DE JOB
.t rien. Jamaisla conscience evant les nécessités de la )rt, de l'ignorance humaine que présente l'univers, de rd de Dieu et dans l'immenfSrmée plus éloquemment Tps de l'homme est une mails à retomber dans son éléjst qu'un souffle, une comsprit divin (3). Quand Dieu : corps humain et qui sou- •es vivant sur la terre, c'est Qc un néant devant Dieu, ^re incomplet et fragile est ou, pour mieux dire, d'imest saint par essence. Sa y a présomption de sa part
île simplement à craindre Juant à deviner les secrets ernier mot de l'univers et s'y tait, il aurait tort d'y ,3se ; le ciel est trop haut ; ofonde. Dieu seul connaît es actes : le vrai sage est uite selon la volonté du
e traduit pas en formules
philosophiques et elle pourrait se vét Dieu est Dieu. Elle n'argumeute pa pas son objet ; elle a comme l'intui le créé, de Dieu dans la nature. L Dieu existe. Elle n'a pas besoin de qu'il se manifeste lui-même. Ce n' ment de métaphysique abstraite qu conclusion : Dieu est. Voyant agir ] elle proclame sa grandeur, et elle ser qu'on puisse le nier, à moins d'
Dieu est infiniment parfait. Mai n'est pas une langue philosophique pour exprimer l'idée d'infini, notre ges qui remplacent poétiquement i sagesse, ou la perfection de Dieu, t ciel, plus profonde que l'enfer, plu; et plus large que la mer (1). De mèi dre que Dieu est incompréhensible, on dit que sa grandeur dépasse not qu'il n'a pas des yeux de chair (3) sont pas comme les nôtres, et que l culable (4).
Dieu connaît tout : il voit jusqu' terre et il embrasse de son regard le ciel (5). Lui seul possède la scieu des le commencement et il s'en et monde. Vainement chercherait-on 1 les parties de l'univers créé ; elle es Job, comme celui qui a écrit les pi
(!)/o6. XI. 7-9.
(2) lob. XXXVI, 26
(3) Job. X, 4.
(4) Job. XXXVI, 26.
(5) Job. XXVUI, 24.
klJ I ■ PMI
Proverbes, semble personnifier la sagesse. Les hommes, dit-il, creusent des mines pour découvrir les métaux précieux :
Mais la sagesse, d'où vient-elle ?
Où est le gîte de Tintelligenee ?
L'homme ignore le chemin qui y mène, Et on ne la trouve pas au pays des vivants.
L'abîme dit : « Elle n'est pas en moi » ;
t Elle n'est pas chez moi », dit la mer
Dieu sait le chemin de son séjour ;
Lui seul connaît l'endroit où elle se trouve
Quand il s'occupait à peser les vents, Et qu'il réglait la mesure des eaux ; Quand il fixait à la pluie une loi.
Et un chemin aux éclairs :
Alors, il Ta vue et il Ta décrite, Il Va fon-dée, et ill'a scrutée (1).
Job ne définit pas autrement Torigine de la sagesse ; il semble n'y voir qu'un simple attribut de Dieu. La personnification de la sagesse peut n'être encore pour lui qu'une métaphore poétique, et, en tout cas, elle paraît ici moins nettement accusée que dans les Proverbes (2).
Dieu est tout puissant, puisqu'il^a fait le monde et qu'il le gouverne comme il lui plaît. Il est indépendant et n'a pas besoin de ses créatures. Ceux qui désobéissent à sa volonté sont coupables ; mais ils ne lui causent aucun dommage ; ils ne font tort qu'à eux-mêmes (3). Toutefois, « s'il est puissant, dit Elihu, il n'est pas dédaigneux (4) » ; il n'est pas indifférent pour son œuvre et il
(1) Job. XXVIII, 12-14, 23-27.
(2) V. Revue des religions, 1890, p. 217 et suiv.
(3) Job. XXXV, 6-8.
(4) Job. XXXVI, 5.
veille à ce que le monde soit gouv tice.
