‹ Le livre de guerre ou instruction elementaire sur les differentes parties de l'art de la guerre... par. A. M. PerrotChapitre 5 sur 26 · FORTIFICATION PERMANENTE · texte numérisé non relu

FORTIFICATION PERMANENTE

Notions générales sur les ouvrages de défense, pour en faire connaître les dispositions et les dénominations.

La. fortification est l’art d’élever des ouvrages propres à défendre des positions et à opposer des obstacles à l’ennemi, de construire des places fortes ou villes de guerre .

Ces constructions sont spécialement affectées au corps de génie ; nous n’avons à nous en occuper ici que pour en donner une idée superficielle, et mettre tout militaire à même de reconnaître les différentes parties qui les composent, avec

leurs noms et leur usage; la pi. 3 et son explication suffiront pour atteindre ce but.

Deux parties différentes sont t\ considérer : Le tracé de la fortification , ou le développement des ouvrages sur le terrain ; le relief, ou sens vertical de la fortification.

Ces deux parties qui doivent se coordonner subissent de grandes modifications y suivant la nature des localités sur lesquelles elles reposent.

Les parties qui composent la fortification sont :

Le front ou l’un des côtés de la place, A. B, pl. 3 , il est composé de 2 faces de demi-bastions, A-E et F-B.

De 2 flancs, E, Ç et F, D.

Une courtine, C. D.

Un fossé, dans lequel on pénètre par des poternes 10, ouvertes dans l’épaisseur des ouvrages.

La tenaille a-a, est isolée et couvre la courtine. * '

? La demi-lune S-H-S*, est en avant et

contient un réduit ; on communique du réduit à la tenaille par un passage couvert par des glacis, et qui se nomme capo nière , 1 1 .

On appelle N pas-de-so uris , les escaliers 12.12. qui communiquent du fossé du réduit é la demi-lune.

Le tout est enveloppé par un chemin couvert.

Le chemin couvert a des places d* armes saillantes i3.i3. et des places (Carmes rentrantes 14.1 4*

Le glacis , est un large parapet qui va se perdre en plongée au dehors.

Les longues branches du chemin couvert sont divisées par des traverses i5, i5, qui permettent de défendre le terrain pied à pied.

Les places d’armes rentrantes out des réduits ou retranchemens, précédés de petits fossés.

Cet ensemble des différens ouvrages se répète sur tous les côtés de la place, et est plus ou moins modifié, suivant la na-

aô

ture du terrain à fortifier, et celle des terrains environnons.

Le relief ou profil d’un front offre :

Le rempart sur lequel s’établissent l’artillerie et les troupes, pl. 4; il est composé ainsi :

Le terrain naturel ou terrc-plain A, plus ou moins élevé, et ayant le plus souvent un talus intérieur. Les hommes s’yplur cent pour charger leurs armes ;

Le talus de la banquette , B.

Le dessus de la banquette C , sur lequel montent les défenseurs pour tirer.

Le talus intérieur du parapet D.

La crête intérieure du parapet, ou ligne magistrale E.

La plongée ou talus de plongée F.

Le talus extérieur ou naturel G.

La bermc H.

L ‘escarpe ou revêtement I.

Le fond du fossé J.

La contrescarpe K.

Le chemin couvert L.

/'brk/ictiàori . /’l . 4

Parapet du chemin couvert M.

Le glacis N.

Tracé d’un Front suivant la méthode de Carmontaingne.

Le côté de la place à fortifier A-B, pl. 3, étant d’environ 35o mètres, on trace d’abord la magistrale A. E. C. D. F. B. ainsi qu’il suit :

Magistrale. Sur le milieu du côté A. -B, on élève une perpendiculaire O. K., que l’on fait égale à la huitième partie du côté A. B., si le polygone est un carré, ou si les angles sont d’environ 90 degrés.

A la septième partie, si c’est un pentagone, ou si les angles sont d’environ 108% û la sixième, si c’est un hexagone, ou tout autre polygone dont les angles soienl audessus de 120°.

Par le point K , ainsi déterminé, et par les extrémités A et B du côté du polygone donné , on mène les droites indéfinies A-G. B-H; on prend sur ces lignes, des points A-Ë. B-F., égales au tiers du côté

A-B.,des points A et B, comme centres, et d’un rayon égal à A-F. ou B-E. on décrit les arcs D-F. et E C., qui couperont les droites indéfinies A-G. B, H. : traçant ensuite la ligne A. E. C. D. F. B. on aura la magistrale.

Contrescarpes. Des Saillans A et B des bastions, comme centres, et d’un rayon égal à la largeur que doit avoir le fossé (que nous supposons ici de 32 mètres), on décrit des arcs U, U ; puis par les angles d’épaule r, r\ de la crête intérieure du parapet (points d’où partent les derniers coups des flancs, pour la défense du fossé), on mène les tengentes r. u.,-r'. u':

elles marquent les contrescarpes des bastions.

