‹ Le livre de JobChapitre 4 sur 30 · TT · texte numérisé non relu

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plus facilement qu'il ait été exposé aux incursions des Chaldéens. Les amis de Job ont dû, pour le visiter, franchir de grandes distances ; car Éliphaz vient de Théman, en Idumée, Bildad vient de Suah, pays qui, d'après les inscriptions cunéiformes, se trouvait sur la rive droite de TEuphrate, entre l'embouchure du Balich et celle du Ghabur. Il était assurément plus facile à ces deux amis de Job de se réunir auprès de lui, que de s'entendre entre eux avant de venir le visiter, puisque la terre de Hus se trouve à peu près à mi-chemin entre l'Idumée et Suah. Le surnuméraire Élihu était du pays de Buz, dans le désert de Syrie. Asarhaddon, qui y envoya une armée, dit que c'était « un pays très aride, tout plein de serpents et de scorpions (1). » Cette contrée était fort éloignée de TEuphrate, sans doute à l'est de Damas, dans la direction du Hauran. L'auteur du discours d'Élihu a donc eu soin de prendre son personnage dans le voisinage de Hus, L'auteurprimitif, au contraire, ne paraît pas s'être soucié des distances ; il a pris ses interlocuteurs chez les fils de TOrient, plaçant le héros du poème dans un point central, empruntant Eliphaz à l'extrême sudouest, Bildad au nord-est. On peut conjecturer que Sophar, dont la patrie, Naama, n'est pas identifiée, venait d'un pays situé assez loin de Hus, dans la direction du sud-est (2). L'idée qui s'offre d'elle-même, lorsqu'on voit des gens assemblés de points si éloignés et si divers pour discuter un problème de philosophie morale, n'est-

portantes pour la géographie de Job. Ces données ont été recueillies par Eried. Delitzsch, Zeits, f, Keilschriftforschung, 1885, p. 87 et suiv.

(i) Ap* Delitzsch, loc, cit,

{%) Dans les Sep tante » Sophar est dit roi des Minéens, ou le Minéen, ô Mivotoç. Le traducteur avait-il quelque raison d'identifier Naama avec la peuplade arabe des MtvaTot, dont parle Strabon (XVI, 4, 2) ?

elle pas qu'on les a choisis pour représi de l'Orient, la sagesse humaine, dont pose de montrer l'impuissance, après à Job que le lieu propre de la sagesse es La chronologie de notre histoire n'est que sa géographie. L'auteur ne s'est pac quer la place de Job dans les cadres gén race de Sem ou d'établir un rapport syn la vie de son héros et un temps don patriarcale et Israélite. Il ne parait pf même des listes de la Genèse où sont in< et la parenté des peuples et des tribus, dans son esprit une idée nette de la disi Job des grands ancêtres, Aram, Nachor, .

peut-être aussi avait-il compris d'inatin de chronologie pour ces époques reculé soit, le récit, qui demande k être pla< patriarches, ne rentre pas aisément dai tionnel de l'histoire patriarcale. L'int rédigé la finale du livre dans la traduct:

fait vivre Job cinq générations après Âbi tifiant à Jobab, troisième roi d'Idumée trois premiers rois iduméens pour tr puis Ësaû et Isaac, sans être arrêté par tion, qu'un lîls d'Ésau n'a guère pu èl iduméen dont Ésail est l'ancêtre. L'id posée est d'ailleurs exclue par la forme par la qualité de roi attribuée à Jobab, la terre de Hus, patrie de Job, n'est pa: commentateurs trouvent avec raison, i naire longévité de Job, un indice qui in uncontemporain des derniers patriarcht sept enfants établis quand survint son i a vécu cent quarante ans après sa gué.