Dieu est, en effet, la justice, la s l'appelle le Saint » (1). Cette sainte avec la pureté de son essence, est, à c attribut physique plutôt que moral ; moralité parfaite, de justice absolut Dieu est saint parce que sa nature mais il est saint aussi parce qu'il v qu'il est équitable envers ses ci'éatu justice de Dieu est profondément an( cience Israélite. De là vient que Job, le critique de la Providence, tout e affaires de ce monde marcbent en di en appelle, pour finir, à cette justice a combattue et qu'il a paru nier. L'a bien vu, il a mis en relief toutes les dent à prouver que les biens et les m tribués en ce monde selon le mérite fait pas entrer en ligne de compte le l'autre vie ; il sait que les objections n'y a pas répondu. Mais il n'avait p lion d'y répondre. De même que Job prenant rien au mal qui le frappait i appeler à la justice de Dieu, l'autei tontes les difficultés que soulève sa I dence, finit par les écarter et parcon.
tëre; mais Dieu est juste.
Il n'y a, il ne peut y avoir qu'un E le ciel et la terre. C'est le renier que mage d'adoration à des divinités pari le soleil ou la lune (2); car ces ast
(i) Job, VI, 12.
(2} Job. XXXI, 26-28.
Dieu et ils ne sont pas des dieux. L'auteur ne réfute pas autrement le polythéisme ; il ne s'en occupe pas ; il ne voit pas la nécessité de le combattre, bien qu'il n'ait pas pu Tignorer et que les Israélites de son temps n'aient pas tous été de fervents monothéistes. Cette indifférence méprisante à l'égard des croyances polythéistes se retrouvechezles sages qui ont écrit le livre desProverbes : elle vient de ce que renseignement des sages a un but purement didactique et non polémique (1) ; mais elle serait inexplicable si la doctrine monothéiste ne s'était appuyée sur une longue et solide tradition.
Le monothéisme apparaît dans le livre de Job comme une doctrine absolument sûre d'elle-même, bien développée, bien connue, nettement séparée en principe de Vhénothéisme et radicalement opposée au polythéisme. Tous les personnages qui prennent part au dialogue sont de parfaits monothéistes ; ils raisonnent comme si leurs ancêtres, de génération en génération, avaient eu la même croyance. S'il fallait en croire certains critiqueS) le monothéisme aurait été inventé par les prophètes du VHP siècle, ou bien par Élie et son école, c'est-à-dire dans le temps même où notre livre fut écrit,ou dans le siècle précédent. Mais conçoit-on que la doctrine monothéiste, à peine dégagée de la monolâtrie et du polythéisme, ait produit ce chef-d'œuvre ? L'auteur de Job, qui a écrit avant Amos, Osée, Isaïe, Michée, n'est pas plus que ces prophètes l'inventeur du monothéisme ; il est comme eux l'écho d'une tradition dont l'antiquité apparaît chez lui d'une façon plus sensible peut être que dans les écrits prophétiques, soit par la tranquille assurance de l'affirmation monothéiste, soit par l'idée très accusée de placer l'origine du monothéisme au delà de
(1)V. Revue des Religions, 1890, p. 106-107, 226*
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Moïse, d'en faire la religion des pa commune des vieux sages parmi ] tribus qui habitaient au nordde l'A suie du Sinaï jusqu'aux rives de livres historiques do l'Ancien Tes les prophètes, lahvé, bien qu'il si universel, ne laisse pas d'être mon dieu particuHer d'Israël. Cette qu semble parfois rétrécir l'idée moi quant, pour ainsi dire, au profit d' Job est le Dieu du monde, le Dieu étfe le Dieu de Moïse, le Dieu de la Loi : c'est là un fait particuUe ne s'arrête pas. Job et ses amis nom de lahvé ; ils emploient po noms de l'époque patriarcale, .
« Dieu », « le Toul-Puissant ». Éti raël, ils ne sont pas censés avoir 1 sage du nom particulier sous lequ( enfants de Jacob. lahvé cependant récit : c'est lahvé qui éprouve Jol fin, lui répond et le récompense. G accuse une idée parfaitement nette de Dieu, soit de la distinction qu'il le caractère universel de la Divir ciale de lahvé comme dieu d'Isra distinctionn'aurait qu'une valeur t l'auteur de Job aurait prêté aux la foi de leur renommée, des croya eues, est-ce au moment où, d'apr nés, on improvisait la doctrine m pu formuler avec tant de précisio l'on émettait des opinions nouvel unique et le rapport qui existe, se
dans l'histoire du monothéisme, entre cette notion et celle de lahvé, dieu d'Israël ?
