‹ Le livre de guerre ou instruction elementaire sur les differentes parties de l'art de la guerre... par. A. M. PerrotChapitre 4 sur 26 · II · texte numérisé non relu

II

-t Dans un bassin naturel, les points dir terrain les plus élevés se trouvent sur la ligne de partage A. B. C. D. E, etc., pl. I. Cette ligne n’est soumise à aucune loi; aucune condition ne détermine la nature de ses inflexions.

Une ligne de plus grande pente, prise de la ligne de partage jusqu’au thalweg, se compose ordinairement de deux parties, l’une convexe , l’autre concave , relativement à l’horizon A-B,C \ 9 pl.W.

La partie la plus élevée A. B se nomme crête. La réunion de la crête d’un bassin avec celle d’un bassin contigu forme un plateau. Fig. 2 , pl. II.

La partie au-dessous de la crête B-C peut être désignée par le nom de berge.

Celle qui est comprise entre la ligne C et le thalweg étant réunie à la division correspondante du bassin E , prend le nom de vallée. Nous donnerons plus bas une définition plus absolue de ces différentes parties.

Si, entre deux fleuves, le terrain a une grande élévation, et que la ligne de partage soit séparée de la crête par une par* tie moins élevée qu’elle et peu accidentée (fig. 3, pl. Il) , cette ligne de partage passera par les sommets d’une chaîne de montagnes. L’espace que nous désignons militairement sous le nom de crête est ici la base de chaînes de montagnes.

Quand la ligne de partage passe par tous les sommets d’une chaîne, on la désigné aussi en géographie par le nom de crête ou faite; mais souvent la ligne de partage ne passe pas par les points culminans.

Les élévations de terrain présentent une foule d’accidcns et d’anfractuosités que nous allons déterminer et ctudier séparément les unes des autres.

Chaînes de montagnes . Les montagne»

placées à la suite les unes des autres forment des chaînes qui ont souvent une longueur considérable.

Les parties les plus élevées sont nommées cimes ou sommités ; les excavations qui les séparent sont dites cols ou ports.

Quand les cîmesont une forme conique, on les appelle pics, aiguilles ; lorsqu’elles sont prismatiques et très-saillantes, on les nomme dents . Si elles présentent une surface arrondie, on leur donne le nom de ballons.

Si le sommet est aplati et d’une assez grande étendue , on l’appelle plateau .

Les flancs ou versans des montagnes présentent d’autres accidens, tantôt convexes, tantôt concaves. Les premiers correspondent aux sommités, les autres aux cols.

Les parties convexes des versans portent généralement le nom de croupes, et les parties concaves celui de gorge .

Ces parties se prolongent souvent à de»

ao

distances considérables, forment des chaînes secondaires nommées rameaux , chaînons ou ramifications ; elles se lient quelquefois à d’autres grandes chaînes ou systèmes.

Les chaînons secondaires se nomment contreforts ; on les désigne aussi sous la dénomination de rameaux de premier, second, troisième ordre.

Collines , chaînes dont l’élévation ne dépasse pas 3oo mètres : leurs flancs se nomment côtes ou coteaux.

Vallées. Elles sont les enfoncemens qui existent entre les montagnes ou entre les collines, et forment les bassins secondaires.

Dans les hautes montagnes, les vallées sont étroites, rapides et courtes; entre les collines elles sont plus larges.

Vallons , vallées courtes et étroites bordées de petites collines..

Montagnes isolées. Assez rarement des masses de terre d’une élévation plus ou moins considérable se trouvent sur une

surface unie ; on leur donne le nom de montagnes isolées.

Ces montagnes affectent une infinité de formes différentes, et presque toutes irrégulières.

Dans une montagne on remarque son sommet , ses flancs ou côtés et sa base.

Les élévations isolées qui ont moins de de 3oo mètres prennent le nom de mamelons.

Butte , tertre , motte , petites élévations qu’on désigne aussi par la dénomination d* éminence , de hauteur.

Souvent une grande surface de terrain est ondulée par une suite de collines peu élevées, mais très-élendues dans un sens.

On appelle ces accidens du sol ondulations , rideaux , etc. Ils sont importans et jouent un grand rôle dans le choix et la disposition d’un champ dé bataille.

On a donné le nom de passe ou de défilé à l’espèce de détroit par lequel on entre dans une vallée.

Plaines. Étendue de pays qui ne ren-

sa

ferme pas d’élévations ou de hauteurs remarquables. Les plaines sont rarement d’une horizontalité parfaite; elles sont presque toujours inclinées vers un point de l’horizon. Cette inclinaison qui facilite l’écoulement des eaux, est aussi importante à observer pour l’établissement des positions militaires.

ii y a dans la géographie physique beaucoup d’autres accidens naturels, mais comme ils n’ont pas une grande influence pour les dispositions des armées, nous ne croyons pas utile de les décrire ici.

Les détails que nous venons de donner suffisent pour compléter la configuration d’un pays, et, à plus forte raison, d’une médiocre étendue de terrain destinée à devenir le théâtre de quelques faits d’armes.

C’est en étudiant sur de bonnes cartes l’ensemble de la disposition des bassins et de tous les grands accidens, et sur le terrain lui-même les accidens secondaires et de détails, que l’on parviendra à connaître les avantages et les inconvéniens de cer-

laines positions, et à appliquer avec succès, à l’art de la guerre, la partie des sciences naturelles que nous venons d’esquisser.

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