté !

J’ai des Heurs à ma boutonnière ;

J’ai des hacons pleins de senteurs,

De l’espoir plein ma bonbonnière

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