‹ Le livre de guerre ou instruction elementaire sur les differentes parties de l'art de la guerre... par. A. M. PerrotChapitre 7 sur 26 · PI · texte numérisé non relu

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de trois pièces placées à un saillant d’ouvrage.

Lorsque le temps ou le manque de moyens d’exécution ne permettent point de construire des ouvrages en terre , on couvre l’extrémité des ponts par des tambours en palissades ou en palanques. Le tracé de ces tambours peut être à-peu-près le même que celui des têtes de ponts ; mais on leur donne moins d’étendue. Leur développement doit être calculé à raison de un homme par mètre courant, et leur intérieur doit être assez vaste, pour que les manœuvres desparcs d’artillerie et la communication ne soient pas gênées.

Les palissades doivent avoir 1.70 à 2“ de longueur, et au moins a 5 centimètres de diamètre.

Si l’on ne trouve point de bois ronds de cette dimension , on fera les palissades en refendant de gros arbres en deux ou en quatre, selon leur grosseur.

Pour exécuter un tambour en palissades, fi#* 28, on creuse, selon le tracé

— «ta

adopté pour le tambour, un fosséde i. 5 o de profondeur, dans lequel on place les palissades, en ayant soin de bien damer la terre qu’on y rapportera. Les palissades doivent être espacées de 6 centimètres, pour faire le coup de feu. Elles seront maintenues entre elles par un liteau chevillé, qui sert d’appui au fusil, et qui est placé à 1.40 au-dessus de la banquette.

Cette banquette, élevée de 3 o à 60 cent, au-dessus du, sol, est destinée à donner de la supériorité au feu du défenseur sur celui de l’assaillant.

En supposant les palissades rendues à pied d’œuvre, un charpentier et deux journaliers en, appointeront et poseront 1» à 14 mètres courans par jour, y compris le remblais.

Le tambour en palanque ne diffère de celui en palissades , que parce qu’on emploie des corps d’arbres de forte dimension sans les refendre , et qu’on place intérieurement, dans les intervalles, une pièce qui s’élève de 1.40 au-dessus de la

banquette, et sert d’appui au fusil, en remplacement du litau , fig. 29.

Toute tête de pont ou tambour doit avoir au moins une barrière de sortie. Les barrières ordinaires ont de 3“ à 3 m 3o° de largeur.

Les fig. 3o et 3i indiquent les barrières les plus en usage. Leur emplacement doit être choisi de manière à les soustraire le plus possible au canon de l’ennemi.

j Démolition des ponis.

Pour démolir un pont en maçonnerie, on fait au milieu des arches , fig. 32 , une tranchée en croix, dont les branches, longues de 3 mètres, sont approfondies jusqu'à l’extrados des voûtes. Dans chaque branche on met i5o livres de poudre, pour une épaisseur de voûte de 1 mètre, on recouvre la poudre de planches ou madriers chargés de terre , et on y met le feu au moyen d’un saucisson rempli de poudre, auquel on donne la longueur néces-

saire pour garantir celui qui y met le feu de tout accident.

Le saucisson est un petit cylindre de 3 centimètres de diamètre. A défaut de saucisson, on met le feu aux poudres au moyen d’un morceau d’amadou qui traverse une feuille de fort papier placée sur les poudres.

On peut encore faire sauter les ponts en maçonnerie, en faisant, suivant la direction de la clef des voûtes, fig. 53, une seule tranchée de 5o centimètres de profondeur, dans laquelle on place 3 à 4oo livres de poudre. Cette quantité de poudre a rompu des voûtes en plein ceintre, de 8 à 9 mètres de portée, et de i m 3o° d’épaisseur à la clef.

Les ponts en charpente peuvent être détruits de trois manières.

On peut les démolir, les brûler ou les faire sauter.

Lorsqu’on a le temps de les démolir, on commence par déclouer les planches et désassembler les bois, afin de pouvoir

promptement les enlever au besoin. Il faut brûler ces bois ou les cacher de manière que l’ennemi ne puisse pas les trouver pour rétablir le pont.

Le meilleur moyen de brûler les ponts est de les goudronner, de les charger et de les envelopper de fascines et de bois secs et goudronnés, comme on le voit fig. 34.

Il suffira, dans beaucoup de cas, de brûler les travées qui se trouvent du côté de l’ennemi.

Pour faire sauteries ponts en charpente, on suspend sous une travée un baril de aoo livres de poudre, auquel on met le feu par les procédés indiqués ci-dessus (i).

Rétablissement des Ponts pour le passage des troupes et de l’ artillerie*.

Dans les ponts à rétablir ou à réparer

(i) Iustruclion sur, la défense et la démolition des ponts en campagne, rédigée par ordre du ministre de !a guerre , en mai 1 8 1 5.

pour le passage de9 troupes et de l’artillerie, il faut distinguer:

i° Les ponts en pierre.

2 ° Les ponts eu charpente , sur piles en maçonnerie.