ses années atteint au moins deux cents ans. Les Septante le font vivre deux cent quarante ans. Job l'emporte donc sur Abraham, Isaac et Jacob, et il peut rivaliser avec Tharé, Saru^ et un certain nombre de patriarches postiham. Ce qui empêche de le nne, c'est que Hus, supposé tment Hus, fils de Nachor ; ils d'Abraham et de Cétura ; a, petit-tils d'Ësaii. Si l'on tances, il faut que Job ait après Abraham. On admet 'écu un peu avant Moïse, d'existence sont un chiffre e remontent les renseignec'est-à-dire beaucoup plus lée de l'exode, la durée î est à peu près la même ! de tout cela, sinon que le lors de l'histoire réelle, que \ïs du monde aux difficultés par conséquent, nous perîher la solution ?

Lion, où, tout le monde en tient une large place, mais lurs, renfermerait aussi des que les faits sont racontés lent passés : n'en est-il pas dans les contes moraux et que les indications géogralesnoms des personnages, a. présence d'une fiction ; nte sont conçues à l'imita- ,vait une raison de prendre [s de l'Orient, et les noms

qu'il leur a donnés sont en rapport leur est assignée. On objecte que ces n tiennent pas à des personnages rée symboliques : mais cela n'est pas n chacun des personnages ne représent soin qu'a eu l'auteur de choisir des rapport avec la patrie des interlocuteu tionélémeatairede couleur locale, toi à celle qu'il a prise de ne pas mettre le nom de lahvé. Enfin le nom du hé bien être symbolique et signifier « le La distinction que l'on établit d'un entre les parties fictives et les parti récit n'est aucunement justifiée dans li malheurs qui arrivent à Job le mèn sont annoncés dans l'espace de quelqi sent-ils, à la réflexion, plus de réaliU tiou de lahvé avec Satan, conversatio conséquence directe? Ne sont-ils pas ai ingénieuse, saisissante, d'un bel effet qui sort de la vraisemblance et qui ] silence d'une semaine après l'arrivée à t-il pas le même caractère? L'ordonni dialogue et la forme poétique des disi elles pas toute prétention à la réalité l'on voit Job en possession d'une qi troupeaux et du même nombre d'eni pas un arrangement conventionnel ? I monnaie appelée hesitâ peut bien apr sidérée comme un trait voulu de coul noms gracieux des filles de Job, comm ment du récit. Si Job a existé, il est dire ce qui lui est véritablement arrivé {l)Quod siquissciredesideratqimnampoeliei

JVRE DE JOB

demander si l'auteur primitif a a mise en scène du livre, comme îlihu a plus tard créé de toutes u'il a joint à ceux de l'ancien l'écrivain plus récent constitue à cette hypothèse. De savants l'auteur de Job avait mis à proe conservée par la tradition des î, disent-ils le génie des Hébreux les fictions pures du drame et du très vrai ; mais il ne s'agit ici ni )m&D ; il s'agit plutAt d'uD récit : h une discussion de philosophie jt pas nier que les Israélites aient lie, de l'apologue, de la leçon par laire. Qu'on se rappelle la charqui demandent un roi, au livre oie du prophète Nathan sur l'af- :e feinte que la femme de Thécoa ■ l'engager à faire cesser l'exil livre de Samuel (2). Ce genre de è de celui que supposerait le livre iteur primitif n'aurait pas puisé que tes sages plus anciens aient ler à un thème légendaire la e providentielle, ou qu'ils aient de Job comme une histoire simt certain qu'un tel récit ne reprélilion historique suffisamment

neranda, quœnam pro hûtorieis faclit uUas inveniri pericopas de quibus certum est. Cornely, Introdvetio II, 2, 65,

garantie, et que, s'il s'ei livre l'aura encore transfoi sorte qu'il lui appartient eo matérielle qu'il peut renfei tion. Le mérite du livre dans l'importance ou la i mais dans la grandeur et qu'il contient.

