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ver plus toi dans lu rue , il fallait inc casser la jauibe, que me servirait d'y être arrivée , puisque je ne pourrais pas m'y promener ?
m"'" UEVERTEuiL. — ÏQ réllexion est fort juste , Pauline. Mais sais-tu ce que nous venons de faire tout en causant ?
PAULINE. — Non, maman, je l'ipuore.
m'"" de vEiiTEUiL. — Nous avous fait usage de notre raison , pour rechercher quel était le meilleur moyen d'aller dans la rue , ou d'y sauter par la fenêtre , ou d'y descendre par l'escalier ; et nous avons trouvé que le dernier moyen était le meilleur. Veux-tu que je te dise comment nous y sommes parvenues ?
PAULINE. — Celameferaplaisir, maman.
M™" DE VERTEUiL. — Nous avoDs d'abord recherché quels sont les avantages et les inconvéniens de chacune de ces deux manières d'aller dans k rue , d'y sauter par la fenêtre , ou d'y descendre par l'escalier. Celte recherche nous a conduites a trouver que l'avantage de sauter parla fenêtre était que l'ou arrivait beaucoup plus tôt dans la rue , mais que l'inconvénient attaché à ce moyen, était que l'on risquait de se casser la jambe. L'inconvénient, au contraire, de descendre dans la rue par l'escalier , élait que Ton restait plus long-temps en chemin ; mais on y trouvait en revanche cet avantage , que Ion ne courait pas le danger d'avoir une jambe cassée. N'est-ce pas , ma fille, ce qui s'est passé dans notre esprit ?
PAULINE. — Oui, maman , j'en réponds pour le mien.
m"''' DE VEKTEUiL. — Après quo nous avons eu trouvé ces avantages et ces inconvéniens , nous les avons comparés Iss uns avec les autres, et nousavonsdit: Qui vaut le mieux, d'arriver un peu plus vite dans la rue , et de nous casser la jambe, ou d'être un peu plus long-temps en chemin , et de conserver notre corps tout entier? Après cette comparaison , nous
avons i)orté un jugement ; c'est (lu'il valait mieux rester plus long-temps en chemin, et qu'ainsi nous devions aller dans la rue, non par la fenêtre , mais par l'escalier et la cour ; comprends-tu cela?
PAULINE. — Oui, maman.
m""" de VERTEUIL. — Eb bicu , ma lille, lorsque l'on examine ainsi dans une chose ses inconvéniens et ses avantages, et qu'on les compare ensemble sur le parti qu'il faut prendre , cette opération s'appelle raisonnement , et la conclusion qu'on en tire s'appelle jugement. Veux-tu que je te donne un autre exemple d'un raisonnement et d'un jugement ?
PAULINE. — Oh , maman , vous me ferez grand plaisir.
M""" DE VERTKUIL. — ïu sais bien que les deux perroquets de ta tante disent certains mots à peu près comme des créatures humaines, de manière que l'on pourrait s'y tromper?
PAULINE. — Oui , maman.
m"" de VERTEUIL. — Supposons maintenant que nous soyons devant la salle à manger de ta tante , et que nous y entendions parler à travers la porte qui est fermée : comment penses-tu que nous devions faire pour juger , sans entrer dans cette pièce , si ce sont les deux perroquets qui parlent, ou si ce sont les deux servantes?
PAULINE. — Ne pourrions-nous pas les connaître à la voix?
m""^ de VERTEUIL. — Ce moycu ne serait pas infaillible, puisque nous sommes convenues tout a l'heure que les perroquets savent si bien imiter la voix humaine , que l'on peut s'y méprendre.
PAULINE. — Il est vrai.
M™" de VERTEUIL. — Il HOUS faUt clOUC
chercher un autre moyen plus sûr.
PAULINE — Oh ! voyons.
M""" DE VERTEUIL. — Cherche dans ta tête. Quel est celui que tu imaginerais , en supposant toujours qu'il nous soitinterdit d'entrer dans la pièce où l'on parle':*
En vérité , mamau , je