JOB, VI
Ne suis-je pas privé de tout secours, Et tout espoir de salut ne m'est-il pas ôté?
Refuser la piété à un ami (1), N'est-ce pas abandonner la crainte du Tout-Puissant ?
Mes frères sont trompeurs comme le torrent, Gomme le cours des eaux qui passent :
Elles roulent noircies par les glaçons, La neige vient s'y engloutir.
Au temps de la sécheresse, elles tarissent, Dés qu'il fait chaud, elles quittent la place ; Elles se perdent de divers côtés, Elles s'évanouissent et disparaissent.
Les caravanes de Théma comptaient les trouver. Elles voyageurs de Saba y mettaient leur espoir : Ils sont déçus dans leur attente ; Arrivés sur place, ils sont confondus.
Ainsi rn*aveZ'VOus manqué :
Vous voyez le péril j et vous avez peur (2).
Vous ai-je dit : « Donnez-moi quelque-chose, Faites à vos frais des cadeaux pour moi ; Sauvez-moi des mains de l'ennemi.
Et tirez-moi des mains des oppresseurs ? »
Instruisez-moi, et je me tairai ; Montrez-moi en quoi j'ai péché.
Qu'aurait de pénible un discours équitable, Et que pouvez-vous avoir à blâmer?
Pensez-vous censurer des mots ?
Les paroles du désespéré sont pour le vent.
(1) Texte peu sûr.
(2) Distique suspect.
100 JOB, VI, 27-VH, 8
Mais vous joueriez l'orphelin aux dés, olre ami !
13 d'injustice !
innocent.
F ma langue, as discerner le mal 7 terre n est-elle pas une milice,
>upire après l'ombre,
nd le prix de son travail :
mois de souffrance.
le sont échues en partage.
id viendra le jour ! i i la nuit (1). >>
isses jusquesau soir.
et de crasse,
vite que la navette (du tisserand], laisser d'espérance.
ma vie est un souffle plus le bonheur!
c me trouvera pas :
je ne serai plus.
JOB, VU, 9-20 iOl
Le nuage se dissipe el s'en va :
Ainsi, celui qui descend aux enfers n'en remontera pas. (1 ne reviendra plus à sa maison, Et sa demeure ne le connaîtra plus.
Pour moi, je ne retiendrai pas ma langue (1) ; Je parlerai dans la tristesse de mon Ame (2) : Suis-je la mer, ou bien un monstre des eaux, Pour que tu poses conlre moi une barrière ?
Si je me dis : » Mon lit me soulagera Ma couche assoupira mes plaintes a, Tu m'épouvantes par des songes, Tu me troubles par des visions.
C'est pourquoi mon ànie préfère le trépas, La mort, à mes tourments (3).
Je succombe ; la vie m'échappe à tout jamais ; Laisse-moi, car mes jours sont un souffle.
Qu'est-ce que l'homme pour que tu en fasses c VA pour que tu daignes t'occuper de lui ; Pour que tu l'examines chaque malin, El que lu l'éprouves à chaque instant ?
Quand donc cesseras-tu de me regarder, Et me laisseras-tu avaler ma salive 7 Si j'avais péché, que t'aurais-je pu faire,
Surveillant de l'humanité (4) ?
Pourquoi me poser en but à. tes attaqaes, Rt m'avoir pris en aversion (5) ?
(l)LJtléralemeDi :'< ma bouche. >
(2) L'hébreu conlientici une double leçon.
(3) Lire imaïïn
(4) Ces deux lignes, qui ne forment pas en régulier, semblent être une interpolation.
(a) Mflt à mot -■ • Et te {•]'Sy, leçon du grec) a
ns la poussière ;
liscours,
slles comme un vent
ne ombre).
âge;
imps.
ne donne aucun s
JOB, VIII, 13-ix, 4 Ainsi finissent tous ceux qui oublient Dieu ; L'espérance de l'impie s'évanouit.
Son assurance est un fil aérien (1), Et sa confiance une toile d'araignée.
II s'appuie sur sa maison, et elle ne tient pas ; Il s'y attache, et elle ne reste pas debout.
Il est verdoyant sous le soleil, Et ses rejetons couvrent son jardin.
Ses racines s'entrelacent sur la pierre Et pénètrent jusqu'au rocher.
Mais si (Dieu) l'arrache de sa place.
Celle-ci le renie : « Je no t'ai jamais vu. >
Voilà ce que devient son bonheur, Et un autre sort de terre à sa place.
Dieu ne rejette pas l'innocent.
Et il ne prend pas la main des malfaiteurs.
Il mettra encore le rire dans la bouche Et les cpis de joie sur tes lèvres.
Tes ennemis seront couverts de honle.
Et la tente des méchants ne sera plus.
Alors Job prit la parole et dit :
Certes, je sais bien qu'il en est ainsi :
Et comment l'homme aurait-il raison contre Dieu' Si l'on voulait plaider contre lui, On ne lui répondrait pas une fois sur mille.
Il est sage de cœur et vaillant en force :
Qui lui a résisté impunément ?
(1) Traduction conjecturale.