3° Les ponts en bois, sur pilotis.

Le mode de rétablir ces ponts dépend de leur genre de construction, de3 matériaux et du temps dont on peut disposer, et de l’objet qu’ils doivent remplir.

Lorsque les ponts doivent servir pour l’infanterie seulement, on peut employer des moyens de réparation plus simples et d’une exécution plus prompte que lorsqu’il s’agit de faire passer de l’artillerie et des convois.

Nous ne parlerons que de la réparation des ponts pour l’artillerie, parce que les mêmes moyens pourront être employés lorsqu’il s’agira de rétablir les ponts pour le passage de l’infanterie , et qu’il n’y aura de différence que dans les dimensions et la quantité des bois et matériaux qu’on emploiera.

On va faire connaître succinctement les moyens les plus en usage pour la mise en état des différentes espèces de ponts.

Il peut arriver, lorsqu’on a fait sauter un pont :

i° Que ce pont soit totalement renversé, et qu’il ne reste que les culées;

a 0 Que les arches soie nt entièrement culbutées, et qu’il ne reste que les piles.

3° Que le pont soit seulement rompu sur les parties voisines de la clef des arches (ce cas peut arriver, surtout lorsque les voûtes sont en plein cintre).

Dans le premier cas, il est rare qü’on ait les matériaux et le temps nécessaires pour la reconstruction de ces ponts, on y supplée alors par des moyens provisionnels qui seront décrits ci-après.

Dans le second cas, c’est-à-dire, lorsque les piles subsistent, que leur distance est trop considérable pour qu’on puisse jeter des bois de l’une à l’autre pile, on établit des chevalets intermédiaires* soit sur des bateaux, lorsque la rivière est pro4

rjr

fonde , soit sur le fond de la rivière, lorsque ce fond est solide.

Lorsque la rivière a beaucoup de profondeur, on peut, au moyen d’un grand bateau amarré solidement suivant le courant de la rivière, et retenu contré les piles, établir ce pont , comme on le voit, fig. 35, PI. i3,

La hauteur du chevalet doit être déterminée de manière que lorsque le fardeau est arrivé sur la partie du pont que supporte le chevalet et a fait baisser le bateau, le tablier soit à peu près de niveau.

Il est bon que le bateau soit assez grand pour que l’oscillation de la partie du pont qu’il supporte, n’excède pas o,4o cent.

II peut arriver, lorsque la rivière a peu.

de profondeur, que la partie renversée de Farche donne, dans le lit delà rivière, une base solide pour l’établissement d’un chevalet; dans ce cas, on peut disposer le pont comme on le voit fig. 36,

On peut aussi, dans cette même hypothèse, et lorsque les décombres du pont

Si

ne s’y opposent point, établir un chevalet sur le fond même de la rivière, quand ce fond est solide, ou sur un bateau coulé, si ce fond est vaseux.

Il n’est pas nécessaire de rétablir le pont dans toute sa largeur ; on donnera seulement au pont en charpente une largeur de 3,4.o ou 3.6o, qui suffira pour le passage d’une voiture.

Pour une longueur de 8 à 10 mètres, trois poutres de 3o centimètres d’écarrissage , et espacées de 1-45 de milieu en milieu , donneront un pont capable de supporter les plus grosses pièces d’artillerie.

Lorsque les parties restantes des arches sont lézardées dans leurs extrémités supérieures, et ne présentent pas assez de solidité pour y établir les poutres, il faut disposer des deux côtés du pont deux fermes assemblées à mi-bois, et dont les points d’appui soient à-peu-près sur les reins de la voûte. Fig . 37,

Sur ces deux fermes on doit établir deux pièces de bois transversales , sur les-

quelles porteront les poutres du pont, qu’on recouvrira, soit par des madriers, soit par plusieurs épaisseurs de planches, soit par des poutrelles jointives. Fig, 38 et 39 .

Les bois qui forment les tabliers des ponts, doivent être fixés aux poutres qui en soutiennent les extrémités , par des clous ou broches, des chevilles, des clameaux, ou par un brelage.

La fig. 43 indique un brelage fait avec des clameaux.

La fig. 44 , un brelage fait au moyen de cordages.

La fig. 45 indique un assemblage fait seulement avec des boulons.

Tous les moyens de réparation et de reconstruction qui précèdent, sont applicables aux ponts en charpente sur piles en maçonnerie.

Quant aux ponts en charpente sur pilotis, il arrive ordinairement, lorsqu’on les fait sauter, ou qu’on les incendie, que les

pilots ne sont détruits ou brûlés qu'en partie, fig. 4a*

Lorsque les pilots ne sont pas brûlés très-bas , on peut quelquefois, en établissant des rampes sur les deux rires, se borner à recéper les pilots sans les enter. Il suffit que le pont soit assez élevé pour que les crues, qui pourraient arriver pendant le temps qu’il doit servir, ne puissent pas l’atteindre.