La doctrine générale du celle des Proverbes et de 1 elle est formulée en disco mer en sentences détachée l'enchaînement. L'auteur, qu'une seule question :

question est essentielle en en morale, il a émis en Is où se résumaient les ci d'Israël touchant le mondi ligence de ces conceptioi nature du problème agité prendre la solution.

Quelle idée ce livre n( Même en faisant la part d convention fondé sur les naturels, il est évident q du discours d'Élihu con^ masse immobile, de form l'Océan. Dieu a décrit un < de l'horizon, l'endroit où monde inférieur, « où le

bres (i). » La terre et la voûte céteste reposent sur le vide (2). Le firmament est solide et immobile comme la terre (3). C'est pourquoi on parle des tondemeots de la ' ' 11. . . colonnes des

a été soigneufleuve Océan mme un autre les réservoirs Les astres ont Is y marchent , s'il lui plE^t, tre les scellés 'e aménagé de 1 bord de l'hoit sortent, se lOur les vents, ; et il existe es nuages et énèbres, conpremier charière le firma-

le le tombeau Pour lui, les rmes (iO).

Les descriptions qu'il fait du pays d'outre-to empruntées aux croyances populaires et non h logie savante. Ses opinions à cet égard, comc qu'il professe touchant la constitution générale vers, n'ont pas la consistance d'une croyance que ou d'un système logiquement construit; di qu'elles sont assez vagues et même incohérent! fer est soup terre, parce que l'on avait coutume d les défunts et que le cadavre se résout en pi l'enfer est ténébreux, parce que la lumière ne pas sous le sol ; l'enfer est le rendez-vous univei ce que tout le monde meurt. Sur ce fond trè l'îmaginatioù populaire et la poésie se sont < L'enfer devient le royaume de la mort, <> pay: comme la nuit, séjour de l'ombre et du chaos) morts sont réunis ensemble dans un vaste souti tué dans les dernières profondeurs du sol, plus a les sources de la mer (2). On parle de son entr^ trouve au fond de l'abîme, de ses portes (3), du éternel dans lequel sont engourdis seshabitani suppose que les morts ne savent rien de ce qui sur la terre. Les poètes hébreux ne laissent p moins d'introduire quelque mouvement dans meure silencieuse. Job nous montre les ombi blantes sous le regard de Dieu, qui pénètre jusi obscurité sans l'éclairer ni la réjouir (5). Dans toute la population infernale est sur pied pour tion du roi de Babylone ; les rois, endormis sur

(1) Job. X, 22.

(2) Job. XXVI, 5.

(3) Job. XXXVllI, 16-17.

(4) Joh. m. 13 et suiv,

(5) Job. XXVI, S.

(6) h. XIV, 9 et 8uiv.

nés, s'éveillent et se lèvent pour lui souhaiter la bien-

magiciens qui agissent sur lui par leurs i voudrait que la nuit où il a été conçu

Eât été maudite par ceux qui maudisseï Qui savent faire lever le Dragon (1).

Le monstre dont il s'agit a nom LéviatI crocodile. Job en connaît un autre (à m soit lemème sous un nom difTérent)^ui s'

Dieu ne revient pas sur sa colère :

Sous lui s'iDclinenl les auxiliaires d

Dans sa puissance il fait trembler la

Et dans sa sagesse il écrase Rahab.

Son souffle éclaircit le ciel;

Sa main transperce le Serpent-vern

La légende astronomique à laquelle Jft dans ces passages devait ressembler for the qui nous a été conservé dans le récit création. Là, Marduk, champion des dieu tant l'ordre du monde, combat Tiamat, I tion de la mer chaotique. Tiamat n'est est accompagnée d'êtres fantastiques figurent un homme-scorpion, un hommelier. Il parait bien que l'armée de Tiama formée par les constellations zodiacales la mauvaise saison, et que la victoire de '.

simplement le triomphe du jour et du p nuit et l'hiver. Quoi qu'il en soit, Tiai liaires.Pourlacirconstance, elle s'appelle

(1) Job, m, 8

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