Mais il n'est point prouvé que la distinction dont nous parlons n'ait aucune portée historique ; que la tradition monothéiste ne remonte pas à l'âge patriarcal; qu'il n'y ait pas eu de monothéistes en dehors d'Israël. Le cadre de notre livre peut-être fictif sans que l'idée qu'il suppose soit dépourvue de réalité. L'auteur a jugé sans doute que son récit ne choquait pas la vraisemblance ; il savait ou pensait savoir que certaines branches de la famille sémitique étaient, de temps immémorial, en possession de la foi au Dieu unique. On croira difficilement qu'une telle persuasion ait été fondée seulement sur des raisonnements abstraits et non sur certaines données traditionnelles (1). Aucun témoignage historique n'en démontre la fausseté. Attendons pour la rejeter qu'on nous apporte autre chose que des hypothèses. L'école qui prétend discerner toutes les phases de l'évolution religieuse d'Israël, paraît oublier qu'une demi-douzaine de siècles ne compte guère dans la série des temps, et que les origines du monothéisme pourraient bien échapper en grande partie aux investigations de la critique, pour cette simple raison qu'elles remonteraient à une époque sur laquelle tous les témoignages directs nous font défaut. On veut que le monothéisme soit un incident tardif dans l'histoire religieuse du monde ; mais il y a longtemps que cette histoire est commencée, et un incident comme celui-là doit avoir de profondes racines dans le passé de l'humanité.
Si pure et si grande que soit dans notre livre l'idée de
(1) « L'attention de Pauteur à observer la couleur locale ne permet pas de supposer qu'il eût prêté à ces peuples (Théman, Hus, etc.) la philosophie monothéiste, si telle n'eût pas été la doctrine des sages du pays. » Renan, Hist. du peuple d'Israël, I, 94.
LE LtVRB DE JOB Dieu, elle n'en garde pas moins un caracti et comme la marque de cette haute ant revendiquons pour elle. La vive impresi mènes naturels, qui a été l'un des prir des mythologies, se retrouve dans Job anciens documents bibliques, Seulement buer cbaque phénoipëne à une cause pa personnifier et de multiplier ainsi les être les dieux, la Bible attribue directement menés à une seule cause, qui est Dieu. I d'ordre physique et d'ordre moral, d'o d'ordre surnaturel, n'existent pas : il i ordre, l'ordre divin de l'univers. Bien q du inonde, Dieu n'en est pas séparé monde et le monde vit par lui. Il comm hommes directement, soit en leur apj une forme sensible ou derrière un nua; envoyant des songes révélateurs. Les êtn tent par la participation de son souffle, n'entend pas affirmer l'identité substan incréé et de l'esprit créé ; mais on ne marquer la différence qui les sépare ; on est quelque chose d'éminent et en mèn gile dans la nature, et, sans prétention on définit la vie : un souffle divin qui au ment un morceau de terre. Il ne faut pj à nos sages plus qu'ils n'en savent sur ce vivre tout ce qui existe. Il dirige tous 1 et produit tous les phénomènes qui dans le ciel. Il conduit les nuages, il go la pluie, la neige, la grêle. L'orage surtou de théophanie. Dieu est une force inv ardente, une forme impalpable et touj une sorte de feu caché dont la puissanc
à tout l'univers. On localise sa présence dans le ciel, et on le conçoit comme enveloppé d'un nuage sombre qui le dérobe à la vue des créatures, en préservant celles-ci de Téblouissement et de la mort. Quand Torage éclate, c'est Dieu qui s'avance pour manifester sa gloire, pour châtier les hommes ou pour fertiliser la terre. Le tonnerre est sa voix; sa main porte la foudre et lance les éclairs (1). lahvé lui-même parle à Job du sein de la tempête, et il lui dit :
As-tu un bras comme celui de Dieu,
Et tonnes-tu d'une voix comme la sienne (2) ?
Ce n'est pas là une simple figure de langage. Le tonnerre n'est pas la voix de Dieu, si l'on veut prendre le mot t( voix » dans son acception rigoureuse, mais c'est une manifestation spéciale et directe de la puissance divine, un bruit que fait lahvé lui-même dans les hauteurs du ciel.
