‹ Le livre de familleChapitre 40 sur 197 · I-IÎ LIVIllî DE FAMILLE · texte numérisé non relu

I-IÎ LIVIllî DE FAMILLE

sans le vouloir, en jouant avec vous ; aulieiîieut personne ne voudrait plus jouer, et on vous laisserait bouder tout seul à I écart , comme un chat sauvage ; tu sens bien que le chat n'entend pas mieux mon discours que la poupée ?

PAULINE. — Oh ! non, certes.

M™" DE VERTEUIL. — Mâis poUF qUClIc

raison penses-tu que je dise cela au chat?

PAULINE. — Je crois le deviner , maman ; c'est pour m'apprendre, par ricochet, que je ne dois ni pincer, ni égratigner , ni battre , lorsque par hasard , en jouant , on m'a un peu blessée , parce que je ne trouverais plus personne pour jouer avec moi.

m"*^ DE A ERTEuiL. — Tu l'as fort bico deviné. Ainsi quand je dis ensuite: Minet devrait avoir bien du regret de s'être si mal comporté; il devrait demander pardon , et promettre de n'être plus si méchant à l'avenir ; ce n'est pas que j'aie l'espérance de voir le chat protiler de cet avis : c'est pour l'apprendre indirectement à toi-même ce que tu devrais faire eu pareille circonstance.

PAULINE. — Oh ! je sens bien la leçon, maman .

m"^ DE VERTEUIL. — Lorsqu'on veut instruire en jouant , les enfans et môme les hommes, sur ce qu'ils doivent faire ou éviter , on leur dit que dans telle occasion tels ou tels animaux ont agi de telle ou telle manière. On ne leur dit pas cela pour leur faire accroire que cela soit effectivement arrivé, parce que le plus souvent ce sont des choses que tout le monde sait bien que les bêles ne peuvent pas faire, mais seulement pour leur montrer ce qui est bien ou mal , et quelles sont ordinairement les suites de telle ou telle action.

PAULINE. — Cela n'est pas mal ima- !^iné, au moins.

M""" DE vLRTEuii, — Afui deNen<lrc

l'instruction plus claire et la leçon plus frappante , on a soin d'arranger son récit de façon qu'il arrive justement aux animaux ce qui arriverait aux enfans ou aux hommes, s'ils agissaient delà même manière que l'on a fait agir les animaux. Ce récit ou cette narration , on l'appelle une fable. Veux-tu que je t'en donne un exemple ?

PAULINE. — Vous me ferez grand plaisir , maman.

jume pg VERTEUIL. — Pour te mettre eu état de bien comprendre la fable que je vais te raconter, il faut d'abord te dire qu'il y a des pays où l'on rencontre dans les forêts des bêtes sauvages, telles que des loups , des tigres , des ours , des léopards et des lions.

PAULINE. — Oh oui ! maman ; j'en ai déjà vu dans mes estampes.

M"" DE VERTEUIL. — Ccs aulmaux sont formés en grand, justement comme tu les as vus représentés en petit. Ils mangent tous les autres animaux qu'ils peuvent attraper ; c'est pour cela qu'on les appelle bêles féroces ou animaux carnassiers. Ils attaquent même les plus grands animaux , comme les chevaux et les bœufs, quoiqu'ils soient de beaucoup plus petits.

PAULINE. — Comment viennent-ils donc à bout de les terrasser ?

M™*^ DE VERTEUIL. — C'cst quc , malgré Icur petitcsse , ils sont d'une force prodigieuse , qu'ils ont d'ailleurs plus d'agilité, et qu'ils sont sans cesse animés d'une fureur qui les porte à braver toute espèce de péril.

PAULINE. — Je ne voudrais pas en rencontrer sur mou chemin.

j^me jpj, VERTEUIL. — Je Ic crois; mais revenons. Pour faire voir aux hommes quel avantage ceux qui sont les plus faibles peuvent trouver à s'unir étroitement conire ceux qui sont les plus forts, et combien il leur importe pour cet effet de

vivre toujours entre eux en bonne intelligence, voici la fable que Ion a imaginée.

PAULINE. — Oh! voyons, maman.

yi""" DE VERTEUIL. — EcOUtC.

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