M. DESVERTUS, SON FILS, JACQUES
M. DESVERTUS, mettant des papiers sur la cheminée. — Ah ! te voilà , mon pauvre Jacques? Est-ce que tu n'es plus malade?
JACQUES. — Pardonnez-moi , mon cher monsieur, la fièvre ne me quitte pas; mais je sors de mon grabat pour venir vous remercier de vos bonnes charités.
Sans vous, notre boulanger m'allait refuser du pain, et à ma pauvre famille; la bonté que vous avez eue de payer tout ce que nous lui devions...
M. DESVERTUS. — Ce u'cst rien, mon cher Jacques... Et ta femme?
JACQUES. — Elle est toujours malade, monsieur, et j'ai bien peur qu'elle n'en revienne pas.
M. DESVERTUS. — A-t-Cllc IcS SCCOUrS
nécessaires à son état?
JACQUES. — Oui, monsieur, à peu près.
M. DESVERTUS. — AUous , j'y penserai.
JACQUES. — Ah! monsieur, vous n'en avez déjà que trop fait; sans vous, elle, moi et mes cinq enfans , nous serions
déjà péris de misère. Le pain est si cher^ moi toujours malade , et mon fils est si jeune, que le pauvre enfant, malgré la bonne envie qu'il a de bien faire, les forces lui manquent ; il ne peut pas satisfaire toutes mes pratiques ; j'en ai déjà perdu les trois quarts.
M. DESVERTUS. — Allous , j'y aurai attention , ne te chagrine pas ; dès aujourd'hui....
JACQUES. — Ce n'est pas, monsieur, pour cela que je viens, mais pour vous remercier de toutes vos bontés, et savoir si Jacquot vous contente, et a bien soin de frotter ici comme il faut.
M. DESVERTUS. — Oui , OUi, OU CU CSt
content : va, tiens-toi tranquille, et ne songe qu'à te guérir.
JACQUES. — Mon fils va venir tout à l'heure frotter ici : je lui ai bien recommandé encore ce matin de faire sa besogne de son mieux. Adieu, mon charitable monsieur, je vais me remettre dans mon lit ; car actuellement je tremble la fièvre.
M. DESVERTUS. — Va, mou enfant, et ne l'inquiète pas plus qu'il ne faut ; le bon Dieu aide les malheureux , quand ils sont honnêtes gens comme toi. (^Jacques sort.)
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