On conçoit maintenant pourquoi Job et ses amis ne prouvent pas l'existence de Dieu en invoquant le principe de causalité. Ils n'ont pas besoin de remonter la série des causes, puisque la cause première est pour eux la cause unique et immédiate de fous les effets naturels. Ils ne connaissent pas d'autre loi de l'univers que la volonté de Dieu. Toute activité créée s'efface devant l'activité divine et paraît se confondre avec elle. Les agents secondaires ne comptent pas. Ainsi Job expose comment Dieu l'a formé dans le sein de sa mère, il raconte sa propre création (3) de la même façon que la
(1) Job, XXXVI, 29-XXXVII, 5.
(2) Job, XL, 9.
(3) Job. X, 8-12.
Genèse raconte la création du premier homme, comme si sa naissance avait résulté seulement d'une volonté particulière du Créateur, et comme s'il n'existait pas de volontés générales ou lois, en vertu desquelles l'être créé coopère avec Dieu à l'œuvre créatrice. Dans cette philosophie primitive, tout est miracle, puisque tout ce qui arrive marque une intervention spéciale et directe de la volonté et de Tactivité divine, et il n'y a pas de miracle puisque l'on conçoit ainsi Tordre commun des choses,
La croyance monothéiste n'apparaît donc pas ici comme le fruit d'une déduction logique, comme une conclusion raisonnée. A prendre les faits comme ils se présentent, et sans en chercher l'explication, les sages monothéistes semblent avoir simplement l'intuition d'une cause surnaturelle unique là où les mythologies anciennes croient en discerner plusieurs. Leur conception, si haute et si pure qu'elle soit d'ailleurs, n'a pas plus de rapports que les croyances polythéistes avec la réflexion philosophique et la science positive. Ils ne prouvent pas que Dieu est nécessairement un: ils ne voient qu'un Dieu. Les conclusions qu'ils affirment ne trahissent pas le moindre effort intellectuel. On ne voit pas du tout qu'elles procèdent de conceptions mythologiques, par voie de réduction ou de transformation, comme les légendes astronomiques dont nous avons parlé plus haut. Le dieu de Job ne ressemble pas à un dieu particulier qui a usurpé le pouvoir suprême, à un dieu national que la dévotion fanatique de ses sujets a proclamé maître unique et souverain du monde ; il n'a jamais été autre chose que ce qu'il est ; il n'a jamais été un dieu, mais toujours il a été Dieu.
Cependant, ce Dieu n'est pas isolé dans les cîeux. Il a sa cour, que l'on se représente comme celle des rois
d'Orient. Tel qu'un roi assis sur son divan et entouré de ses officiers debout, dans l'attitude du respect, lahvé préside le conseil des Saints, l'assemblée des fils de Dieu. Ces fils de Dieu sont des esprits célestes qui existaient avant que le monde fût organisé. Ils sont en relation étroite avec les astres. Les fils de Dieu et les étoiles louaient le Créateur tandis qu'il jetait les fondements de la terre (1). Ils sont les serviteurs (2), les messagers, les anges de Dieu ; mais leur nom de fils ne marque pas seulement leur dépendance à l'égard du Créateur, il indique aussi, comme le titre de Saints qui leur est attribué (3), une affinité particulière de leur nature avec la nature divine. Cependant, devant Dieu, le Saint par excellence, leur pureté semble terne, et leur sainteté imparfaite. Les fils de Dieu sont très nombreux ; leurs légions maintiennent l'ordre dans les cieux (4) ; elles servent sans doute à contenir Rahab et les monstres du chaos. Tels que nous les voyons, ils n'ont pas néanmoins Je caractère mythologique de Rahab et de ses compagnons. Elihu leur attribue le rôle d'intercesseurs (3) : la même idée existait au moins en germe dans le livre primitif (6).
Parmi ces princes de la cour céleste, se rencontre un personnage malveillant à l'égard des hommes, Satan, l'auteur des calamités qui fondent sur Job. Il a pouvoir sur les éléments et il agit même sur les volontés humaines, car c'est lui qui a fait venir les pillards sabéens et chaldéens, ravisseurs des troupeaux de Job ; il dispose
(l)/o6. XXXVIII, 4-7.
(2) /o6. IV, 17.
(3; Jo6. V. 1.
(4) /o6. XXV, 3.
(5) /o6. XXXIII, 23. (6)Jo6. V, 1.
tù..