Demi-lune. On prend sur la perpendiculaire Z-R, Z-H, ii 7 m .,et l’on mènera H. S., qu’on dirigera à 3o m . des angles intérieurs r. r'., en menant du point H.

des tangentes à des arcs de cercles décrits des points r. r'., comme centres, et d’un rayon égal à 5o m ., S. H\ S' sera la demilune.

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Contrescarpes du réduit. A 18“. des faces H'-S, II’-S r on mènera la contrescarpe g b-i, formée par des parallèles * à S, H- S' H'; on l’arrondira en b; on lui mènera des parallèles m. P., qui seront les faces du réduit, et qui seront nécessairement dirigées aux angles d’épaules intérieurs r. r'. : par là, ce fossé est entièrement vu des faces des bastions.

Gorge du réduit. On déterminera ensuite la gorge du réduit par le moyen de deux lignes de feu A-g-5, B-i-5. sur lesquelles on prendra les parties ,.P-q., de i4 m ., et sur les fossés m. P. du réduit, d’autres parties P. o., de 20 m .j( afin de fixer la direction des flancs q-o, qui auront par cette disposition 16 à i8 m f

Contrescarpe de la demi-lune. Pour tracer la contrescarpe de la demi-lune, on décrira du saillant H. un arc u-u. d’un rayon égal à la largeur que doit avoir le fossé, on mènera ensuite des tangentes

u. W. parallèles aux fossés H'. S., H. S‘.

qui couperont les contrescarpes des bastions en W.

Crête du glacis. A io m . des contrescarpes, on mènera une parallèle S'QR Q P f qui représentera ia crête du glacis du chemin couvert.

Places d’armes rentrantes. Lorsqu’on pourra faire les places d’armes aussi grandes qu’on Je désire, on prendra sur la ligne que nous venons de construire des parties Q b r de 36 à 4° m *? et P ar I e8 points b' on mènera les lignes b. v.

formant avec lès branches S', Q, R, Q et Q P. du chemin couvert, des angles S" b' Y. R. b' V, etc, d’environ ioo° : les points V où elles se couperont seront le sommet des places d’armes.

Quand on ne peut faire ces places d’armes aussi grandes qu’on le désirerait , parce qu’au lieu d’être rentrantes, elles deviendraient saillantes ou presque telles, la règle générale à suivre est celle-ci :

On fera en sorte que* le prolongement

b' i 5 de la face v b' tombe à 10 ou ri mv de l’angle saillant intérieur, 14 du bastion.

Crète du parapet du réduit. Pour construire les réduits qui doivent soutenir les grandes places d’armes, on prendra des parties w 1 , w 2 , de a 5 à 26 m. ou environ; on mènera par les points 1 et 2 des lignes 1.5 et 2.5 dirigées à 4 ou 5 m . des glacis de la place d’armes.

Magistrale du réduit. On mènera ensuite les lignes 5.8 et 4*8 parallèlement à celles 2.5 et i. 5 , et à 8 m de ces lignes : elles représenteront la magistrale du réduit.

Contrescarpe du réduit. Enfin , A deux ou trois mètres de ces lignes on en mènera d’autres qui représenterontla contrescarpe du petit fossé 12 du réduit, auxquelles on donne a met. ou environ de profondeur.

Flancs des faces du réduit . On formera ensuite un petit flanc 9.6 du côté de la demi-lune; la direction en sera déterminée par une ligne de feu 10.9, menée du logement 10 de l’assiégeant, établie sur le

glacis par le saillant H"- de la demi-lune, à un point d pris à 2 ou 3 mètres plus ou moins, suivant la position de l’escalier w de l’angle de contrescarpe w, pour qu’à ce point d. la contrescarpe se trouve élevée d’au moins deux mètres au-dessus de la marche du petit escalier de communication w qui lui correspond. . ,

On ne place pas de flanc sur l’autre face du réduit.

Remarques.

Les dimensions que nous venons de donner au réduit des places d’armes rentrantes, ne sont pas constantes, il faut en général faire ces ouvrages les plus grands qu’il est possible , en observant cependant qu’il y ait 8 à 9 mètres entre les traverses qui forment la place d’armes et la contrescarpe du petit fossé 12 du réduit.

Tenaille. Menez à 10 mètres des flancs des parallèles a.-t, a. t, puis du point a, portez sur la ligne a K, a b et a c d’environ 4 o ra ; à 14 ou i 6 m des droites a b, a*c,

menez des parallèles, et la ligne a, t, c', c', t, a,b,c, a, sera le tracé de la tenaille dont a, b, c, a, est la magistrale ; il doit y avoir au moins 6 mètres entre la tenaille et la courtine ; le parapet est semblable à celui de l’enceinte.

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