Si l’on ne peut se dispenser de rétablir le pont à sa hauteur primitive , on recèpe les parties des pilots atteints par le feu, et l’on y pratique des entailles à mi-bois, sur lesquelles on ente des portions des pilots destinés A supporter le chasseau.

On assujettit les parties entées par des frestes en fer, des cordages ou de fortes chevilles, fig. 4o et 41 , pl. 1 3 .

On peut, au lieu de cordages, employer des bandes de fer plat ou de tôle de trois centimètres de largeur, percées de trous, qu'on dispose en spirale , et qui sont

clouées de distance en distance pour lier les pièces entre elles.

Afin de donner plus de solidité à ces divers assemblages, on peut maintenir les deux parties entées par des madriers qui les emboîteraient, fig. 39 , pl. i 3 .

On peut encore rétablir les palées comme l’indique la fig. 48 .

Enfin, pour empêcher tout écartement dansles montans, on peut les assujettir au moyen de madriers placés transversalement.

Quand les palées sont ainsi réparées, on établit un chasseau assemblé par tenons et mortaises, sur lequel on place les poutres qui doivent former le pont, fig. 48, pl. 14.

Lorsque la distance entre les travées est considérable, ou qu’on n’a pas des bois de longueur suffisante , on supplée à la longueur de ces pièces , soit au moyen de corbeaux, comme on le voit fig. 38 , soit au moyen de chevalets placés dans l’inter-

Jteco/tsfri/cfion (fss/’onfo

St. jJ.

valle despalées, d’après les procédés indiqués précédemment.

La fig. 48 donne la coupe d’un pont en charpente sur pilotis , entièrement rétabli.

Lorsque les ponts sont détruits de manière que leur reconstruction eXigeraittrop de temps, ou lorsqu’on n’a point à sa disposition les matériaux nécessaires pour les rétablir, il faut construire des ponts provisionnels, soit en bateaux, soit en radeaux.

Dans les ponts de la première espèce, l’espacement des bateaux dépend de leur grandeur et dés espèces de bois dont on peut disposer. On les retient par des ancres, ou par des cordes fixées é des pieux plantés solidement sur les deux rives.

Les ponts de radeaux pour le passage de l’artillerie, se font avec des corps d’arbres très-secs et de boi3 léger. On les place à côté les uns des autres, et on les retient entre eux au moyen de cordes ou de harts placés à leur? extrémités ; on éta-

bljt, suivant la longueur du pont de radeaux, ciuq files de longerons, sur lesquels on place des madriers qu’on fixe au moyen d’un brelage, fig. 49 et 5o, pi. i5.

Lorsqu’on a besoin de faire passer promptement de l’infanterie d’une rive à l’autre, on peut simplifier beaucoup la construction des radeaux.

Qn établit, sur la rive dont on est maître , deux files de poutres, de 3o à 35 e de diamètre, espacées de i* entre elles, et sur lesquelles on cloue des planches , comme on le voit fig. 5i.

Lorsque le pont a la longueur nécessaire , on l’abandonne au courant , en rétenant l’extrémité inférieure contre la rive. Lorsque l’extrémité supérieure , poussée par le courant, a atteint la rire opposée, on l’y amarre, et l’on retient le pont, soit par des cordes fixées à des pieux sur la rive , soit au moyen de piquets battus fortement à la masse contre le pont.

Ce dernier moyen suffit pour retenir

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les ponts de radeaux, lorsque les rivières ne sont pas rapides.

Des chevaux conduits à la main peuvent passer sur le dernier pont du radeau qu’on vient de décrire.

Lorsqu’on n’a pas de bois assez léger pour que le radeau puisse porter l’artillerie, on peut, au moyen de tonneaux, d’outres ou de caisses bien calfatées et goudronnées, rendre les radeaux susceptibles de porter les plus grandes charges.

Pour pouvoir proportionner la force des ponts aux fardeaux qu’ils doivent supporter, on croit devoir donner quelques résultats fournis par l’expérience, sur la pesanteur de quelques pièces et voitures d’artillerie, et sur le poids et la résistance des bois qu’on emploie le plus ordinairement dans la construction des ponts.

Pièces et voitures (T artillerie.

Une pièce de 24 sur son affûtpèse 4 »o 5 G kil.

de 16 3,287

de 12 . . 2,616

Un caisson d’outils. 2,375

Résistance des bois.

Bois de chêne de 16 centimètres d’équarrissage.

Longueur des bois.

De 3 m. 3 o c.

5 oo

Poids qu’ils peuvent supporter.

5,625 kilog.

Bois de chêne de 22 centim. d’équarrissage.

La résistance du bois de sapin est à celle du chêne, comme 5 est à 6.

Le pied cube de sapin, lorsqu’il est vert, pèse kilog., et sec 16 kilog. (i).

(1) Instruction sur la manière de rétablir les ponts pour le passage des troupes et de l’artillerie , rédigée au ministère de la guerre en mai 1 81 5 .

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