LS LIVRE DE JOB des maladies et il pourrait aussi donner I.
pour accomplir ses funestes exploits, il lui mission régulière de lahvé. Il a'apparaî l'ennemi déclaré de Dieu ; seulement, il la création, il est jaloux du bonheur des ne croit pas à la vertu désintéressée. Un i opposition à Dieu et au salut des hommes core déclarée, qu'il garde ses entrées au| comme ses frères sincèrement obéissai trine biblique sur le démon se développi ture non comme une théorie, mais con loire où le rôle du mauvais esprit devîeii plus hostile k l'œuvre de Dieu, et abouti guerre ouverte, à l'excommunication absi dit, k sa condamnation au feu éternel. S; une grande place dans le prologue de Jo pas dans le reste du livre. La vieille thé théiste s'occupait fort peu de lui et ne s'ai vanlage à spéculer sur les ftls de Dieu. Li remplissait la pensée des anciens sages entaient pas ces éléments accessoires et fo croyances traditionnelles, et ils s'en serv pour donner couleur à leurs récits ou à h
Le monothéisme n'étant pas pour les sa tion mais une doctrine établie, le sujet pourrait dire le sujet unique sur lequel leur dialectique, est la question de la Pro est juste; mais, puisque c'est lui qui gou\ res humaines, comment le monde peutd'injustices ; comment les justes peuventmés ; comment les méchants peuvent-ils j
On sait de qu'elle façon le problème est posé dans le livre de Job. L'auteur nous présente un juste, un saint de l'ancien temps, un homnae parfait. Dieu permet à Satan d'affliger cet homme dans ses biens et ses affections d'abord, puis dans sa personne. Ce n'est pas pour le punir, puisqu'il est juste : c'est pour voir si, privé de tous les avantages qu'il tenait de la bonté divine, il restera fidèle à Dieu et soumis à sa volonté. Il s'agit d'une épreuve. La question n'est donc pas de savoir s'il y a des justes malheureux, et si les maux qui les atteignent servent à faire éclater leur vertu : ce point, dans la pensée de l'auteur, n'est pas à discuter ; il est admis en fait, dès le commencement, et ne sera pas, dans le cours du livre, l'objet d^une démonstration. Job ne soupçonne pas à quelle intention Dieu l'afflige. La discussion qui va s'engager entre lui et ses amis ne portera pas sur la question : t "Comment se fait-il qu'un juste soit soumis par Dieu à une épreuve aussi rigoureuse ? » Dans sa pensée, le problème se formule ainsi : « Comment, Dieu étant juste et moi irréprochable, puis-je être condamné à finir si misérablement? » Dans la pensée de l'auteur, il se généralise : « Comment, Dieu étant juste, peut-il arriver que les gens de bien non seulement soient exposés à l'adversité, mais qu'ils y succombent sans être récompensés de leur vertu ? » Job n'est pas dans ce cas ; mais il croit y être et il ne tarde pas à dire que de pareils faits se rencontrent souvent : que faut-il en penser? Comment peut-on concilier avec ces faits la croyance à un Dieu juste?
Pour la discussion, l'auteur fait intervenir des gens qui soutiennent une opinion reçue dès la plus haute antiquité chez les Hébreux et les peuples qui leur sont apparentés, à savoir, que tout mal est le châtiment d'une faute. Les trois amis de Job, partant de ce principe.
supposent que le malheureux a commis péché : il souffre, donc il est coupable. Au réitérées de Job ils répondent par l'affin axiome ; « Tout mal est une punition, p est juste. La cause du mal, c'est le péché bons heureux et les méchants mallieureu qu'Us parlent suppose en effet la vérité en hébreu, ce sont généralement les mi servent à désigner le péché et la punitioi mal moral et le mal physique, le mal d mal de la peine. « Ceux qui labourent Éiiphaz,et qui sèment la souffrance, lamoi Des hommes justes peuvent sentir l'attein c'est que nul n'est tout à fait pur devani on est affligé, on doit donc demander par l'on est coupable. Alors, l'adversité n'a après des maux passagers, l'homme de bi félicité sans nuage ; il est préservé de ti de la calomnie aussi bien que des bëlea maladie et de la famine aussi bien que de une postérité nombreuse ; il s'éteint doi âge très avancé ; il entre mûr dans le tor une gerbe enlevée en son temps. Tout ai du méchant. « Le mal, dit encore Éliplia; les mots, ne produit que le mal (2). » La r pie est renversée ; lui-même est extermii pas de postérité, ou bien ses enfants ne périr dans la misère. Les amis de Job ps ces choses comme si elles se passaient ré semblent convaincus de ce qu'ils disent.
A cette conception idéale et optimiste